‹ Malebranche (volume 2)Chapitre 30 sur 96 · Méd. chrét., IX · texte numérisé non relu

Méd. chrét., IX

lÀLIfBBANCUB.

is arguments négatifs, tels que it pas donné lui-même l'être à la t ni la connaître ni la mouvoir, it remuer la matière ni l'arranger Dieu ne peut la couu^tre s'il ne ieu ne peut tirer sa connaissaDce n ne peut agir en lui ni l'éclait rien que dans sa propre subsnême sa propre lumière ; c'est le

, dira-t-OD, resteraient saufs si :11c la création ne faisaient qu'un, nche : une telle « chimère », une , une telle « impiété » , qui com- (S désordres de l'univers, est inic de l'être infiniment parfait^.

i ces quelques vérités évidentes :

in fait constant, et Dieu seul est pendons de lui ; nous oe sommes ne sommes que parce qu'il veut

13. n QuelmoDitre, ArUtcI Quelle époimo- Dlea néce&Miremenlbaï, b)uphéro4, méprilé, leilleure partie de ce qu'il e«t ; or combien altrc une telle diTlnit^I Un Dieu aice«Mirelible dans le plus grand nombre de aea ptr- UO Dieu te punlisanl on se Tengeant de toiles gen» capables de se foirer un Dieu snr ESIqn'tlsneTeulenlpoÏDlTalr.ou bieneetont dans l'idée du cercle tontes les propriétés

LE. MÉTAPHYSiaEN. 89

que nous soyons. Voilà le fondement solide et suffisant de la vérité de la création.

Cette vérité ainsi posée, reste à en creuser l'idée avec tout ce qu'elle renferme aux yeux du métaphysicien, bref à en donner la théorie. De là trois propositions qui gouvernent en quelque sorte tout le système que nous étudions et que l'on peut formuler ainsi :

Dieu fait tout.

Il fait tout pour sa gloire.

Il fait tout par des voies simples.

Dieu fait tout! Ce principe parait si évident à Malebranche que sa grande préoccupation est moins de le démontrer que d'en tirer toutes les conséquences. Dieu est créateur, cela est acquis. Mais en un Dieu actuellement tout parfait et par conséquent immuable, la distinction des desseins et des actes n'est pas possible. L'acte créateur et l'acte conservateur, l'acte providentiel, tout cela ne fait qu'un; la providence n'est que la création continuée ; et encore le mot de « continuée » doit-il être entendu sainement, la continuité ou la succession existant bien dans la créature, mais répondant à une résolution simple, indivisible, éternelle de l'auteur suprême de toutes choses.

Cette création providentielle n'implique donc pas seulement une volonté, pour ainsi dire, nue. La volonté de Dieu est essentiellement efficace, rien ne se fait sans elle, rien non plus ne se peut faire que par l'efficacité de son action. « Il n'y a que le créateur des corps qui puisse en être le moteur, que celui qui donne

HALEBRANCHB.

LUX corps qui puisse les placer dans les endroits ccupent 1 n et leur faire accomplir tous les actes, ■e tous les effets par lesquels l'existence qu'il a eur donner se manifeste dans l'univers, qu'est-ce donc que cette existence? N'est-elle pas re apparence? Que sont ces fantômes d'être sans té? A quoi servent-ils? Toujours plus empressé ses affirmations que de les démontrer, ou plutdt t que dans cette liaison même est la démonstra-

plus convaincante, Halebranchc ne s'arrête pas ibjections. Les êtres de l'univers sont pour lui

les sujets d'un prince absolu : il faut qu'ils nombreux, il faut qu'ils soient divers; et néanil faut que dtins le rôle qu'ils sont appelés à out paraisse comme une émanation directe de esté sans laquelle ils ne seraient rien. Cette aison même ne nous donne qu'une explication complète ; car l'action du roi du ciel suffit à ce pourraient jamais accomplir tous les rois de la ( Dieu a établi toutes les puissances, les causes s, les hiérarchies visibles ou invisibles immé- !nt par lui-même ou par l'entremise d'autres ces, afin d'exécuter ses desseins par des lois es, dont l'efficace soit déterminée par l'action mêmes puissances. — Car Q n'agit pas comme

de la terre qui donnent des ordres et ne font <n. Dieu fait généralement tout ce que font les

.Mil., VIU, li-».Cf.X,9.

causes secondes. La matière n'a pas par elle-même la force mouvante dont dépend son efficace; et il n'y a pas de liaison nécessaire entre la volonté des esprits et les effets qu'elle produit. Dieu fait tout; mais il agit par les océatures, parce qu'il a voulu leur communiquer sa puissSmce pour exécuter son ouvrage par des lois dignes de lui*. »

Qu'on ne parle donc pas de « la nature » ! Le cartésien, conséquent avec lui-même, écarte ce qu'on appelle de ce nom, d'une façon générale, comme il écarte dans chaque groupe de phénomènes, dans chaque corps, ce qu'on est convenu d'appeler les vertus, les formes, les forces, les qualités, les énergies, les facultés. En appeler à une efficace d'essence indépendante et d'ordre fini, c'eBt une véritable idolâtrie; elle fait littéralement « horreur » à notre philosophe, car il la juge aussi insensée et aussi impie, je ne sais s'il ne va pas jusqu'à dire aussi diaboUque que celle qui, dans le paganisme, personnifiait et divinisait les prétendues forces de l'univers.

Entendons bien tout ceci. Ces causes secondes, ces « puissances » par lesquelles et Sous l'apparence desquelles Dieu agit, sont, dira-t-on, liées entre elles, et n'est-ce pas ce lien réciproque de leurs actions qui réalise l'harmonie du monde? A coup sûr. Mais si Dieu fait lui-même l'efficace de leurs actions, comment ne seraitil pas également l'auteur ou , plus exactement encore ,

i. Tr. de la Nat et de la Gr,, p. 850.

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« Facteur » de ces relations? Si c'est par Dieu qu'un être agit, c'est par lui qu'il agit sur les autres; ou plutôt Dieu agit dans cet être et hors de cet être. « Je ne tiens rien de la nature imaginaire des philosophes, tout de Dieu et de ses décrets. Dieu a lié ensemble tous ses ouvrages, non qu'il ait produit en eux des entités liantes. Il les a subordonnés les uns aux autres sans les revêtir de qualités efficaces ^ » — « L'âme n'est unie immédiatement qu'à Dieu. » — Et plus loin : « Voilà le dénouement du mystère : c'est que toutes les créatures ne sont unies qu'à Dieu d'une manière immédiate. Elles ne dépendent essentiellement et directement que de lui. Comme elles sont toutes également impuissantes, eUes ne dépendent pas mutuellement les unes des autres^. »

Donc, « Dieu imique acteur », unique acteur de ce qui est positivement et réellement efficace, dans l'existence des êtres, dans leur situation, dans leurs mouvements, dans leur action interne ou externe et dans leurs relations réciproques!

Dieu fait tout pour sa gloire; second principe non moins évident que le premier aux yeux du philosophe. S'agit-il ici d'une sorte d'égoïsme et d'indifférence qui serait contraire à l'idée chrétienne et populaire de la bonté de Dieu? Certes, nous croyons aujourd'hui que nous avons tout au moins le besoin et même le devoir de nous arrêter à cette objection un peu plus longtemps

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