‹ Malebranche (volume 2)Chapitre 3 sur 96 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

connaiâsable et de la valeur plus ou moins symbolique des théories qui expliquent certaines vérités comme elles le peuvent. Mais personne n^a plus la prétention d'emprisonner la science philosophique dans des formules arrêtées et définitives. On se contente le plus souvent — c'est déjà beaucoup — de sentir à travers ces voiles, les uns transparents, les autres, hélas! un peu épais, les réalités dont ils nous séparent. Le penseur que nous allons étudier passe pour avoir donné de l'intelligence et de l'activité humaines des explications d'une précision bien téméraires : aussi s'est-on donné souvent le plaisir facile d'en faire ressortir les insuffisances ou les excès; mais lui-même, on le verra par plus d'une citation topique, n'a jamais rétréci le fond de ses idées par la forme qu'il leur donnait. 11 a toujours réservé l'incompréhensibilité non seulement de Dieu, mais de l'âme humaine. Puisse la lecture de ses meilleures pages fortifier en nous le sentiment de cet idéal de perfection dont il a si bien parlé et qui nous atteste sa réalité en nous soutenant comme en nous maintenant. Puisse-t-elle nous replacer dans cette « situation respectueuse » où il voyait la meilleure forme de l'attention scientifique autant que la condition première et de la religion et de la morale.

En 1712, trois ans avant sa mort, Malebranche donnait de la Recherche de la Vérité une sixième édition, en 4 vo-

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