Rép, àla S^ lettre de M. Àmauld, p
LE UÉTAPHYSICIEH.
Avant toutes choses, adhérez sans réserve à ce ( mande la simplicité, la majesté de l'art divin. On néle homme » qui se fait bAtir une maison ne pas la beauté de son édifice à des usages subaltt à des plaisirs de fantaisie. Ce sont plutôt ces d qu'il sacrifiera, s'il le faut, à la rég:ularité des li l'ampleur simple et visible des proportions. Car i point là ce dont jouit la partie la plus noble même? Telle a été nécessairement la règle que 1 teur a suivie. Si, au lieu de préférer sa sagesse ouvrage, il avait préféré << son ouvrage à sa sag ce qui veut dire, s'il avait sacrifié quoi que ce soi simplicité et de la beauté de ses voies propre épargner à l'univers quelque imperfection, la rai son choix eût été hors de lui-même, et c'est qui est impossible. Du moment où il fait tou sa gloire, il fait tout par les moyens qui exprîn mieus sespropresaltiibuts. Voilà pourquoi Ualeb a proclamé ce principe le plus fécond de tous méthode créatrice s'impose en effet au créateu seulement dans l'ordre de la nature, mais dan même de la grâce, dans le temps etdans l'éterni
Aussi ne semble-t-il pas hors de propos de d maintenant quel est l'esprit de l'esthétique de branche ; car cette esthétique est toute métaph^ et elle est étroitement liée à la théorie de la cr
Le prix de l'art est-il dans la sensation? Non. est pas absolument séparé, en ce sens que l'I étant fait pour l'ordre en toutes choses, Dieu a
HALEBRANCHS.
'U souffrit quand il verrait le désordre ou quand il ne irait pas l'ordre, quand, par exemple, s'offriraient à . des mouvements incommensurables et incompréheniles'. Il a voulu, par contre, qu'il trouvât du plai-
à tout ce qui est ordonné et mesuré. 11 imprime ainsi ns l'âme tous les sentiments agréables ou désagréa- ;s « qu'elle se donnerait à elle-même si , ayant aucoup d'amour pour la vérité et pour l'ordre, elle uvait agir en elle et connaître exactement tons les luvements qui se produisent dans son corps ». Bien erprété, le plaisir sensible peut donc être un signe
beau, comme, dans l'ordre pratique, il peut être un Tie du bien, tandis que la douleur est un signe du mal. lilementil ne faut pas prendre le signe pour la réalité. *rendsbien garde, est-il dit à l'Ame chrétienne, ài ne s aimer les beautés sensibles ni à te rendre le goût p fin et trop délicat pour le discerner, H n'y a rien i affaiblisse tant l'esprit et qui corrompe tant le cœur, mme les rapports sensibles se découvrent avec plaî- , tu négligerais bientôt la rechercbe des plaisirs elligibles qui peuvent seuls éclairer ton esprit^. » lui qui fait parler ainsi la Raison suprême était musin et il ne dédaignait pas, d'après le mot qu'il prête l'un des interlocuteurs de ses dialogues, le recours 'harmonie des instruments k pour calmer le chagrin dissiper la mélancolie ». Hais la mathématique de la tsique était bien pour lui la raison profonde de ce
. V. Mid. ehrét.. IV, 18-15.
.Ibtd.
LE HETAPHYSICIEN.
plaisir superficiel et surtout l'objet de la jouissance de quiconque découvrait intelligiblement cet ordre caché. « L'ordre, la vérité se rencontrent même dans les beautés sensibles, bien qu'il soit extrêmement difficile de l'y découvrir ; car ces sortes de beautés ne sont que des proportions, c'esUà-dire des vérités ordonnées ou des rapports justes et réglés. Par exemple, une voix est belle lorsque les vibrations ou les secousses que cette voix produit dans Fair sont commensurables entre elles ; et plus ces rapports se rapprochent de l'égalité, plus les consonances en sont douces, quoiqu'elles ne continuent pas toujours d'être les plus agréables, à cause que l'oreille, sentant des rapports trop simples, s'en dégoûte par la même raison que l'esprit se lasse de contempler des vérités trop faciles à découvrir. »
Mais les rapports de grandeur ou de quantité ne sont pas — nous l'avons vu — les seuls qui constituent l'ordre. A côté d'eux ou au-dessus d'eux sont les rapports de perfection. Tout ce qui représente les choses de la vie, comme la peinture, devra respecter ces rapports et les exprimer : un tqbleau sera beau, comme la réalité sera belle, quand tout, lignes et couleurs, rendra les mouvements intérieurs de chaque âme selon l'ordre adopté et que tout, par exemple, tendra bien à mettre en relief et en lumière l'action du personnage principal.
Tel est le fond commun et de l'optimisme de Malebranche et de son esthétique. Dieu est un grand artiste. Dans son œuvre rien n'est vain, rien n'est inutile ; ce qui
MALEBRAffCBE. 7
HAi-raRANCUE.
ir par des voies simples et sans efforts pas par des voies composées. Rien ne ■te raison rien ne s*y crée en dehors de 1 plus ne s'y anéantit. Par là, le monde
des attributs de son auteur. Il montre, lent pour qui il est fait, mais qui l'a entiel. Dieu n'a pu agir que pour luitre devoir, que dis-je! c'est notre suitelli^ences raisonnables de le reconroclamer. Quel avantage aurions-nous louverain se fût rabaissé à agir pour lit à ce que notre misère fût le terme
infinies? La supposition n'est pas seutoîre , elle n'est pas seulement i^juelle serait décevante, même pour nous.
fortement que la perfection infinie ne que cette perfection, et, au lieu de
nous, c'est nous que nous relèverons u partage qu'elle réserve librement à
)rincipe est bien, comme le prétend plus fécond de tous, il nous reste à té se développer.
lit tout et tout par des voies simples, idmettre entre lui et ses créatures aue inutile.
Donc, Dieu seul agit. « Nous dépendons de lui en toutes façons. C'est lui qui nous fait sentir le plaisir et la douleur; c'est lui qui nous fait voir la vérité, c'est lui qui nous fait agir. Il est le nœud intelligible ou le lien des esprits, de même que le monde matériel est le lien des corps ; c'est de sa puissance qu'ils reçoivent toutes leurs modifications, c'est dans sa sagesse qu'ils trouvent toutes leurs idées, c'est par son amour qu'ils sont agités de tous leurs mouvements réglés. »
En d'autres termes, Dieu seul agit sur nous, et de là toute une série de conséquences, dont la principale est la Vision en Dieu.
Dieu seul agit pour nous, et de là un autre groupe où la première place appartient aux Causes occasionnelles.
Nous arrivons ainsi à ces grandes théories dans lesquelles on a l'habitude de résumer toute la doctrine de l'auteur de la Recherche de la Vérité. Cependant nous n'avons plus désormais à nous y arrêter longtemps ; car dans l'esprit de leur auteur, c'est tout ce que nous venons d'exposer qui, je ne dirai pas les prépare, mais les établit. — Il ne s'agit pas seulement, observer a-t-on, de dire que nous voyons tout en Dieu, il faut expliquer comment nous voyons tout en Dieu. — Soit ! mais nous sommes bien obligés de remarquer qu'ici précisément le sincère métaphysicien avoue son impuissance : il déclare avec la plus grande netteté que ce comment lui échappe et qu'il ne cherche même pas aie saisir. Donc, d'un côté, un fait qui en lui-même n'a plus besoin de démonstration ; de l'autre , une explication qu'il est inu-
MALEBRAKCHB.
d'espérer : il y a là, fût-ce au prix DUT plus d'an lecteur, de quoi tdmpli-
le plus, c'est de bien établir sur c«s is toute son exactitude, la pensée que ux principes nous sont donnés comme aëmes.
is la créature qui soit e^ace.
Dieu gui soit impuissant, er lieu, les corps ne peuvent exercer une action, pas même celle qui conùre connattre leur existence par leur vident que les corps ne sont pas visites, qu'ils ne peuvent agir sur notre enter à lui. Cela n'a pas besoin de dé- - « Il n'y a que Dieu qui agisse dans a que lui qui puisse les éclairer, les
m instant. Celui qui a écrit ces lignes sens ne servent de rien pour i'intellil'établissent entre les corps et nous cation? Soutieot-il d'autre part que Dieu, comme existant réellement, les ars, les mouvements, en un mot tout s-nous, objet de sensation?
1 ne saurait être question de prendre > son acception toute sensible, de préi( A la Beeh. de la V.
LE MÉTAPHYSICIGN. 101
tendre que nous voyons en Dieu des yeux du corps d'autres corps semblables à nous. Malebranche a eu besoin de prévenir * cette interprétation et, comme il l'écrit, « cette erreur grossière que Ton voit le soleil, un cheval, un homme pour chacune des idées que Dieu en a lui-même ». La vision qui est à expliquer, c'est l'intelligence. Mais si Tintelligence de Dieu est simple, celle de Fhomme ne peut pas Fêtre.
A l'occasion de certains mouvements des corps, l'âme « répand différentes sensations ^ » sur les idées qui l'affectent. De là une connaissance toute de sentiment, c'est-à-dire obscure et confuse et dont nous ne pouvons donner aucune explication. Ce que nous « voyons » véritablement par lumière et par idée claire, ce que nous voyons en Dieu, ce sont les essences des choses, les nombres et l'étendue intelligible. C'est là ce qui non seulement nous éclaire, mais donne à notre intelligence un essor indéfini.
On a vu plus haut quelle place l'idée de l'étendue intelligible tient dans la connaissance de la nature divine. Elle n'en tient pas moins (la conséquence était forcée) dans tout le système de nos connaissances. La géométrie en effet, science en laquelle se résument toutes les sciences du monde créé, — car la mécanique en relève, et la physique aussi dans ce qu'elle a de clair et de positif, — n'a pas d'autre objet que l'étendue in-