Entrei. méu, I
De tels exemples autorisent donc au moins des doutes et suffisent à « réprimer », comme dira Kant, la tendance que nous avons à consulter nos sens et à nous contenter de leurs trompeuses réponses. Revenons-en dès lors à la vérité intelligible. Les mystères mêmes de la religion, avec l'appareil terrestre et corporel qu'ils mettent en mouvement, ne valent que par l'immuable vérité dont ils sont très certainement les figures. A plus forte raison devons-nous, en raisonnant sur les corps, tenir compte des idées que nous en avons, plus que des témoignages physiques que nous nous figurons en recevoir. « On peut assurer d'une chose ce qui est renfermé dans l'idée claire qu'on en a, c'eçt-à-dire on peut assurer de ce qu'on aperçoit immédiatement que cela est tel qu'on l'aperçoit. Je dis immédiatement; car, que les objets représentés par les idées soient ou ne soient pas actuellement, on ne laisse pas d'apercevoir également ce qu'on aperçoit immédiatement. Ces objets peuvent n'être pas ; mais aussi ce ne sont pas eux qui sont aperçus ou reçus dans l'àme, ce ne sont pas eux qui sont objectivement présents à l'esprit; ce ne sont pas eux que l'on aperçoit véritablement, immédiatement, directement*. »
S'il en est ainsi, nous pouvons, dans l'ordre scientifique, travailler en toute sécurité sur nos idées sans nous préoccuper de savoir si elles répondent à des réalités terrestres. Elles répondent à des réalités divines, cela vaut mieux ; cela suffit pour nous donner la certi-