Réf. à la s» lettre d'Amauld, p
auxquelles Fauteur de la Recherche de la Vérité attache le plus de prix — doit nous faire comprendre à (juel point nous aurions tort de nous effrayer de la mort. On dit le plus souvent qu'elle est une séparation, la séparation d'avec le corps et d'avec tout ce qui le charme et le séduit en ce monde. Mais pour qu'il y eût séparation, il faudrait qu'il y eût union. Or, on l'a vu, le corps et l'àme ne sont pas réellement unis. L'&me n'est unie qu'aux idées, aux idées qui sont en Dieu. La mort ne nous sépare-t-elle donc de rien? Si! Elle nous sépare de l'idée que nous avions de notre corps, « je veux dire de la moins noble, de la moins féconde et de la moins lumineuse des idées divines », mais elle ne pourra pas se séparer d'avec elle-même. D'autre part, elle purifiera, elle accroîtra l'union trop imparfaite de nos esprits avec la substance divine. « Au lieu d'être unis à cette substance en tant que relative aux êtres les plus méprisables, nous serons unis à cette substance prise absolument et en elle-même et en tant que relative à une infinité d'excellentes créatures*. »
Il était bien conforme à toute la méthode métaphysique de notre auteur de déduire ainsi de l'idée de Dieu et de l'idée des idées, la destinée de notre àme. Demandonsnous maintenant ce qu'elle est, autant que nous pouvons le savoir, et en quoi consiste son action propre et personnelle.
Qu'est-ce que l'âme? Une substance formée sur une
1. Voyez les beaux Entretiens sur la mort et particulièrement le deuxième.
BIALEBRANCHE.
! divine. Pouvons-nous en dire beaucoup plus? Son tence est certaine : elle est même la première de
connaissances* : toutes nos pensées en sont des lonstrations incontestables. Mais s'il est facile de aattre l'existence de l'&me, il n'est point facile d'en laltre la nature. On ne peut en parler que par voie imination et d'exclusion. Ainsi, nous commençons
l'opposer à l'étendue, dont nous avons une idée z claire pour affirmer qu'elle ne peut aucunement ienir l'idée de ce que nous sentons en nous-mêmes, [aisir, la douleur et le reste ne pouvant se réduire is figures et à des mouvements. Donc, nous sommes Iroit d'affîrmer que notre Ame n'est ni étendue, ni rée, ni mobile, autrement dit, qu'elle est immatéle et, en conséquence, qu'elle n'est pas mortelle, eci convenu, il faut reconnaître que tout ce qu'on est é ensuite d'affirmer ou de nier de l'ftme est obscur. i doute , nous n'avons pas le droit de la réduire à la laissance et & l'amour : elle a une capacité dont la Sternelle pourra seule nous révéler la profondeur. i doute encore, nous devons penser que tout ce que 3 croyons voir de beau dans l'univers n'est beau m elle et par elle. Les couleurs, les odeurs, les urs sont des modifications de notre âme . C'est aussi lie et non dans les sons qu'est l'harmonie qui nous lève » ; c'est « dans sa capacité » que sont renfermés
La première chroQOla^qaemenl ; car l'Idée de Diea ett U premiers l'ordre des Téritét démontrées el tetraDt idéDoontrer les tstrw. — E plu haat, page 60.
«< ces plaisirs infinis dont les voluptueux n'ont qu'un faible sentiment* ».
Pourquoi n'en connaissons-nous pas davantage? Ici intervient la finalité morale et les raisons tirées des considérations religieuses. Tout nous invite à croire qu'unie à son Dieu, l'âme a des propriétés infinies : \ mais si nous les connaissions clairement et distinctement en cette vie, cette vie ne serait plus ce qu'elle doit être, un temps d'épreuve et de sacrifice. Nous découvririons en nous tant de vérités et tant de sources de jouissance, qu'absorbés dans la contemplation de notre être, pleins de nous-mêmes, de notre grandeur, de notre noblesse, de notre beauté, nous ne pourrions plus penser à autre chose. Nous négligerions le soin nécessaire de notre corps et le soin plus nécessaire encore de nos devoirs envers Dieu. Dieu ne nous donnera donc la connaissance claire de nous-mêmes que quand la mort nous aura d'une part délivrés de l'esclavage corporel, et que d'autre part il se sera uni à nous assez pleinement pour que la vue de ses perfections nous permette de ne pas nous enorgueillir de l'excellence de notre propre être 2.
D'ici là, et même quand nous en serons là, que faisons-nous, à proprement parler, si Dieu est la cause