Dans le sens que ce mot pouvait avoir à cette époque
3. Dans son Histoire de la philosophie cartésienne, M. F. Bouillier nous a signalé le cours complet de philosophie du P. Foumenc, paru en 1655. L'auteur s'y excusait ou plutôt s'y vantait dans sa préface d'avoir ajouté à la science traditionnelle de l'École beaucoup d'idées platoniciennes (multa ex antiquis monumentis platonicorum excerpta) destinées à relever renseignement (ex quibus non parum spiendoris ae dlgnitatis elucubralionibus nostris accessurum putavi).
HALEBItAnCHE.
656 paraissait la grande publication, aujourd'hui très estimée, du P. André Martin (Ambrosius de son pseudonyme) où toute la philosophie de .ugustin est clairement résumée, où dans le choix angement même des citations se sent un effort jux pour accorder saint Augustin avec Descartes, côté, le P. de Condren, successeur du cardinal ulle et général de 1629 & 161^1, ne s'était point : seulement par sa sainteté personnelle ' : il était s idées nouvelles. Ce fut avec son agrément et re sur son initiative que deux Pères, le P. Gîbieuf ^ ?. de la Barde, commencèrent à enseigner, à nter et àdéfendrele cartésianisme. Le second avait 3ord un adversaire; il était devenu peu à peu un chaud que Descartes éprouva le besoin de le rep de son zèle en souhaitant à son parti beaucoup otecteurs » tels que lui.
id Malebranche fut admis dans la Congrégation D, il y entra à peu près en même temps qu'un •■ fameux en son siècle et dont le nom n'est pas fait oublié, le P. Poisson. C'était un cartésien, énétré assez avant dans la doctrine pour en être indépendant. Bien qu'il se ffit proposé d'écrire
1 bien des raUon* de penser qne, à l'OraUiire obtient la udoe l'an des lieni, le P. de Candren eit peat-itre le plus désigné, ir d'an livre sur Le frane-arbitre de l'homme, attaqué Tl*edeai P. Jésailea, dont les ouvrages fnrent mis t l'index : an id, qui traitait les thomistes de calTinistei, et un P. Dncbesne, me Bittoire du Balaniime,
l'hobime et son milieu.
un commentaire général des œuvres du maître , c'était surtout un mathématicien; il traduisit en français les traités relatifs à la mécanique et à la musique. Il était sorti quelque temps de ce cercle d'études pour aller remplir à Rome une sorte de mission théologique ; et là, il s'était, dit-on*, rendu fort suspect aux Jésuites en obtenant la condamnation de soixante-cinq propositions « relâchées » extraites de divers casuistes. De retour à Paris, il avait repris- ses travaux ordinaires. Fort libre dans ses jugements, il avait examiné la doctrine de Descartes sur l'essence de la matière : il la combattait comme contraire au dogme de l'Eucharistie, mais il n'en désapprouvait pas moins la défense faite par le Roi d'enseigner la nouvelle philosophie. Trois ans plus tard, venait prendre place à côté de lui le P. Lami^ à qui un cartésianisme plus ardent devait valoir des lettres de cachet.
De 1660 à 1662, dans les deux premières années du séjour de Malebranche, l'Oratoire était encore gouverné — ou présidé — par le P. Bourgoing dont Bossuet fit, comme nous l'avons déjà rappelé, un si bel éloge, mais dont quelqu'un nous dit ^ : « C'était un homme fort estimable, mais d'un caractère singulier; il avait surtout pour la science des faits une répugnance qui tenait du mépris, et, pour désigner un ignorant, il disait : C'est
1. Voyez l'article Poisson, par le P. Tabaraud, dans la Biographie Michaud.