Qu'il ne faut pas confondre avec le bénédictin Dom Lamy
3. Vie du P. Malebranche, par L. Th. Hérissant, en tète du petit volnme apocryphe De l'Infini créé, Amsterdam, M. Michel Rey, 1769.
HALEBRANCRE.
ïrien! » On voit qu'il y en avait là pour tous les t que, dans sa prévention bien connue contre les , le futur auteur de la Recherche de la Vérité ne rait point isolé.
663 à. 1672, le généralat était aux mains du ult qui, en 16^1, avait écrit et dédié au cardinal elieuson traité àeV Usage des passions; Us eSovdémontrer copieusement, élégamment, que tous ivements de l'&me peuvent être utiles selon la m qu'on leur donne, et que la condamnation : de tontes les passions est l'une des erreurs graves :ismc.
:ouvel ai'rivant — qui ne devait être ordonné que quatre ans plus tard — dut travailler tout t dans la <( maison d'institution » — nous dirions l'hui dans le séminaire ou le noviciat — établie r^ Saint-Michel I . On a retrouvé le texte authen- ]e ses notes d'examen. Après le premier, ses I écrivirent de lui tout simplement : « Il donne nés espérances. » Après le deuxième (26 janvier [ui était déiîniti/, on le juge « propre » ... à être !t on le qualifie d'esprit « pieux, méditatif » ! Un irobablement difficile & déchiffrer, s'y ajoute. ! uu lecteur'', qui a plus interprété ou rectifié , c'est le mot « craintif ». D'après le P. Ingold, icontestablement le mot h boutif », expression emcnt inconnue et dont l'Oratorien d'ai^ourd'hui
ib se troare anjoard'hal l'hospiu des EoboU usistès. las, Thite iw RUhard Simm, Paris et Laiiuane, 1S69 .
l'homme et son milieu. 9
se borne à rapprocher la racine du mot boutade (sans parler des coups de boutoir). Il est certain en tout cas que des « boutades », notre pieux méditatif en lança plus d'une, même à cette époque, contre ceux qui voulaient l'engager dans des travaux fastidieux pour lui. Qui n'a lu de lui ce mot si répété : « J'aime mieux que les livres qui traitent de ces sciences soient dans votre bibliothèque que dans ma tète ! » Et cet autre : « Adam avait-il la science infuse? Oui assurément! et pourtant il ne savait ni histoire ni chronologie * ! »
Ces réflexions, il les faisait (enire autres) auP. Lecointe, auteur des Annales ecclésiastiques ^ qui lui apprenait l'art de déchiffrer les textes et de commenter les récits des premiers apologistes du christianisme.
Après son passage à la maison d'institution, où il avait reçu les ordres mineurs, et après un très court séjour à Notre-Dame-des-Ardilliers2 près de Saumur, il vint à la maison que l'Oratoire avait rue Saint-Honoré. Il dut s'y plaire davantage à suivre les cours, non de Thomassin, comme on Ta dit, mais des PP. Chancelier et Fauconier qui « étaient, le second surtout, de très zélés augustiniens )>. Cependant il n'est pas hors de propos de parler ici d'hommes plus considérables, dont il put
1. Sainte-Beuve (dans Pori-Royal) dit à ce sujet : « Ce qu'Adam avait 8ttl Rien que cela! C*est-à-dire refaire le monde à son idée et raconter la création de première main ! »
2. D'après le P. Ingold, c^est probablement ce petit séjour qui, par une confusion de dates, donna prétexte à la dusse histoire de son prétendu exil en province.
10 MALEBRÂNGHE.
goûter tout au moins l'esprit et la méthode ; ce fut, en premier lieu , Richard Simon.
Après une éclipse assez longue, Richard Simon est redevenu l'objet d'une faveur marquée. Bien des catholiques à l'esprit large et investigateur ont repris en eJBFet ses traditions exégétiques. Ainsi, M. l'abbé Duchesne reprend et continue la tradition de Launoy, le fameux « dénicheur de saints », dont un prêtre distingué * écrivait tout récemment : « Il ne fut en réalité que le défenseur des gloires authentiques de l'Église contre les entreprises des faussaires. »
Richard Simon et Launoy, Halebranche les connut tous les deux. Le premier fut son confrère à l'Oratoire où il était entré une première fois en 1658. Quant au second (mort en 1678), unelettre où Malebranche luimême dit que « le traité de la Nature et de la Grâce est condanmé avec les livres de M. Laimoy », nous autorise bien, ce semble, à rapprocher un instant ces trois noms.
Donc, Richard Simon, oratorîen, et Launoy, docteur en Sorbonne, étaient deux prêtres normands (l'un de Dieppe, l'autre du diocèse de Coutances). Ils eurent le sort de tous les précurseurs qui dérangent les positions prises et déconcertent les opinions reçues sans réussir à fonder tout de suite et d'un seul coup l'édifice nouveau. Ils parurent téméraires et ne pouvaient guère éviter de l'être en efifet quelquefois. Travailleurs acharnés, ils
1. M. l'abbé Margival, Revue dhisLet de litl. relig., 1897, 1899.
l'hobime £t son milieu. 11
remuèrent des multitudes de textes, de faits, d'opinions, et ils s'eflTorcèrent de les passer au crible, avec la ferme conviction qu'ils faisaient l'un et l'autre un travail utile à rÉglise. Tous les deux, se souvenant sans doute de leur race, pratiquèrent l'art de se retourner et le don de ne pas trop s'efiTrayer des contestations, litiges, remontrances ou même condamnations, dont les ressources d'une certaine théologie — non moins variées que celles de la procédure — leur permettaient toujours d'espérer un appel victorieux. « Il est peu d'ouvrages de Launoy, dit fort justement l'un de ses biographes, qui n'aient excité de vives réclamations de la part de quelques corporations séculières ou régulières ; cela devait être, ils froissaient beaucoup d'intérêts. » Comment ne pas penser ici à ces passages où Malebranche* se plaint que chacun ait « sa dévotion propre » et que toutes les communautés aient une « doctrine particulière qu'il est défendu à leurs membres d'abandonner », de telle sorte que « ce qui est vrai chez les uns est souvent faux chez les autres et qu'ils se font gloire quelquefois de soutenir la doctrine de leur ordre contre la raison et l'expérience 2 ». A coup sûr, il se fût associé à cette épigraphe tirée de TertulUen que le P. Sirmond^, jésuite, mit .en tête d'une dissertation de Launoy sur les deux saint