Absolument comme pour la haine. V. plus haut; p
MALEBRANGHE.
avons de la poursuivre. Or ici, le motif est é>ideininent le bonheur que nous promet l'union avec celui qui est notre fin. « Sans ce saint plaisir je n'ai point de force pour aimer Dieu comme je le dois ^ » — « Si nous prétendons aimer Dieu sans qu'il nous plaise , sans goûter qu'il est bon, ou du moins sans l'espérance ferme que nous le posséderons un jour avec plaisir, nous prétendons l'impossible. »
Citera-t-on des paroles de saints où l'amour, satisfait de lui-même, accepte, dit-il, les peines de l'enfer si elles doivent servir la gloire de l'objet aimé? A cette objection, Malebranche répond par une de ses plus fines analyses ^. Ce désintéressement absolu n'est pas mensonger, il n'est pas feint ; mais il est le signe que l'amour a porté le plaisir dont il est la source à un si haut degré d'intensité, c[u'il en oublie momentanément tout le reste. Quand la joie qu'on éprouve près de celui qu'on aime est incomplète, on fait mille retours sur soi-même. Quand le plaisir ne laisse rien à désirer, eh bien! précisément, on ne désire plus rien. Le vide du cœur est rempli ou on le sent comme rempli, on n'y pense plus, pour ne penser qu'à celui auquel on le doit. « Voilà en quel sens l'amour est désintéressé. » « On s'anéantit, on se perd, on se trans* forme dans l'objet aimé, on prend ses intérêts, on entre
dans ses inclinations » en s'imaginant de bonne foi
qu'on est comme sorti de toutes les siennes propres;