LUOMME ET SON MILIEU
puisque c'était un opatorien et que son illustre confrère apprit de lui, assez péniblement, Thébreu et le syriaque. Le P. de Valroger * dit de Richard Simon : « Son caractère opiniâtre et querelleur contribua encore plus que ses doctrines critiques aux agitations de sa carrière : les protestants et les jansénistes fort maltraités par lui s'unirent à Bossuet pour le combattre chacun à leur point de vue. » Cette opiniâtreté dans ses opinions n'était pas pour effrayer son élève : ils eurent entre eux des rapports suivis et affectueux. Le plus récent historien de l'exégète * nous dit comment celui-ci fut un instant tenté de quitter l'Oratoire pour entrer chez les Jésuites, et comment il y renonça. Il ajoute : « Là du moins (à l'Oratoire) il avait quelques confrères dévoués, entre autres le P. Halebranche, hébralsant médiocre, mais ami tendre et sûr, pour qui Richard Simon garda toujours une affection véritable et qu'il défendit plus tard à son tour avec la plus chaleureuse vivacité. »
Quand on compare aujourd'hui certaines parties des polémiques de Malebranche à ce qui a le mieux survécu de la méthode de Richard Simon, plus d'un rapprochement intéressant s'impose à l'esprit. Pas plus l'un que l'autre ils ne reculaient devant les responsabilités de la recherche personnelle et ne s'effrayaient des contradictions. Sûrs de leur foi et de leur conscience, ils affrontaient vaillamment la lutte, et ils n'étaient pas sans
1 . IfitroducUon critique aux livres du Nouveau Testament, 2 toI. in«8*, Paris, Lecoflfre, 1861 , 1, 20.