‹ MalebrancheChapitre 115 sur 132 · Tr. deMor,, T partie, xiii · texte numérisé non relu

Tr. deMor,, T partie, xiii

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est dû à la première est surtout intérieur et spirituel; ce qui est dû à la seconde est « presque entièrement extérieur * ». Ce « presque » est une précaution ; on est même tenté de dire que c'est une concession au préjugé, mais une concession qui ne porte guère. Ici en effet le tort ou, si Ton veut, le caractère de la morale de Malebranche, comme de beaucoup de doctrines professées sous l'ancien régime, c'est la séparation des deux domaines et l'abandon « presque entier » du premier à la force irrationnelle. Le beau programme tracé tout à l'heure de l'unification de la morale est-il donc sacrifié? On a certainement le droit de poser la question, on a le droit de s'étonner de cette contradiction douloureuse chez un si noble penseur qui n'avait voulu ni de la séparation de la raison et de la foi, ni de la séparation de la philosophie et de la théologie , ni de la dualité de la morale et du droit, et qui considère que le premier de tous les devoirs est de porter en toute occasion le jugement suivant : « 11 n'y a point plusieurs sagesses, il n'y a point plusieurs savoirs », et cet autre, non moins souvent répété : « Nous n'avons qu'un maître. » Mais autant ce penseur est résolu à ne faire aucune concession et à vouloir la vérité tout entière dans l'ordre spéculatif, autant, dans l'ordre pratique, il est résigné d'avance — par force, voilà son excuse — à se contenter de ce qu'on lui donne. Chose au premier abord bien étrange, mais qui éclaire d'un jour singulièrement attrayant le caractère encore plus que la

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