‹ MalebrancheChapitre 19 sur 132 · Rech., III, IP p., ch · texte numérisé non relu

Rech., III, IP p., ch

mais infiniment infinies. » Ou encore : « Les infinis peuvent avoir entre eux des rapports infinis, car Tesprit se représente des infinis infiniment plus grands les uns que les autres*. »

Mais dire que Thomme découvre ainsi Tinfini dans ses idées, est-ce assez dire? Non. Il faut ajouter que cette notion de Tinfini ne suit pas, mais précède les autres et qu'el^ est la source d'où elles émanent. Le vulgaire croit que nos idées sont les modifications successives de notre esprit mis en contact avec les choses. Mais ces modifications n'aboutiraient qu'à un composé confus si notre esprit n'y mettait l'ordre par la généralité; et cette généralité, nous venons de le voir, ce n'est pas de nôtre fond que nous la tirons : « elle a trop de réalité ; il faut que l'infini nous la fournisse de son abondance 2 ».

A quoi tout cela revient-il, sinon à proclamer que l'Être est infini ou qu'il est Dieu? Et en effet, telle est bien la voie simple, directe, par laquelle Malebranche arrive immédiatement à Dieu. Il y arrive plus directement encore que Descartes n'arrive à l'àme et à son immatérialité. Par la divinité, il n'est aucun de nous qui n'entende 3 « l'Infini, FÈtre sans restriction, l'Être

Page 1