‹ MalebrancheChapitre 21 sur 132 · Méd, chr., IX · texte numérisé non relu

Méd, chr., IX

62 MALEBRANGHE.

peut le représenter. Si donc on y pense, il faut qu'il soit* ».

Non seulement cette preuve est pour Malebranche plus solide que toutes les autres et « de la dernière évidence », mais il y voit la plus certaine de toutes les vérités. « Vous voyez bien, conclut-il, que cette proposition — il y a un Dieu — est par elle-même la plus claire de toutes les propositions qui affirment l'existence de quelque chose et qu'elle est même aussi certaine que celle-ci : je pense, donc je suis. Vous voyez de plus ce que c'est que Dieu, puisque Dieu et l'Être ou l'Infini ne sont qu'une seule et même chose 2. »

Ainsi cet être sans restrictions, cet être absolu, cet être infini, cet être que nous pensons et affirmons quand nous pensons quoi que ce soit de clair, cet être nécessaire et par conséquent éternel, cet être en qui aucune distinction ne peut être faite entre le possible et le réel, entre l'essence et l'existence, c'est aussi l'Être parfait. Toutes ces expressions sont synonymes.

On s'est curieusement appliqué de nos jours à disjoindre l'idée de l'infini de celle du parfait. Est-ce seulement par rigueur et par subtilité d'analyse 3? U ne le semble pas. L'infini, sans le parfait, devient ou une conception abstraite et mathématique, ou une représentation toute naturaliste d'un monde livré à des trans-

Page 1