‹ MalebrancheChapitre 22 sur 132 · Entret. met., II · texte numérisé non relu

Entret. met., II

3. C'était peut-être le cas de M. Paul Janet. Ce ii*élait malheureusement pas celui de M. Vacherot.

formations sans commencement, sans fin, sans limites et sans mesure. D'autre part, la perfection simplement pensée n'est plus que la catégorie de l'idéal, et on l'oppose si bien à la réalité qu'on juge les deux idées contradictoires. On se flatte d'avoir ainsi creusé les deux conceptions fondamentales de l'esprit humain sans avoir sacrifié ni l'une ni l'autre. On ne sacrifie qu'une chose en effet : c'est la réalité vivante de l'Être divin en qui on ne voit plus ou qu'un infini quantitatif sans bonté ou qu'une perfection sans existence. Telle ne pouvait être ni la pensée de Descartes ni, à plus forte raison, celle de Malebranche. Descartes distingue bien l'indéfini de l'infini, mais il pose que le seul véritable infini, c'est le parfait. Son grand disciple ne change rien à ces distinctions et à ces rapprochements. Pour lui, c'est un axiome, que l'être, en tant qu'être, l'être qui peut dire de lui « je suis celui qui suis », est en même temps infinité et perfection et qu'il l'est dans tous les sens. En lui rien ne saurait être séparé de ce qu'on serait tenté d'appeler grossièrement le reste de son être, car la séparation est la marque du fini. « La propriété essentielle à l'être infini, c'est d'être en même temps un et toutes choses, composé, pour ainsi dire, d'une infinité de perfections différentes, et tellement simple qu'en lui chaque perfection renferme toutes les autres, sans aucune distinction réelle*. »

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