‹ MalebrancheChapitre 31 sur 132 · Médit* chrét, IX · texte numérisé non relu

Médit* chrét, IX

le Père et le Saint-Esprit par une action entièrement libre ^ »

Ces dernières explications n'auraient-elles pas dû éviter à Malebranche l'accusation portée contre lui par Arnauld de mettre en Dieu une étendue corporelle? Le reproche devait sembler étrange à un métaphysicien qui croyait à peine à l'étendue matérielle, telle que les sens nous le montrent dans la nature créée. Mais l'entente ne pouvait être que bien difficile entre les deux adversaires. Quand ils prononcent le mot de « représentation », l'un entend une opération postérieure à l'existence et au mouvement des choses dans l'esprit de l'homme, l'autre entend une idée antérieure aux choses et subsistante en la pensée divine. Le premier afifecte donc de confondre la représentation avec la perception. Le second lui répond : « Représenter et apercevoir sont aussi peu la même chose que donner et recevoir. Comment donc peut-on dire que les perceptions représentent 2? » L'un ramène toute idée à « la perception que les natures intelligentes ont de leursobjets »; pour lui donc, l'étendue intelligible n'est rien ou n'est que l'étendue perçue par l'esprit dans des corps réels, puis élaborée par ce même esprit dans le travail de l'abstraction. L'autre pose que la perception est un phénomène tout secondaire, tout subordonné, et que la vérité réside avant tout dans ime idée, sortie, non de l'abstraction opérée par un esprit fini, mais de

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