Réponse à la 3* lettre d* Arnauld, p
Tordre vu par l'être infini dans les degrés de sa propre perfection. Il reconnaît avec saint Augustin que l'abstraction rencontre bien les nombres immuables et divins, mais il maintient qu'elle ne saurait les former'^. Le premier enfin partait de l'étendue matérielle qu'il croyait connaître, et il s'imaginait ne pouvoir retrouver que celle-là partout où le mot d'étendue était prononcé.
Le second partait de l'infini et du parfait, et il ne pouvait que s'irriter ou sourire avec dédain, quand on lui prêtait ou l'impiété de rabaisser le nécessaire au contingent, le spirituel au charnel, la raison des choses aux choses que seule elle explique, ou bien la sottise de donner à l'immuable vérité du monde intelligible les apparences changeantes du monde sensible où nous vivons.
Les objections spinozistes de Dortous de Mairanétaient plus scientifiques et aussi plus embarrassantes. Elles ne lui reprochaient pas de matérialiser Dieu : elles lui reprochaient plutôt de ne pas diviniser la nature. Tel est du moins le résumé qu'on peut donner, sous une forme un peu grossie, de cette polémique pressante et courtoise, subtile et sincère. Peut-être en rendrait-on mieux l'esprit, en la réduisant à cette suite de questions : Si vous mettez l'infini dans l'étendue intelligible, comment ne le mettez- vous pas dans l'étendue réelle qui en sort? Comment ne les unissez- vous pas in-
1. « Neque id est invenlre quod facere aut gignere; alioquin aeterna gigneris inventione temporal!. » V. ihid.^ p. 61.