‹ MalebrancheChapitre 62 sur 132 · Éclaire, sur le I« livre de la Recherche · texte numérisé non relu

Éclaire, sur le I« livre de la Recherche

Dira-t-on que, malgré tant d'invectives contre l'école stoïcienne , c'est se rapprocher singulièrement du stoïcisme que de nous représenter comme des esprits intérieurement libres de leurs jugements dans im corps, dans une société, dans une nature où d'ailleurs tout ce qui les intéresse est réglé sans eux? A cela nous répondrons d'abord que, même en réduisant ainsi la sphère de la liberté , on ne l'anéantirait pas ; car enfin ce consentement n'est pas simplement surajouté à des actes psychologiques ou moraux complets ou achevés; c'est lui qui les achève et les complète, c'est lui qui les détermine et les fait véritablement ce qu'ils sont. Témoin, cette analyse si fine de la haine qui se trouve dans le premier Éclaircissement à la Recherche de la Vérité : « On doit distinguer trois choses dans la haine, le sentiment de l'àme, le mouvement de la volonté et le consentement à ce mouvement; ce n'est que dans le consentement de l'âme que se trouve la malice formelle du péché. » Mais un tel consentement ne réagira-t-il pas sur les phénomènes qui précèdent, et cette réaction ne déterminera-t-elle pas une orientation nouvelle des phénomènes? Malebranche ne l'a jamais méconnu, et ce qu'il avait ainsi indiqué dans les commentaires à son premier ouvrage, il a pu le dire très explicitement dans le dernier : « J'ai toujours soutenu, écrit-il dans son livre sur la Prémotion physique^, que l'âme était l'unique cause de ses actes, e'est-à-

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