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dire de ses déterminations libres ou de ses actes bons ou mauvais... J'ai toujours soutenu que Fàme était active, mais que ses actes ne produisaient rien de physique... je dis par leur efficace propre, qu'on y prenne garde ! Car il est certain qu'il arrive bien des changements physiques dans l'âme, en suite de ses actes bons ou mauvais moralement. » Si en effet la variété continuelle des pensées et des « motions » qui modifient l'àme en vertu des lois générales de la nature et de la grâce, contribue à la variété de nos consentements, en retour il est certain que « la variété de nos consentements sont des causes des perceptions et des motions qui les suivent * ». Que cette causalité ne se suffise pas à elle-même parce qu'elle est immanente et non transitive, c'est là une idée qu'on peut discuter, mais qui laisse la conception de la liberté parfaitement sauve. Comprenons-le bien. En tout, même dans l'ordre naturel, c'est Dieu qui prévient, c'est lui qui meut, c'est lui qui attire, c'est lui qui éclaire ; mais chacun de nous répond à ces sollicitatîoiis librement, et c'est en conséquence de sa réponse que le mouvement efficace mis par Dieu à notre disposition nous porte ou nous laisse là où nous voulons aller ou rester. Écoutons encore le maître luimême : « Je crois que la volonté est une puissance active^ (ju'elle a un véritable pouvoir de se déterminer; mais son action est immanente ; c'est une action qui ne produit rien par son efficace propre , pas même le mouve-
1. (Sic) Prémot. phys., p. 86. Voir toute la discussion qui précède ce passage.
ment de son bras*. » Ce mélange d'incapacité physique et de puissance morale se retrouve dans tous nos actes^ depuis les plus petits jusqu'aux plus grands; car tous supposent ime infinité de mouvements que nous ne connaissons pas, qu'à plus forte raison nous ne pouvons ni régler ni produire; par consécjuent rien ne se ferait sans « l'efficace de cette puissance divine qui unit toutes les parties de l'univers ». Ce n'est pas moi qui parle, dit le principal interlocuteur des Entretiens , je veux seulement parler; mais c'est parce que je l'ai voulu que mes organes émettent des paroles et que vous les entendez. « Le jeu de mes organes me passe, la variété des paroles, des tons et des mesures en rend le détail comme infini : ce détail. Dieu seul en règle les mouvements, à l'instant même de mes désirs^. »
A la lumière de ces distinctions, nous pouvons désormais compléter et mieux interpréter certaines propositions dont une première lecture était bien faite pour troubler des esprits d'ailleurs prévenus. Voici ce qu'on lit dans le Traité de Morale ^ :
« Dieu seul est la cause de nos connaissances.
« Lui seul est la cause des mouvements naturels de nos volontés.
« Lui seul est la cause de nos sentiments, le plaisir^ la douleur...