‹ MalebrancheChapitre 72 sur 132 · Traité de la Nature et de la Grâce, 3« éclaircissement · texte numérisé non relu

Traité de la Nature et de la Grâce, 3« éclaircissement

c'est toujours à celle-là qu'il faut remonter à travers les dogmes, comme on y remonte à travers les lois de Tàme et du corps. Rien n'importe plus que d'en faire saisir et comprendre l'unité absolue pour redescendre ensuite plus sûrement et en toute clarté à la règle de la vie^

Il est à peine besoin de dire que Malebranche salue et adore tous les mystères de la religion catholique, à commencer par celui de la Trinité. Cependant il en est un qui est pour lui le mystère et en même temps la solution par excellence, le point culminant du dogme et, il l'affirme aussi, — là même est une grande partie de sa forte originalité, — de la métaphysique tout entière : c'est le mystère de l'Incarnation. « Oui assurément, s'écrie-t-il, l'Incarnation du Verbe est le premier et le principal des desseins de Dieu : c'est ce qui justifie sa conduite. C'est, si je ne me trompe, le seul dénouement de mille et mille difficultés, de mille et mille contradictions apparentes ^. » En quoi donc la conduite de Dieu aurait-elle besoin d'être justifiée? En ce qu'il

1. La thèse de quelques critiques (particulièrement de S. Turbiglio, Li AntUesi tra il mediœvo et VSta moderna nella storia délia filosofitty in ispecie nella doctrina morale di Malebranche) qu'il y a dans Malebranche un antagonisme constant, une vérilable antinomie entre la métaphysique et la théologie, est absolument insoutenable. Toute la suite va le prouver.

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