Défense contre M. de la Ville
péripatéticiennes* (Usez thomistes) des conséquences peu en harmonie avec le catholicisme. Mais c'est là une sorte de guerre civile dans laquelle on répand « le sang de ceux de sa nation ». — « Pour moi, lisonsnous ailleurs, quand un homme a pour principe de ne se rendre qu'à l'évidence et à l'autorité, quand je m'aperçois qu'il ne travaille qu'à chercher de bonnes preuves des dogmes reçus, je ne crains pas qu'il puisse s'égarer dangereusement. Peut-être tombera-t-il dans quelque erreur. Mais que voulez- vous? cela est attaché à notre misérable condition. C'est bannir la raison de ce monde s'il faut être infaillible pour avoir le droit de raisonner 2. »
Ainsi donc, quand de la tradition bien établie et solidement rattachée à l'autorité légitime on a reçu les vrais dogmes, il reste à les expliquer. « Il est permis d'expliquer même les mystères, pourvu qu'on le fasse selon l'analogie de la foi 3. » Et qu'est-ce que les expliquer? En faire ressortir la sublimité morale, tout en diminuant les invraisemblances d'ordre philosophique? Notre méditatif a une ambition plus haute. La religion n'est en somme que la Raison incarnée, que l'Ordre rendu visible ou — ce qui revient au même — qu'une métaphysique sensible et intelligible pour le commun des hommes. Mais il n'y a qu'une Raison, il n'y a qu'un Ordre : il ne peut donc y avoir qu'une métaphysique ;