CHAPITRE PREMIER
Quatre cas de malformations congénitales de l'extrémité supérieure du radius.
Les malformations congénitales du radius sont des malformations rares. Elles consistent généralement en l'absence totale du radius, beaucoup plus rarementen l'absence de l'une des extrémités de cet os. La dernière statistique faite sur ce sujet est celle de Werner Kümmel (1) en 1895. Cet auteur rapporte 68 cas d'absence congénitale totale du radius : dans 38 cas l’absence était bilatérale ; 16 fois unilatérale et droite ; 14 fois unilatérale et gauche. Les absences partielles du radius sont beaucoup plus rares et dans la majorité des cas cette absence siège à l'extrémité inférieure. Que l’absence soit totale ou partielle et inférieure, la malformation est caractérisée surtout par la main-bote conséculive ; et l'étude de l'affection rentre dans le cadre de l'étude de la main-bote due à une malformation du squelette.
Les cas de malformations congénitales partielles de l'extrémité supérieure du radius sont encore extrêmement plus rares. M. le Professeur Kirmisson dans son 7railé des maladies chirurgicales d'origine congénitale n’a pu en citer
(1) Verner Kümwez, Die Missbildungen der Extremiläten durch Defeckt, Verwachsung und Ueberzahl, Cassel, 1895, p. 33.
Re
que deux exemples empruntés à Oskar Schmid (1). Nos recherches personnelles nous en ont fait découvrir unautre cas observé par Tsmarke (2) en 1900. Ces trois observations jointes au cas observé avec M. le D' Longuet, et présenté à la Société anatomique de Paris en février 1901 par MM. Longuet et Péraire, portent au nombre de quatre les observations publiées jusqu'à ce jour.
Nous citerons ces observations ?n extlenso :
Osservarion [| (Oskar Scamin, Zeitschrift für orthopädische Chirurgie, 1893, Bd, Heft IT, p. 59).
La mère de notre jeune malade est une femme robuste et bien portante, elle n’a aucune difformité si ce n’est qu'elle présente un double pouce à la main droite. Cette femme a eu cinq frères et sœurs tous normalement constitués. Elle à eu deux enfants : un garçon, il y a dix ans, qui présentait six doigts à chaque main ; c'était les petits doigts qui étaient doubles. Cet enfant ne présentait aucune autre difformité. Le deuxième enfant de cette femme est notre jeune malade aujourd'hui âgée de quatorze ans. Elle est née à terme. Dès sa naissance ses parents remarquèrent qu'elle avait un pouce supplémentaire à la main droite ; un médecin le lui amputa dans la première semaine de son existence. La malformation du radius, qui nous occupe aujourd’hui, ne fut reconnue que plus tard à cause de la gêne qu’elle amenait dans le fonctionnement du membre. La mère déclare que sa grossesse avait été tout à fait normale et elle assure que pendant sa grossesse elle n'avait reçu ni choc, ni coup, ni blessure.
Notre jeune malade est une enfant grêle et anémique ; elle est petite pour son âge. En dehors de la malformation qui nous occupe elle est parfaitement constituée. Lorsque cette jeune fille laisse tomber natu-
(1) Oskar ScHwn, Zeitschrift für orthopädische Chirurgie, Band I, p:1092 (2) Tswarke, Zeitschrift für orthopädische Chirurgie, Band VIII, 1900-