‹ Malformations CongénitalesChapitre 21 sur 24 · LA · texte numérisé non relu

LA

Les mains et les pieds sont le siège d'amputations congénitales. À la main droite manquent la 3° phalange des 2e, 3e, 4° et 5° doigts ; à la main gauche, la 3° phalange des 2e et 3° doigts. Pourtant la 2° phalange de ces mêmes doigts existe, bien que beaucoup plus courte qu’à l’état normal. Les pouces des deux mains sont bien conformés.

Les doigts sur lesquels on remarque des amputations offrent en outre cette particularité que les phalanges existantes sont reliées intimement les unes aux autres par des

téguments semblables à des membranes. Ces expansions membraneuses s'étendent à la main droite jusqu'à l’extrémité de la 1° phalange existante, à la main gauche jusqu'à la 2° phalange rudimentaire. Le pouce de la main droite ne porte aucune soudure normale avec l'index ; à la main gauche, au contraire, on voit une bride épaisse d’un millimètre descendre de l’extrémité de la première phalange du pouce à la base de la 1"° phalange de l’index. L’extrémité cicatricielle du rudiment des 3° et 4° doigts de la main droite porte une série de granulations très petites, couvertes d’une croûte mince ; du bord libre de ce moignon part un filament mince de quelques millimètres de long, qui ne se rattache à rien.

Au pied droit, la phalangine du gros orteil manque entièrement ; au gauche, elle existe en partie seulement.

Le délivre est de volume moyen; il pèse 850 grammes. La largeur du placenta est de 16 millimètres; la longueur du cordon ombilical est de 58 centimètres; son insertion est à peu près marginale.

Les membranes sont très déchirées, bien qu’elles paraissent complètes. À la face externe du chorion, adhère une mince couche de caduque déciduale ; au voisinage du bord du placenta, quelques caillots de sang, les uns de couleur jaunâtre, les autres plus récents. Sur la surface fœtale du

placenta, se ramifient immédiatement les vasa propria. En considérant cette face avec un peu d'attention, on voit qu'elle est dépourvue de cet éclat nacré que l’amnios, qui la revêt normalement, lui prête d’ordinaire, et ce reflet nacré, nous ne le constatons pas davantage en aucun point de la face fœtale de la poche membraneuse. Les parois de cette poche frappent par leur surprenante minceur.

Nous cherchons suivant la méthode ordinaire, en commençant par l’orifice de la poche à décoller, l’amnios du chorion. Nous sommes alors surpris de voir que nos tentatives sont vaines ; il n’y à pas d’amnios qu’on puisse séparer du chorion. Les parois de la poche se composent seulement du chorion et de la mince couche de caduque dont nous avons parlé; de plus, la face fœtale du placenta, même à l'examen microscopique, manque de tout revêtement amniotique.

Le cordon ombilical, très grêle, ne présente pas d’anomalies autres que celle-ci; au milieu, une dilatation de 6 centimètres, dans laquelle s’entrecroisent les varicosités de la veine ombilicale. La surface est lisse et brillante. En revanche, l’insertion du cordon sur le placenta présente une particularité bien remarquable ; elle s'enfonce dans un fourreau membraneux long de 2 centimètres à peu près; de telle façon que ce dernier revêt le cordon à son insertion placentaire sur une étendue d’environ 2? centimètres. Ce fourreau membraneux entoure assez lâchement l’origine du cordon, si lâchement même qu’on remarque quelques plis à sa surface, et qu’on peut avec une pince le faire glisser en produisant des plis encore plus gros.

Du côté du placenta, l’extrémité de ce fourreau est bien délimitée sur la moitié de sa périphérie, sous forme de bourrelet. Mais sur l’autre moitié de la périphérie, les plis du fourreau s’effacent et se perdent peu à peu dans ceux

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de la face fœtale du placenta, de sorte qu’on ne voit pas à cette place la limite nette entre le fourreau et la surface placentaire. En examinant plus attentivement les replis du fourreau membraneux, on reconnaît facilement leur disposition en spirale autour de l’insertion du cordon, et on- voit de plus que la partie supérieure du fourreau est à proprement parler réduite à un simple filament, tournant en spirale autour de l’origine du cordon pour devenir hbres après quelques tours, et se terminer en un bout flottant de 3 centimètres de long et de 1 millimètre d'épaisseur. L’extrémité libre de ce petit cordon finit en forme de jolie grappe portant quatre ou cinq baies renflées. Cette grappe est longue de 7 millimètres et large de 5 millimètres. Une grappe semblable, mais ne portant qu'un seul renflement, adhère solidement au bord supérieur du fourreau, qui est dirigé vers le cordon, et le renflement adhère si fortement au fourreau, que des deux côtés il se perd dans cette partie du mince filament, qui est enroulé autour du cordon ombilical, et forme ainsi la partie supérieure du fourreau membraneux. Un examen suffisamment sérieux des faces fœtales des membranes et du placenta ne laisse voir aucun vestige de la vésicule ombilicale.

L'examen microscopique a porté sur un morceau de membrane qui, enlevé franchement de l’orifice de la poche ovulaire, a été placé dans l’alcool absolu. Sur la coupe, on peut observer ce qui suit : une assise de cellules déciduales, grosses et larges, puis une couche de cellules serrées rondes et petites; enfin, une couche renfermant des cellules éparses au sein d’une trame spongieuse, ondoyante et striée, et c’est tout ce qu’on trouve sur cette coupe. Comme le morceau qui a servi à l’examen microscopique a été prélevé sur le délivre frais, il faut absolument exclure la possibilité que des couches quelconques de la surface de préparation aient été détruites par desquamation ou macération.

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