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OBSERVATION VI

Bar. In Bulletin de la Société d'obstétrique de Paris, n° 3, p. 104, (Thèse de Glaize.)

La nommée D... est entrée à la maternité de l’hôpital Saint-Louis le 26 février 1895. C’est une femme de 33 ans, bien constituée, qui ne paraît pas avoir eu la syphilis.

Elle est mariée et a déjà eu deux enfants, qui sont nés à

ne LD terme ; les enfants étaient bien constitués et ont vécu. Elle a eu ses règles le 25 mai 1894. Elle était donc arrivée au terme régulier de sa grossesse. Celle-ci avait évolué sans aucun incident, et quand nous avons examiné la malade au moment de son entrée, l'utérus se contractait régulièrement.

L'enfant, qui se présentait par le sommet, était plutôt petit. Les membranes n'étaient pas rompues, et il n’y avait pas d’hydramnios. |

Tout semblait donc normal. L'enfant, une fille qui pesait 2.660 grammes, ne portait aucune malformation du tronc ni de la tête; mais aux deux mains et au pied droit, on observait des sillons d’amputation fort nets. Disons de suite que cette enfant a vécu et s’est bien développée.

Le placenta pesait 240 grammes. Je désire attirer votre attention sur la disposition spéciale des membranes.

Le placenta est marginé. Le cordon vient s’insérer aux environs de la partie médiane de la face fœtale ; mais en ce point il se trouve recouvert par une sorte de capuchon; on le voit se prolonger sur la face fœtale du placenta, à la manière d’un léger relief qui s’amincit et disparaît bientôt.

La face interne de la membrane, qui constitue la cavité dans laquelle se trouvait le fœtus, présente de place en place des franges fibrineuses, comparables par leur aspect à celles qui sont si nombreuses sur le chorion dans l’observation précédente.

Cette membrane, qui entoure le fœtus, est fort épaisse ; J'ai voulu la séparer en deux feuillets, et n’ai — quel que soit l'endroit sur lequel ma dissection ait porté — pu trouver à la face utérine du chorion aucune trace d'amnios. Au niveau du placenta lui-même je n’ai pu isoler autour du capuchon le feuillet amniotique venant recouvrir le chorion basal. En un seul point, immédiatement auprès de

CEUX. er

l'insertion du cordon sur le placenta, j'ai réussi à saisir avec la pince un mince feuillet membraneux qui m’a paru être l’'amnios, mais qui bientôt adhérait tellement au chorion basal qu’il ne pouvait plus en être distingué. Il semble logique d'admettre que ce petit capuchon, qui entoure en partie le cordon au point où il vient s’insérer sur le placenta, représente le dernier vestige de l’amnios, et qu'encore ici le fœtus se trouvait contenu dans le chorion sans être enveloppé par l’amnios.

OBsERvVATION VII

Communication sur une cause encore inconnue du développement des brides amnioliques produisant les amputations congénitales, à la section du X° Congrès international de médecine (1890), par Otto Kusrer, in Geitschift für Geburtschülle und (rynakologie, t. XX, p. #45. (Thèse de Glaize, Paris 1898-1899.)

C’est un fait connu depuis longtemps que ces sortes de liens appelés brides amniotiques arrivent à produire des amputations des extrémités du fœtus. On sait aussi que tant qu'il s’agit d’amputations par liens circulaires, celles-c1 sont exclusivement produites par les brides amniotiques et jamais par le cordon ombilical ; ceci a été absolument reproduit par les recherches de Braün. Ces brides dont nous parlons sont des expansions qui s'échappent de la surface interne de l’amnios pour vemir rejoindre, soit un point de cette surface, soit un point de la surface du fœtus. Elles peuvent encore réunir deux points de la surface du fœtus; ou bien encore, émanant de celui-ci, flotter librement dans la cavité ovulaire. Il faut chercher la cause du développement de ces brides dans des adhérences précoces

qui se font entre les surfaces fœtale et amniotique appliquées l’une sur l’autre.

Je vais apporter ici la preuve que, en-dehors des brides amniotiques, d’autres dispositions peuvent entraîner les amputations congénitales.

Lita Sar, 25 ans, a été réglée à 16 ans, et depuis fort régulièrement. Il y a quatre ans, elle a mis au monde un enfant au terme normal de la grossesse. Les couches ont été normales, ainsi que les suites de couches. Depuis mai 1889, elle est de nouveau enceinte. Au commencement de juillet, à la fin donc du 2° mois de la grossesse, immédiatement après avoir fait effort pour soulever un lourd fardeau, elle à perdu du sang pendant deux Jours. Cette femme est de taille moyenne, modérément développée, d’un moyen embonpoint; son bassin est normal. Le 20 février 1890, à 10 heures 20 du matin, elle accouche, après un travail d’une durée de 12 heures. L'accouchement de fait par le sommet; la rupture de la poche des eaux se fait 20 minutes avant l’expulsion.

La rotation des épaules se fait normalement après la sortie de la tête; 40 minutes après, la délivrance est effectuée spontanément. Placenta et membranes sont complets.

L'enfant est vivant; il crie aussitôt après sa naissance avec une forte voix. Sa longueur est de 51 centimètres, son poids de 3 kil. 900; il a tous les caractères d’un enfant né à terme. Bien qu’il n’y ait aucun symptôme d’asphyxie, cet enfant a cependant la face cyanosée et bouffe ; les paupières sont entr’ouvertes et tant soi peu œdémateuses. La couleur cyanotique de la face et l’œdème sont encore visibles 24 heures après la naissance, mais disparaissent toutefois dans le cours de la deuxième journée.

À l’auscultation, les bruits du cœur sont normaux; aux poumons, on ne perçoit aucun bruit pathologique.

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