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PAS

Sur le moignon, on observe tantôt une ulcération due à la rupture récente du pédicule.

Tantôt il présente une cicatrice étoilée et normale.

On observe parfois au niveau des doigts de petites masses, de petits tubercules, du volume d'un grain de raisin. Ces petits tubercules sont retenus au membre sur lequel ils s'implantent par un mince pédicule, figurant un simple sillon de séparation. Nous pensons qu'il faut les attribuer à un œdème chronique des téguments dû à un agent de constriction extérieur (obs. I).

Quelle est donc la composition histologique du sillon congénital ? M. Suchard (Suchard, Soc. anat., décembre 1881), à propos d’un cas observé par M. le professeur Lannelongue, fit le premier l'analyse histologique de la bride congénitale. Il refit trois fois après cet examen et arriva toujours au même résultat.

M. Jeannel, de Toulouse (Jeannel, Gaz. hebd., 1886, 27 août, p. 569), arrive aux conclusions de M. Suchard.

Voici comment M. Reclus rendit compte de l'analyse de M. Suchard, dans son observation du 17 octobre 1883:

« Au-dessus et au-dessous du sillon constricteur, il n’a constaté aucune altération de la peau, souple, bien nourrie et sans trace d'inflammation ancienne ou récente; ses glandes sont intactes et ses papilles sont normales. Au niveau du sillon, l'épiderme est sain; mais le derme a subi d'importantes modifications. Il n’y a plus, dans son épaisseur, d’alvéoles pleins de graisse; le tissu adipeux sous-cutané fait défaut, à leur place, on trouve la trame serrée du tissu fibreux, dont les faisceaux perpendiculaires à l'axe du membre forment en ce point un épaississement considérable. »

De L'RES

M. Jeannel fait une descr iption histologique à peu près semblable; il insiste seulement davantage sur l'état des glandes et papilles :

« L'épiderme n'offre aucune modification, il a, au niveau de la bride, la même apparence qu'au-dessus et qu'au-dessous; il y est aussi épais. On voit sur plusieurs Coupes, au fond même des sillons, en face de la bride, les goulots des glandes sudoripares traverser le corps muqueux et s'ouvrir à l'extérieur. Je n'ai vu de poils en aucun point de mes préparations.

Les papilles du derme sont identiques sur toute l’étendue de la coupe; elles sont absolument saines et normales. -

Le derme seul présente une altération au niveau de la concavité du sillon. Il est là véritablement sclérosé, c'està-dire qu'il est composé de trousseaux fibreux, épais et enlacés, serrés les uns contre les autres, qui augmentent son épaisseur et sa densité au point de la doubler. Au sein de ces trousseaux fibreux, dans la zone scléreuse et sur toute sa hauteur, on voit des glandes sudoripares acini ou tubes excréteurs plus ou moins dégénérés, c'est-à-dire étouffés par la production fibreuse su les entoure.

Nous voyons que l'anatomie pathologique des brides amniotique diffère beaucoup de celle observée sur les tissus cicatriciels. Il n'existe ni atrophie de la peau, ni ulcération et, dit Broussolle, « aucun processus inflammaloire n'a été dénoté dans les divers examens des différents cas ».

Actuellement, la grande majorité. des auteurs recon-

naît à l'amnios un rôle dans la production de la malfor- 2 LA

LT C2E mation congénitale; mais ils prétendent que cette membrane la détermine, seulement dans le cas où elle présente des filaments partant de sa face fœtale, et que, d'autre part, l'amputation n'est autre chose que le résultat de l’action mécanique exercée par ces filaments ou brides, sans que, à l'intérieur du membre, rien ne puisse aider à sa section.

Or, nous croyons que cette théorie est trop exclusive. Nous admettons bien en effet que la bride joue un rôle, mais nous pensons :

1° Qu'elle seule ne peut produire toute la lésion.

2° Que dans le cas de grossesse extra-amniotique, l'anneau bordant l'orifice de rupture, par où est sorti l'embryon, peut avoir une action analogue.

3° Que l’amputation est due non seulement à ces deux éléments amniotiques, mais aussi aux troubles trophiques, dont le membre peut devenir le siège.

Après avoir rappelé brièvement les explications données par les différents auteurs de l'origine des sillons et des amputations, nous nous occuperons des agents qui les déterminent, puis nous essayerons de montrer la marche de la lésion, en admettant l’action amniotique d’une part et des troubles trophiques d'autre part.

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