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CHAPITRE III

Sillons. Amputations.

Quel est donc le siège ? Par quelles phases successives passe la région lésée du membre, pour arriver à l'amputation ? Telles sont les questions qui vont nous intéresser maintenant.

On a voulu trouver au sillon une prédilection marquée pour le membre supérieur ou pour le membre inférieur. On a même prétendu qu'il avait une préférence pour tel ou tel côté du corps.

Pour Braün, les amputations spontanées se produisent surtout aux membres supérieurs; pour Crédé et Duplay, ce serait aux membres inférieurs où ils les auraient constatées les plus souvent, et surtout du côté gauche.

D'après les différents cas relatés dans nos observations, nous ne pouvons pas conclure en faveur de l'un plutôt que de l’autre, car nos chiffres s'équivalent à peu près. Mais pour ce qui concerne son siège sur le membre même, nous pouvons admettre qu'elle se localise bien plus souvent à l'extrémité qu'à la racine, et même que sur le corps de celui-ci. Nous n'avons pas recherché quelles étaient les conclusions des statistiques; mais nous croyons qu'il faut admettre que les amputations congé-

LA VS nitales diminuent de fréquence lorsqu'on va de l'extrémité d’un membre à sa racine.

Il nous reste maintenant à étudier lés formes “ sillon et les différentes étapes par où passent l’amputation. Autrement dit, comment on arrive du sillon superficiel

à la section complète du membre.

Le sillon congénital n’est pas toujours circulaire, on en trouve en effet qui sont complets et d’autres partiels. Dans le premier cas, il peut être perpendiculaire ou oblique, par rapport à Var du membre. Le sillon oblique est plus rare.

Dans un sillon circulaire complet, on peut ne pas observer la même profondeur, dans toute son étendue, et la partie la plus déprimée n'a pas un siège spécial, on la trouve aussi bien aux faces latérales qu'aux faces antérieure ou postérieure du membre.

M. Broca a signalé l'existence de sillons spiroïdes. Ces sillons sont complets, ils entourent complètement la partie du membre qui en est porteur; mais leurs deux extrémités, au lieu de se rejoindre et de se confondre sans interposition de tissu de transition, sont écartées l’une de l'autre par une boucle de tissu sain.

Ces sillons, niés par Jeannel, ont été observés par le docteur Grisel, qui en a publié un très beau cas. (Revue d'Orthopédie, 1903, obs. IT.)

On peut observer tous les degrés de profondeur de sillons; depuis la simple dépression, à peine sensible à l'œil, jusqu'à la rainure profonde dans laquelle peut se cacher l'extrémité du stylet.

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Lorsqu'il est superficiel, la peau conserve ses caractères.

Lorsqu'il est profond, on voit la dépression limitée par deux bourrelets, dont les lèvres peuvent se rapprocher et cacher ainsi son fond. Si on en écarte ces deux bourrelets, on voit que leur surface est humide, de couleur rosée, la peau qui les tapisse offre l'aspect de celle que l'on observe dans les replis de la peau des jeunes sujets gras. Le fond du sillon est parfois le siège d’un enduit gras, produit de sécrétion des glandes sébacées.

Le fond du sillon est rarement porteur d’une cicatrice, cependant, M. Bar a constaté que dans un sillon profond du tiers inférieur de la cuisse gauche, la peau était coupée à la partie antérieure; il dut suturer le tendon du tri ceps, qui était mis à nu.

Lorsqu'il est superficiel, 1l peut être très mobile, dans ce cas, l’impotence fonctionnelle du membre est nulle; le malade peut se servir de son membre sans la moindre gêne.

Lorsqu'il est profond, il est presque toujours adhérent à l’aponévrose sous-jacente; on ne peut pas le mobiliser sur les parties molles qu'il recouvre. Dans ce cas, les vaisseaux et les nerfs peuvent être comprimés, et on peut observer sur la partie du membre située au-dessous de lui des troubles trophiques très nets (obs. I).

Le stade ultime du sillon est l’amputation; son siège est, comme nous l'avons dit plus haut, en général aux extrémités.

Le docteur Grisel, sur 46 observations, a constaté son existence 33 fois. Elle semble éviter l'articulation. Jeannel.en cite un cas où la section avait eu lieu au niveau de l'articulation métatarso-phalangienne.

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