DÉVELOPPEMENT DU COEUR
THÉORIE DE ROKITANSKY
Ï nous paraît indispensable, pour jeter un peu de lamière sur les lésions que nous étudions, d'entrer dans quelques détails sur le développement du cœur. Nous nous proposons de ne toucher pour ainsi dire que le côté le plus intéressant de la question au point de vue des anomalies : le cloisonnement du cœur et la division du bulbe aortique.
« C’est en effet par l’étude de lanatomie et du dévelop- « pement du cœur que Rokitansky cherche à expliquer les « malformations de cet organe (Rokitansky : Defecte der « Scheidewände des Herzens, 1875).
« Il s'engage dans une voie que lui avait déjà tracée « Lindes, en 1865.
« Rokitansky a découvert le processus qui fait dévier « l'ouverture de l'aorte dans le ventricule gauche en l’éloi- « gnant du droit où elle s’abouchait d’abord : telle est la « base de sa nouvelle théorie.
« I] divise les malformations congénitales d’après lab- « sence des cloisons, non qu'il voie là précisément lorigine « première des malformations, mais bien parce que le défaut « de septum accompagne normalement les vices de con- « formation et que, par sa nature, sa position et son éten- « due, il peut aider à comprendre les autres anoma- « lies. »
Lite
Chez un embryon de poulet, après quarante heures d’incubation, le cœur est constitué par un tube rectiligne en connexion en arrière avec les deux veines omphalo-mésentériques, el émetiant en avant les deux arcs aorliques.
Vers le quinzième ou le dix-huitième jour, sur un embryon humain, ce tube se recourbe en S, de sorte que la portion veineuse remonte en arrière du bulbe aortique. À ce moment le cœur est composé des parties suivantes : audessus de l’abouchement commun des veines omphalomésentériques, on voit deux saillies hémisphériques qui conslitueront plus tard les auricules; puis une partie rétrécie, le canal auriculaire, les rejoint aux deux renflements principaux, le ventricule gauche et le ventricule droit, séparés eux-mêmes par un léger rétrécissement ; le tout se termine par le tronc commun des artères.
L’accroissement ullérieur amène une prédominance de volume des ventricules.
Sans insisier davantage sur ces points, examinons immédiatement le cloisonnement du cœur, considéré comme cavité unique : 1l se forme un repli semi-lunaire qui part de la partie postérieure et inférieure des ventricules. Là concavité de ce repli regarde en haut vers l’aorte et l’oreillette. Sur des embryons humains, ce septum a atteint son développement vers la septième semaine, de sorte que les ventricules communiquent dès lors avec les oreillettes par deux orifices distincts.
Pendant que se forme le septum ventriculaire, on voit le tronc artériel se diviser en aorte et en artère pulmonaire, mais par uno septum indépendant de celui des ventricules,
jus Pre septum dont Rokilansky ne tardera pas à nous donner la description. -
Quant à la paroi interauriculaire, elle se forme après les deux autres septa.
Passons sur le développement bien connu de cette dernière, pour arriver à la partie essentielle de notre sujet : l'étude du septum ventriculaire.
Il se compose, d’après Rokitansky, de trois parties :
1° Le septum postérieur qui forme une cloison très épaisse en arrière ;
2° Le septum médian ou membraneux (septum membranoceum) ; |
3° Le septum antérieur, qui part de la face antérieure du cœur, pour se diriger vers les deux orifices artériels.
Ce dernier, d’après sa structure anat(mique, se compose lui-même d’une parlie antérieure qui s'engage entre
les deux orifices artériels, et d’une partie postérieure qui
embrasse l’orifice aortique à droite ; celle-ci vient surtout du ventricule gauche et prend une part essentielle à la formation de l’infundibulum de l’artère pulmonaire ; aussi les défauts dans le septum antérieur frappent le plus souvent la paroi postérieure de linfundibulum, qui se trouve ainsi modifié.
Supposons, comme il arrive le plus souvent, un trou dans la partie postérieure du septum antérieur, alors l’infundibulum est privé de ces fibres qui lui viennent du ventricule gauche el ne possède plus qu’une faible bande musculaire provenant du ventricule droit ; la conséquence est l’atrésie de l’infundibulum (deux de nos cœurs présentent celle malformation).
Lavergne 2