Les Poiûfications
Le poème des Btirifications (K^idapixoi), dont nous n'avons conservé qu'un vers, doit avoir été fort caractéristique. Nous ne pouvons guère no^s en faire une idée que d'après les nombreux fragments du poème homonyme d'Empédocle ^ ; il renfermait les révélationç d'un prophète inspiré, apportant aux mortels le salut du corps et celui de l'âme, indiquant les rites expiatoires auxquels ils devaient se soumettre pour effacer la souillure des fautes commises. Peut-être débutait-il par la fiction d'un long sommeil à la faveur duquel le prophète avait reçu les enseignements divins ?
L'ouvrage n'est certainement pas authentique. Il répond à une transformation des idées morales et reli-
* H. ROSCHER, Die Elemente des astronomiachen Mythua von Aigokeros {Flecketsen^ 8 Neue Jahrb., tome 151, pp. 833 s.).
' Pour la loDgue discussion ouverte à propos de cet ouvrage, voir C. HOBERT, Ps. Eratosthenis CataateHsmorum reliquiae, p. 241 s. — 0. Kebn, 0. c, pp. 78 ss. E. Bethe, Untersuchungen zu Diodors rnselbuch, Hermès XXIV (1889) pp. 402 ss.
' BlDEZ, Biographie d'Empédocle^ pp. 139 ss.
gîeuses qaî est postérieure à Ëpiménide. Son auteur appartenait à la secte des Orphiques. Il avait placé dans la bouche d'Épiménide les exhortations que les membres de cette secte religieuse aimaient à faire à la foule *.
Le vers énergique que Saint-Paul nous en a conservé dans sa lettre à Tite (1, 12) ^ Cretois, étemels menteurs, bêtes malfaisantes, ventres paresseux „ est tout à fait dans ce ton de prédicateur. Ce vers imité de la théo* gonie d'Hésiode (v. 26) figurait vraisemblablement au début d'une objurgation virulente que le prêtre crétois, homme sobre et pieux, était censé adresser à des compa* triotes plongés dans la mollesse et pleins de mauvaise foi'.
A côté de ces apostrophes, l'auteur des Purifications recommandait aux fidèles les lustrations, l'ascétisme et l'abstinence de viande, rigoureusement prescrite dans les sectes orphiques.