SCÈNE VI
Les Mêmes, PERSERELLE.
LE BARON, le secoaanU
Parle-doDcI... as-tu eu au moins fesprit de...?
PERSERELLE, arec amertume.
De Tesprit? En accorde-i-on jamais à ceux que le malheur accable ?
LE BARON
Laisse-là ton antienne, et...
PERSERELLE, continuant.
Que l'aveugle fortune a trahis?
LE BARON, haussant les épaules.
Trahis? qu'as-tu donc fait pour la rendre fidèle? Toi qui,, mais ce n'est pas le moment de...
PERSERELLE, de même.
Ah! si j'étais un des heureux de la terre, si j'étais riche, puissant, j'aurais de Tesprit, des talents !... Le monde serait à mes pieds 1... et vous, loUt le premier... Ah ! ah! ma position ne serait plus la môme !...
LE BARON, qui a toujours roulu l'interrompre.
Vis-à-vis de moi, d'abord, car je ne serais plus forcé de
te nourrir, et... (Retenant Cornefert qui a encore fait un mourement
pour sortir.) Ne t'impatiente pas, il va parler, (criant.) Parlerastu, sacripant ?
PERSERELLE.
Insultez-moi I accablez«moi ! c'est dans l'ordre ; ne suis-je pas un vaincu ?
LE BARON
Un vaincu, toi?
PERSERELLE.
Mais il me semble... (Accrochant Cornefert' qui a encore roulu s'échapper.) Monsieur, je vous en fais juge. (Arec une expression
douloureuse.) Sous-Iicutenant à dix-huit ans, j^vais une brillante carrière devant moi. Eh bien, un jour, j'insulte mon capitaine; on m'arrête, on me juge , on me condamne I... et ma carrière est brisée I...
LE BARON
Oh! l'imbécile!... (a Cornefert.) Il ne veut pas comprendre.
Cornefert cherche â se dégager.