‹ Malheur aux vaincus: pièce en quatre actesChapitre 10 sur 79 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LE BARON, surpris.

Cornefert... où vas-tu donc?

GORNBFERT.

Eh parbleu ! je me sauve au plus vite, en regrettant fort d'être venu .

LE BARON

Et pourquoi?

CORNEPERT.

Parce qu'il est bien possible que tes invités d'aujourd'hui soient compromis demain.

LE BARON, pâlissant.

Tu sais donc...?

CORNEFERT.

On ne parle que de cela dans les salons, c^est une panique

générale... (LuI montrant au fond des inrités, hommes et femmes, enve* loppés dans leurs manteaux, et des valets courant.) Et tiens, VOilà la

débâcle qui commence, bonsoir.

U reut sortir.

LE BARON, se posant derant loi*

Voyons, Cornefert!... es-tu mon ami, oui ou non?

CORNEFERT.

Je te dirai cela demain... il faut attendre les événements.

LE BARON, amèrement.

Ainsi, tu m'abandonnes dans le danger?

CORNEFERT, gaiement.

Assurément; vois-tu, mon cher, la devise dés hommes — je l'ai appris cruellement à mes dépens — c'est : Mal" heur aux vaincus I Eh bien, celte devise, depuis que je remue des millions est devenue la mienne. Vœ victisl.,. Tant pis pour ceux qui tombent ! Si demain tu es encore debout, je reviendrai; si lu es tombé, tu ne me reverras jamais. — Embrasse-moi!...

LE BARON, effrayé.

Jean ! je t'en prie, ne m'abandonne pas!... Tout n'est

pas encore perdu, d'ailleurs... (Apercerant Perserelle qui rient de

la droite.) El ticns, voilà mon cousin, voilà ce bon Perserelle!... il vient de là-bas el nous allons savoir... (courant à lui.) Vite réfïonds, que se passe-t-il? qu'as-tu appris r

Il redescend avec lui. — Perserelle a, dans le costume, dans la Toix et dans les manières, du Bertrand, du Robert Macaire et du Vautrin.

12 MALHEUR AUX VAIiNCUS

Page 1