HENRI, CHRISTIANE
HENRI, l'apercevant.
Christiane I me voilà !
CHRISTIANE, très-émue, courant A lui**
Ah ! j'avais peur que Marguerite ne vous rencontrât pas au milieu de cette foiile?
* Henri, Christiane.
HENRI
Qu'avez- VOUS donc ?
CHRISTIANE, qui peut A ptine parler.
Mon ami, mon père est revenu.
HENRI
Revenu?
GHRISTIANE.
Oui, il a échappé à ses gardiens, il a quitté la Russie.
HENRI
Mais c'est un rêve !
GHRISTIANE.
Oh I non, non... ce n'est pas un rêve, et cet homme, je l'ai bien entendu !
HENRI
De quel homme parlez-vous donc ?
CHRISTIANE
Ah ! c'est vrai, je ne vous l'ai pas dit... Venez là, près de
moi... (Elle l'entraîne sur le siège du jardin à droite,) Donnez*moi
votre main, Henri 1 oh 1 que je suis heureuse !
HENRI
Expliquez- moi... i
GHRISTIANE. . |
Oui, attendez... mon cœur bat si fort Ij'étouffe... ,
HENRI
Remettez-vous.
GHRISTIANE, souriant.
C'est passé... Ecoutez donc... je ne sais par où commencer... il faut que je vous dise d'abord que je m'étais enfoncée dans le parc, pour fuir les bruits joyeux de celle fête 1 Peu à peu, je finis par n'avoir plus conscience du chemin que je suivais, ma pensée traversait l'espace et volait vers mon père, que je savais prisonnier, là-bas, dans le pays des neiges 1 Puis elle revenait, à tire -d'aile, vers ce séjour si brillant jadis.
Elle jette un regard du ctté de la Malmaison. HENRI.
Et qu'habitent seuls aujourd'hui le désabusement et la misère.
GHRISTIANE.
Mon âme se déchirait. Et ce furent mes propres sanglots qui m'éveillèrent enfin de cette léthargie douloureuse. Je regardai alors, autour de moi : j'étais sortie du parc et je me trouvais au bas de la colline, au milieu d'un fourré précédant le palais. En ce moment, un bruit de voix vint frapper