‹ Malheur aux vaincus: pièce en quatre actesChapitre 16 sur 79 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

mon oreille ; je tournai la tète et je vis sur la lisière du bois un groupe d^otficiers qui causaient près de leurs chevaux tout sellés et prêts à partir, a Est-il toujours là-bas? demandait Tun des cavaliers. — Toujours, répondait un autre, et, pendant les trois années qui viennent de s'écouler, une fois seulement il a pu donner de ses nouvelles à sa fille I • Quelle est donc celle-là, me disais-je, qui, comme moi, . depuis trois ans, se trouve séparée de son père ? « Pauvre général, dit la voix que j^avais entendue d'abord. Il ne se consolera jamais de n'avoir pas reçu le dernier adieu de celui qui va partir! — De qui donc parlez-vous? demanda alors un autre officier qui venait de pénétrer dans le groupe. — Du général Forestier, fut-il répondu. — Le général Forestier?... mai? je viens de le voir à la Malmaison. » A ces mots, le C3up que je reçus au cœur fût si violent, que je crus que je mourais.

HENRI

Ghristiane !

GHRISTIANE.

Je n'étais qu'évanouie. Quand je revins à moi, tous avaient disparu! Voilà ce que j'ai entendu, Henii! car, je vous le jure, je ne rêvais pas...

Elle se lère.

HENRI, timidement.

Mais si cet homme s'était trompé ?

GHRISTIANE, pasiant à gaache.

Trompé? Non, non, c'est impossible! Dieu n'aurait pas permis qu'on donnât cette fausse espérance à celle qui, depuis plus de trois années a tant pleuré qu'elle n'a plus de larmes! et puis, voyez-vous, Henri, il faut que mon père revienne, car ma place n'est plus ici.

HENRI

Que dites- vous, Ghristiane? Mais votre place est partout otl je suis. On l'a dit.,, et on a eu raison de le dire : l'empereur nous a fiancés, et nous séparer, ce serait lui désobéir !

CHRISTIAN E, tristement.

Hélas! on ne lui obéit plus, Henri.

HENRI

Mais, moi, je lui obéis encore! je lui obéirai toujours! et j'obéirai toujours aussi à la voix de mon cœur, au cri de mon âme I Et si mon père repousse ma prière, eh bien... j'attendrai I dans deux ans, je serai libre !

GHRISTIANE.

Mais songez donc !

i8 MALHEUR AUX VAINCUS

HEMRI.

Avenir, fortune, je perdrai tout peut-être, voulez-vous dire ? Eh bien, qu'importe ?

Le comte est entré; en apercerant Henri et Christiane, il l'arrête et

écoute*

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