ACTE DEUXIÈME
il8 sont partis ce matin à huit heures, et il va être midi... quatre heures de promenade I... Je vous demande s'il y a du bon sens.
C'est beaucoup, en effet!... surtout pour mademoiselle Chrîstiane, qui n'est pas d^une force...
Il s'asseoit* MARGUERITE.
Allez donc lui dire cela, elle vous rira au nez et vous répondra que la force n'est rien et que la volonté est tout ! Et dame, c'est qu'il faut dire comme elle, et ne pas trouver mauvais qu'elle arrive exténuée. Si encore cela ne se renouvelait pas tous les jours !... mais, depuis quelque temps surtout, elle ne peut plus tenir en place une minute, c'est comme qui dirait une fièvre qui la pousse. Elle n'est plus la même 1 c'est-à-dire que, lorsque je l'écoute, je me demande si c'es bien elle !
LE COMTE
Que dit le général de ce changement?
MARGUERITE
Le général ? mais, pour lui , il n'y a pas de changement. Lorsqu'il partit pour la dernière fois , Ghristiane était encore une enfant ! une enfant gâtée ! Et il a retrouvé une jeune fille un peu fantasque, un peu capricieuse, mais charmante; aussi est-il en admiration devant sa fille !... Ça Tamuse de la voir si vaillante I... Ça le change un peu de sa tristesse et de ses souvenirs!... (prâtant roreiiie.) Mais je ne me trompe pas, j'entends le galop des chevaux.
LE COMTE, regardant an fond.
Voici le général et mademoiselle Ghristiane; elle est bien gaie, ce me semble.
MARGUERITE
Oh ! je connais mon enfant, monsieur. Ce n'est pas de la gaieté, cela!... c'est de la souffrance.
De la souffrance ?
MARGUERITE
Oui, oui... je me comprends.
BUe foii.
LE COMTE, à part.
Oh 1 il faut que je sache aujourd'hui ce que Ghristiane a dans Tâme.
Forestier entre, en costume de cbeyal.