SCENE II
Les Mêmes, FORESTIER, CHRÎSTIANE.
FORESTIER, Venant au comte*.
On vient de me dire que vous étiez là ; merci de nous avoir attendus.
Il lui donne la maio.
LE COMTE
Qu'avez-vous donc? il me semble que vous tremblez?
FORESTIER
Vous croyez ?... Ah bien, ma fille ne tremble pas, elle, elle ril!
CHRISTIANE, qui est entrée, continuant à rire.
Il y a bien de quoi, je pense. Je viens de faire une si curieuse découverte. (Donnant la maî.i au comte) Monsieur le COmtO,
je vous signale le général Forestier comme ayant usurpé sa réputation; c'est un faux brave 1... aujourd'hui, il a eu peur.,.
FORESTIER
Moque-toi de moi, méchante !
CHRISTIANE, de plus en plus nerveuse*
Oh ! c'est que cela me semble si drôle !
LE COMTE, riant, et avec compassion.
Ainsi, mon pauvre ami. ..
' FORESTIER
J'ai eu peur, c'est vrai ... pourquoi le nierais-je, puisque cela est vrai?,,.
CHRISTIANE
Et qu'il y avait un témoin d'abord.
Le comte éclate de rire, FORESTIER, gaiement.
Oui, oui, elle a raison. J'étais un faux brave! et je sais maintenant à quoi je devais ces mouvements de témérité qui me poussaient jadis en avant !... c'est bien simple! à chaque bataille, mademoiselle m'apparaissait souriante et me tendant les bras au delà des nuages de poudre ; et je passais au milieu du feu pour aller la rejoindre, voilà tout.
* Le comte, Ghristiane, Forcsiier, Marguerite, au fond.