‹ Malheur aux vaincus: pièce en quatre actesChapitre 25 sur 79 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

CHRISTIAN E, l'étreignant dani les bras.

Oh ! cher père !

Mais enfin, mademoiselle, qu'est-il donc arrivé ?

CHRISTIANE

Eh I mon Dieu I monsieur, ce qui peut arriver tous les jours en forêt. Après avoir déjeuné au pavillon de chasse, nous nous étions remis en roule ; et nous galopions depuis dix minutes environ, quand tout à coup quelque chose comme un sifflement se fit entendre à nos oreilles... une balle venait de passer entre mon père et moi 1

LE COMTE

Une balle ? *

MARGUERITE

Ah ! mon Dieu I

CHRISTIANE

Quelque chasseur maladroit ! un braconnier peut-être*?

FO RESTIER.

Je le saurai I je provoquerai une enquête... J'ai un indice !

LE COMTE

Un indice I lequel ?

FORESTIER

La bourre que j'ai ramassée !

Il déploie le papier, tocs deux l'examinent.

MARGUERITE

Ma pauvre petite Christiane I si pourtant on vous avait tuée?

CRISTIANE, fiévreuse et sombre et comme à elle-même.

Eh bienl... quel plus bel adieu à la vie que celui-là? on se lève le matin, le soleil est radieux ! la journée s'annonce toute pleine d'heures charmantes ! On fait des projets ! On est heureux ! Et, avant que les déceptions soient venues, avant que les illusions se soient effeuillées une à une, un hasard... un rien... une balle perdue, et...

Elle s'arrête en rojant son père qui s ost rapproché pour l'écouter . FORESTIER, avec un douloureux étonnement.

Tu me quitterais donc sans regret, toi ?

CHRISTIANE, ayec une rive émotion .

Oh ! que dis-tu là ! mais tu ne vois donc pas que je plaisante ? je fais la vaillante, comme cela, parce que le danger

* Marguerite, Christiane, le comte, Forestier. ** Christiane, Forestier, Marguerite, le comte.

est passé I (actenrat us larmeff.) Ne le fais pas de chagrin, entends-tu? encore une fois, c'était pour rire !

MARGUERITE, «a fond.

Ah ! mon Dieu I

FORESTIER

Quoi donc ?

MARGUERITE* qui tient U ehapean de Chriftiane.

Voyez! voyez ! la balle a traversé ce chapeau.

Forestier poaiie nn cri et l'élanoe yen m fille» FORESTIER, tremblant.

Ma Ghristiane I ma fille I

GHRISTIANB.

Calme- toi!... calme-toi! oh! quel grand enfant tu fais! (Riant forcément). Je ne te Sortirai plus !

FORESTIER

Embrasse-moi I embrasse-moi !

GHRISTIANE. fièTreoee.

Oh ! que je t'aime I (Au comte.) Nous sommes bien ridicules, n*est-cc pas? mais c'est fini! Atout à rheure, père... (ao comte). Vous permettez ? Viens me déshabiller, Marguerite!

(Arrirée prèf de la porte, elle regarde la trace laissée par U balle ; à port, arec nne expression indéfinissable.) Il s'CU fallait de si pCU * ! Bn Tojant Forestier qui la regarde, eUe Ini enroie un baiser et sort

ayee Marguerite

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