‹ Malheur aux vaincus: pièce en quatre actesChapitre 32 sur 79 · FORESTIER, CHRISTIANE · texte numérisé non relu

FORESTIER, CHRISTIANE

CHRISTIÂ?{E, à paît.

M. Perserelle, ici!... qu'y vient-il faire?... (Allant au gtoAral.) Qu'avez-vous donc, mon pore?

FORESTIER

Je te donne en cent pour le deviner. Ta ne sais pas?... M. Perserelle qui vient de demander ta main !

CHRISTIANE

Et... que lui avez-vous répondu?

FORESTIER, saisi d'une idée.

Que je craignais que lu nV^usscs le mauvais goût de lui préférer quelqu'un qui, de son côté...

GHJAISTIANE, très- calme, toujours.

Qui donc ?

FORESTIER, se lerant.

Oh I j*ai dit le premier nom venu... celui du comte de Mâlnoé...

CHRIST lAMË, allant à la table A droite.

Il élait mal choisi, M. de Malnoé ne pense pas à moi.

Pendant ce qui suit, elle met, en manière de contenance, dans sei chereux une des fleurs du bouquet.

FORESTIER

Il y pense bien au moins une fois par jour, à l'heure ^ù il t'envoie sa moisson de fleurs, et toi, tu penses peut-être

à lui, pendant la minute où tu juges à propos de parer tes cheveux de...

Christianei sans rien dire, se dispose à ôter U flenr de ses chereax. FORESTIRR, l'arrêtant.

Que veux-tu faire?

GHRISTIANE.

Oter cette fleur, mon père 1

FORESTIER

Attends encore. (Tout doucement.) Ghristiane, M. le comte de Malnoé me disait à l'instant qu'il serait bien heureux de te consacrer sa vie... (luI Uchant u main.) Fais parler la fleur, maintenant !

GHRISTIANE, ôtant tranqniUement la fleur et la remettant dans le

Tase.

G*est le jour des demandes, à ce qu*il parait.

FORESTIER, qui a compris le jeu de scène,

Ainsi, tu n'aimes pas le comte?... Pauvre Malnoé I... (soence.) Tu ne peux pas Taimer?... tu as le cœur libre cependant... tu me Tas dit.

GHRISTIANE, luttant tout le temps.

Oui, je vons l'ai dit, mon père, et je vous le répète.

FORESTIER

Eh bien, alors?...

GHRISTIANE.

Vous avez donc bien hâte de vous débarrasser de moi ?

FORESTIER

Oh I Ghristiane I parce que je songe à ton avenir !

GHRISTIANE, froidement.

Je ferai ce que vous voudrez, mon père... mais plus tard. En attendant, parlons d'autre chose, voulez-vous?

Elle prend une broderie et s'asseoit è droite. FORESTIER.

Soit! (a part.) Oh I il faudra biea qu'elle se trahisse ! (Haut.) Voyons, de quoi pouvons-nous parler ?

GHRISTIANE, arec une fausse gaieté.

En sommes-nous là?... Mais. .. parlons de l'orage d'hier, de notre promenade de ce matin, de la visite que vous avez

reçue tout à l'heure. (Après aroîr bien affermi sa Toix, poi\r dissimuler

son émotion.) Ge monsieur arrivait de Paris, sans doute. N'en a-t-il apporté aucune nouvelle ?

FORESTIER, frappé d'une idée ; a part. ,

Elle parlera I (Jouant l'indifférence.) Attends donc! quem'a-t-il dit déjà, cet original, en dehors de...? Ah! rien de bien important... que le baron de Feuille était de plus en plus en aveur.

Chrisliane, qui traraiUe A une broderie, ne bouge pas.

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