ACTE DEUXIÈME
LEMBULET.
En notre nom, général!
FORESTIER
Vraiment! (Ramant.) Mais votre affaire est entièrement faite à ce que je Yois.
LBMEULBT.
Ab ! yons savez, général, quand on a de l'ordre, de Téconomie...
FORESTIER
C'est bien. Or donc... messieurs les capitalistes, an cas où je serais disposé à traiter avec vous de mes terres d*Origny, quel prix m en offririez-vous?
LEMEULET.
Oh ! général, nous ne voudrions pas finasser avec vous.
FORESTIER
Je vous demande votre prix !
LEMEULET.
Soixante mille livres !
FORESTIER, froidement.
Etes-vous fou?
LEMEULET.
Les enchères n'atteindraient pas ce prix-là, général, je vous en préviens.
FORESTIER, te lerant.
Prenez garde, maître Lemeuley, votre folie frise l'imprudence.
LEMEULEY, se lerant anui.
On voit bien que M. le général n'a pas visité ses propriétés depuis longtemps.
FORESTIER
Eh bien, après?
LEMEULET.
Le temps fait bien vite des ravages, allez, général. Nous avons lutté cependant de toutes nos forces contre lui, M. Bouquenoi et nous, comme vous le pourrez voir par les sommes payées aux ouvriers de toute sorte ; mais rien n'y a fait et, à cette heure, le château et les bâtiments de ferme sont dans un bien triste état.
FORESTIER, souriant.
Vraiment, et IesmouIins?...Ilsne tournent plus sans doute.
LEMEULET, arec un soupir.
Hélas I les moulins ont été enlevés par l'inondation de Tannée dernière !
FORESTIER, même jeu.
Très-bien f^ VOUS dépréciez fort habilement la marchandise» maître Lemeuley; par malheur, si vous savez acheter, les autres savent vendre. Vous pouvez tous retirer.
LEMEULEY.
C'est votre dernier mot, général?
F ORESTIER.
Mais, monsieur le plaisant, la forêt du Hallier, à elle seule, vaut le prix que vous osez offrir de la propriété tout entière !
LEMEULEY, lui doonant un papier.
Voilà qui pourra peut-être, général, vous enlevef quelques unes de vos illusions ! *
FORESTIER
Qu'est-ce que cela?
LEMEULEY.
Une copie de l'acte de vente de la forêt en question.
FORESTIER
On a vendu la forêt du Hallier ?
LEMEULEY, très-doucement.
Pour la sauver de Tincendie, cette suite de Tinvasion.
FORESTIER, qui a porcoura le papier.
Dix mille livres ! On a vendu la forêt du Hallier dix mille livres I
LEMEULEY, de même.
Vous voyez, général.
FORESTIER
Je vois que mon gérant est un coquin qui 8*est entendu avec les marchands pour dissimuler le prix de vente.
LEMEULEY.
Je ne sais pas, monsieur I
FORESTIER
En êtes-voHS bien sûr ?
LEMEULEY, sans répondre.
Puisque vous repoussez mes propositions, général, je n'aurai plus qu'à me retirer quand nous aurons établi notre petite balance.
FORESTIER
Plalt-il ?
LEMEULEY, lui donnant un autre papier.
J'ai fait des déboursés considérables comme vous pourrez le voir, et, puisque votre notaire de Vervins a refusé de payer dans ces derniers temps...