SCÈNE VI Le comte, ESTELLE, puis PALMYRE
Madame de Maurieime est en grande toilette, le comte loi donne le brai Ilf entrent de droite. Eftelie boite légèrement*
LE COMTE, à Estelle qui semble marcher arec peine*
Appuyez-vous sur mou bras, ma belle la Yallièrel
ESTELLE, le comte loi présente une chaise qu il arance derant
la table de droite*
Maudit verglas I maudit faux pas I C'est la Vestale qui m'a porté malheur I très-certainement. Ce que c'est pourtant que le mauvais exemplel (Regardant autour d'eUe.) Mais où sommesnous donc ?
LE COMTE, lui montrant les gargons endormis.
Dans le palais de la Belle au bois dormant pour le quart d*heure, quart d'heure pendant lequel on pourra chercher et retrouver votre carrosse.
ESTELLE
Moi, dans un pareil lieu I ah ! c'est bien votre faute, par exemple I Vous aviez l'air si malheureux dans votre fauteuil. J'ai eu pitié -de vouS; moi, j'ai voulu vous distraire et je vous ai prié de m'emmener t
LE COMTE, riant.
Ajoutez que vous brûliez du désir de connaître cet Olympe en goguette que l'on nomme le Palais-Royal.
ESTELLE
C'est vrai* (Riant.) Cest drôle, la vie 1 Mais que je vous regarde donc un peu t II me semble qu'il y a dix ans que je ne vous ai vu*
LE COMTE, s'assejant.
A propos I Pourquoi donc ne vous a-t-on rencontrée nulle part depuis ?...
ESTELLE
La nuit des adieux ! Ah I c^est que le lendemain même, mon cher comte, je suis allé m'ensevelir au fond de TEcosse. Quelle vie! cinq mois de solitude. Ma foi, j'ai trouvé que si j'avais commis des fautes, je les avais, par cet exil, suffisamment expiées. Alors, je me suis donné Tabsolutioa, j'ai fait mes malles, et me voilà I
LE COMTE
Que faisiez-vous donc là-bas ?
ESTELLE
Je vous oubliais, monsieur. (Le comte se 1ère et remet sa chaise
près de la table da mUieu.) Oh ! à cotte heure que tout ost fini et aucune barrière insurmontable nous sépare, je puis bien vous 1 avouer... (oiangeant de ton.) Vrai, coDote, je vous aimais follement t
La comtesse, en disant ces mots, a passé dorant le comte* ' LE COMTE.
Soyez tranche. Vous ne m'avez pas tout à fait oublié ; tout à l'heure votre bras tremblait.
ESTELLE
Tiens, j'avais cru que c'était le vôtre.
LE COMTE
Eh bien, oui, je l'avoue, tout à Theure mon cœur a bondi au contact de ce bras charmant qui effleurait ma poitrine, et le son de votre voix m'a rappelé la chanson d'amour trop vite interrompue I
E s T E L L E f troublée, se remettant tout à coup.
Le lieu est mal choisi pour un nouveau couplet;
LE COMTE, très-bas.
Oui, VOUS avez raison... Eh bien, demain...
ESTELLE, faiblement....
A quoi bon ?
LE COMTE, bas et snppUant.
Estelle I (Moment de silence. Palmjre est rentrée. En apercevant madame de Maorienne et le comte, elle s arrête et éooute sans être me.)
Est-ce promis ?
ESTELLE, de même.
Mais la barrière insurmontable ?...
LE COMTE
Que vouliez-vous donc dire tout à l'heure ?
ESTELLE
N'ôtes-vous pas marié ?
LE COMTE
Moi?... mais noni
ESTELLE, étonnée.
Ëh.bien, et... Christiane?...
LE COMTE
Mademoiselle Christiane !... Elle épouse dans un mois le fils du baron de Feuille.
ESTELLE
Vous avez donc été repoussé ?
LE COMTE
Je n'ai pas été accueilli .