‹ Malheur aux vaincus: pièce en quatre actesChapitre 59 sur 79 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Les Mêmes, FORESTIER.

FORESTIER, è André.

M. Duplantier est ici, m'a-t-on dit ?

ANDRÉ

n n'y est plus, monsieur, mais il doit revenir.

LE COMTE, <ini s'est instaUé derant une table, releyant la tète. Eh bien, André ? (Apercerant Forestier et allant à lui J Lc général 1

de retour ! Vous cherchez 'quelqu'un *** ?

FORESTIER, lui donnant la main.

Oui, Duplantier, et puisque vous voilà, je Tattendrai en votre compagnie.

Il se laisse tomber sur un siège.

LB COMTE

Vous semblez brisé de fatigue ?

André, le comte.

Le comte, André.

*** André, le comte, le général.

68 MALHEDR AUX VAINCUS

FORESTIER, fiéTreiui«ment.

Je le suis en effet.

LE COMTE

Etes-Yous venu de là-bas tout d'une traite ?

FORESTIER

Ma foi, à peu près 1 (André apporte des flacons qu'il dépose sur la

table è gaache.) Et tenez, depuis vingt-quEtre heures, je n'ai rien pris !

LE COMTE

Mais alors, André va sur-le-champ...

FORESTIER, l'arrêtant.

Non, c'est inutile I Je ne saurais... j'ai la fièvre... un verre d'eau seulement !

LE COMTE, è André.

Tu entends? (Regardant Forestier.) Mais qu'avcz-vous donc, général ? *

FORESTIER, s'efforcent de sovire.

Je n'ai rien... rien du tout... Mais... dites-moi 1... ma fille?...

LE COMTE

Elle est à TOpéra, avec le baron de Feuille et...

n s'arrête.

FORESTIER, éma.

Elle s'amuse ! tant mieux ! (Lui serrant eonyalsiTement le» mains.)

Ah I je suis bien heureux de vous revoir, allez I

André a apporté une carafe d'eau. Forestier se Terse. LE COMTE, l'empêchant de boire.

Oh ! quelques gouttes de kirsch, au moins !

FORESTIER

Hein? oui... comme vous voudrez...

LE COMTE

Voyons, un semblable trouble... 11 vous est arrivé quelque chose.

FORESTIER, ayec un rire forcé.

Mais non... ma pâleur... cette surexcitation viennent uniquement de ce que j'ai l'estomac vide... et le cœur plein...

n a yidé son Terre.

LE COMTE, ayec chaleur.

Allons ! confiez-moi vos ennuis, cela vous soulagera toujours un peu.

FORESTIER, luttant.

Mais je n'ai rien, vous dis-je, je vieillis, voilà tout ! (u s*est reieré, de plus en plus ému.) Mais parlons de VOUS, d'abord!...

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