LES INDUSTRIELS
« Soignons nos revenus. Alerte au gain ! Ce monde est une forêt où chacun est occupé de dépouiller son voisin. Vous entendez bien ce que disent les savants, ce que répètent tout bas les politiques , ce que chantent les artistes. Nous sommes les plus sensés, nous qui son-
geons au gain , et qui ne connaissons pas d'autre Dieu. »
Damnation donc sur l'Humanité, puisque politiques, savants, artistes, industriels, sont encore ce genre humain stupide que les poètes nous représentent en proie aux terreurs de Ja mort :
O genus aUonitum gelidae formidine morlis !
L'ETangile.
Mais voici le Christ qui ne craint pas le naufrage, car il s'avance vers ses disciples en marchant s}ir les flots. Le miracle de la multiplication de la subsistance par la communion, par l'association , par le retour à l'unité , est le miracle perpétuel de l'Evangile. Or l'Evangile est la figure de la vérité et de la vie. Comme Noé , l'ancien réparateur du monde, Jésus se retire dans une barque, et plane sur les ruines de ce monde où les hommes s'étouffent et s'entre-dévorent.
« Et Jôsus se retira de là dans une barque, en un lieu écarté, à part. Et quand le peuple le sut, il sortit des villes, et le suivit à pied. Et Jésus étant sorti de ia barque vit une grande mulliiutle, et il fut ému de compassion envers eux , et guérit leurs malades. Et comme il se faisait tard , ses disciples vinrent à lui ,
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et lui dirent : « Ce lieu est dc'sert et l'heure est déjà avancée; renvoie ce peuple, afin qu'ils aillent dans les bourgades, et qu'ils y aclièteiit des vivres. » Mais Jésus leur dit : « Il n'est pas nécessaire qu'ils y aillent ; dc-nnez-leur vous-mCincs à manger. » Et \h lui dirent : « Nous n'avons ici que cinq [)ainset deux poissons. » Et il leur dit : « Apportez-les moi ici. •> Fâ après avoir commandé que le peuple s'assît sur riierhe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les mains au ciel, il rendit grâces; et ayant rouîpu les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent au peuple. Tous en mangèrent, et furent rassasiés; et on emporta douze paniers pleins lies morceaux qui restèrent. Et ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille hommes, sans compter les femmes et les petits enfants. Aussitôt après, Jésus obligea ses disciples d'entrer dans la barque et de passer avant lui de l'autre côté, pendant qu'il renverrait le peu|ile. El aprè> ([ii'il l'eut renvoyé, il monta sur une montagne, pour être à part, afin de prier; et la nuit étant venue, il était là seul. Cependant la barque était déjà au milieu de la mer, battue des Ilots; car le vent était cont.'-aire; et à la quatrièn}e veille de la nuit , Jésus alla vers eux , marcliant sur la mer. Et ses disciples le voyant m^u*cher sur la mer, furent troublés; et ils dirent : « C'est un fantôme; » et de la frayeur qu'ils eurent ils s'écrièrent. .Mais aussitôt Jésus leur parla et leur dit : <i Rassurez-vous ; c'est moi , n'ayez point de peur. » Et Pierre, réponda'U, lui dit : « Seigneur, si c'est toi, ordonne que j'aille vers toi en marchant sur les eaux. ■> Jésus lui dit : « Viens. » El Pierre étant descendu de la barque , marcha sur les eaux pour aller h Jésus. Mais voyant que le vent était fort; il eut peur, et conune il commençait h enfoncer, il s'écria et dit : « Seigneur, sauve-aioi. » Et iucouti-
ET LES ÉCONOMISTES. I6f
nent Jésus élendil la main et le prit , lui disant : « Homme de peu de foi, pourquoi as-iu douté? » Et quand ils furent entrés dans la barque, le vent cessa. Alors ceux qui étaient dans la barque vinrent et l'adorèrent, disant : « ïu es vêritahlem;>nt le fils de Dieu. » Et ayant passé le lac, ils vinrent dans le pays de Génézareth. Et quand les gens de ce iieu-lk l'eurent reconnu, ils envoyèrent par toute la contrée d'alentour, et ils lui présenièrent tous les malarles. Et ils le priaient qu'ils pussent seulement toucher lo bord de .son habit; et tous ceux qui le louchèrent furent guéris '^1). »