SCÈNE VII.f
XES PRÉCÉDÉES , M. DUBREUIL , entrant par la droite.
DUBREUIL, tenant à la main une lettre ouverte qu’il referme; à Malvina.
Ah .' te voilà ici?. .
MALVINA
Oui , mon père . . . j’étais venue pour savoir . . . pour m’informer . . .
DUBREUIL
C’est bien, mon enfant. . . c’est très- bien. . . il faut que des maîtres de maison veillent à ce que rien ne manque à leurs hôtes.. . c’est pour cela que je venais.. . et, en même tems , pour causer avec Arved d’une lettre qu’il vient de m’envoyer par Catherine. . . Je l’attendrai ici. . . que je ne te retienne pas. . . va au salon , où nous attendons ce soir un grand monde; car nous avons un bal pour célébrer le retour de mon neveu. . . et ce bal-là, je l’espère , ne sera que le prélude de celui de tes noces. {Pendant qu’il va s’asseoir près de la table à droite, Barentin sort doucement du cabinet à gauche .)
BARENTIN , bas à Malvina.
Vous voyez qu’il n’y a pas de tems à perdre . . . parlezlui , c’est le moment ... (// sort par la porte à gauche.)
MALVINA, timidement.
Mon père... j’aurais voulu vous dire... vous demander... mais je ne sais. . . je n’ose. . .
DUBREUIL
C’est donc un secret . . .
MALVINA, tremblant.
Oui , mon père.
. DUBREUIL, souriant.
Voyons, mon enfant; voyons ce que c’est. . . eh bien ! te voilà toute tremblante ; c’est donc bien terrible?
Air de Colalto.
Tous tes chagrins , tous tes secrets ,
Sont les miens; va, crois-moi, ma chère ;
Le malheur n’atteindra jamais L’enfant qui cherche abri dans les bras de son père.
Ta confiance est, hélas! mon seul bien.
Et d’un vieillard exauçant la prière ,
Ce que tu fais pour le bonheur d’un père ,
Le ciel le fera pour le tien.
Allons , dis toujours. . . eh bien ? qui est-ce qui vient là? Marie. . . et M. de Barentin. . .