SCÈNE PREMIÈRE
Un Domestique, MADAME HEIMAN, FIEHKE
LE domestique. — Non madame. Madame -est toujours souffrante. Elle ne va pas mieux, elle n'est pas descendue de sa chambre, depuis que madame est venue à cinq heures... Mais si madame veut que je la fasse prévenir ?
MADAME heiman ET PIERRE. Non, non.
Et monsieur?
LE DOMESTIQUE. — Monsieur vient de sortir. Mais pas pour longtemps. 11 est allé fumer son cigare dans l'allée des Ormes, probablement... ou du côté du réservoir... 11 ne sera pas long.
MADAME heiman. — Mademoiselle?
jLE domestique. — Mademoiselle est cou-
chée à cette heure-ci et d'ailleurs mademoiselle n'est pas descendue de sa cliambre non plus, depuis cinq heures...
madame heiman. — Alors, monsieur a dîné seul ?
le domestique. — Oui, madame. Il est resté un peu auprès de madame avant le dîner, et encore, non, je me trompe... puisque j'ai entendu la voix de monsieur qui lisait dans son cabinet,
madame heiman. — Comment qui lisait?
Puisque La lecture n'a pas eu lieu ?
le domestique. — Oui, mais j'ai entendu monsieur qui disait comme ça : ce Puisque personne ne veut m'entendre, je vais lire à Neyt ! » Alors il a enfermé la chienne avec lui, et il s'est lu tout seul.
pierre. — Je le reconnais bien là!
madame heiman, riant. — Bien, bien !
Nous allons l'attendre ici. (Le domestique sort. A Pierre, en s'asseyant.) Ah! ça, m'expliquerez-vous maintenant, blague à
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d'ûîi éqiiateiir q^uéïcoh'qité et comméiit vous débar(jii'éz, lé même jour, ùhéz màv, sans crïêt garé, lé pl'ifé n'àlti'reHément du mondé... d'àlis M ca'rrïolé d'ù père B^'ugéP... revêtu (^b cet â!ào¥àl3lé pétil^' complet a.méri'câi'îl... EH'é éd Wïrï^l..^ C'eèt ce Jt^T s'^fiëÉè fïê^'réï' sbè l^étit effet!...
pi^Rnï:. ^=- J'é fré rn'ê i^iris p^ |)tètyè WÀè effiéé, je x^ôlife 1^^ répété..-. F'<!m'fq^u^6i A'ê i^ôttfé'z-vo'Us pus Trié croifé?... Vôtfè i'gnorâncé 'iéâ choses à'drainistrativé^ rfté i^àvît... L'a yc/rtâ bîèn l'a France!.., Pauvre î^fàft'cè!... îM dérn'ièïe l'évêfe rié ^ê f ait ji^ âèitté tous tes pàj^è dû mondé a six }îë\:lrëk du soir. Il A'y a pas qu'à jeter ik lettre, èrac, d-ans un palriïîër, êii passant... pàlmîèrr vôtts sàvé^ c'è q^l c'èè^^ qu'un palmier?... k là b'ôM'e Mtirë!... En Wriê, chère fête, ^n'ôn pétrt tre§ feîén jeter tiriè lettré lè ftindi, pnr èxéftiple, se décider à partir dans le cbiirànt de la sèitiâ!iiié, é't faire !ë vdjûgë, lé lundi suivant, en ^a^tféto, par lè ftiMte coùfriër c^ttô ladite lettré. Avëz-vôus éottpitîs ibiàî-tiiëttatit ?
n'iÂiDAïCte ïïfeïMAN. — Mail. C&st ëbsctir.
piÈRRi:. — Je irié sdis ^étë dans lè traih dû Hâvfe, immédiatement, àû débdtté... et ^ là ,^îi,'rè de Saint-Meilhàtt, Côitimë je vbûs l'ai dit, l'honorable individu que vous appelez Baugé a bien voulu me cbnduire chez vous... Oui... 11 commençait à faire trop chaud là-bas, et puis il est urgent que je me rende à Londres... Car je suis devenu extraordinaire, vous savez!... J'ai dés intérêts dans l'Achanti-Goldlields Corporation!... Je suis de deux commissions techniques!...
MADAME HEIMAN. Vousi... C'cst à Se
tordre!... C'est drôle comme quand les peintres coupent leurs cheveux pour le régiment !
PïERiiE. — Eh bien, il faudra vous y habituer .
MADAME HEIMAN. — Jamais ! je vous en préviens!... Je ne vous prendrai jamais au sérieux comme homme d'affaires!... C'est égal! Vous ici !...
PIERRE. — Oomnie ma petite visite a l'air de vous abrutir, ma chère aniîe!...
MADAME HEIMAN. — Un pCU.
PIERRE. — Malgré que je trouble un délicieux tête-à-tête avec M. de Chelles, vous ne m'en voulez pas d'être descendu chez vous?
MADAME HEIMAN, — Il u'aurait jilus inàn- 4^116 ^\\e vous tombiez ici !
PIERRE. — J'ai plus de tact... Pourquoi me dites-vous çia?...
MADAME "iiEiiSAN. — Ah! paTce qû'è!... (A part ) Je ne saîs plus que lui dire, inoi... (Ê.àui.) Ecoutez, vous revenez de Pontoise.
'pierre. — Non, de plus loin.
^MAflAîte fiEiMAN. — En l'occasion, c'eSt arriver de Pontoise... On ne vous a plus revu, s'il m'en souvient, voyons... depuis la imesse de mariage... Malin, va!
PIERRE. — Quoi ?
MADAME HlEiMan. — iRien. Vous pensez '^iéh %ue depuis lors îi a •dû se passer dès
. Vo*
votfô êtes
votre
c'est là!... oui,, ce petit para-
Je m'en dou-
qu oh s amuse
éîitt^s', n^M^brfé qfiiià?;-.-. jHài^ éeé ciiosêsl.- SeûleMeiit cbm'mfe ^àW éft' ê^^ resté à Ica messe dié niafia'^e, V'ô\ié céni^^è'riezv éè serait trô^ tog d'ê \^oûs' mettre a^ti^ éo-'iif à^t! !.-. . €''ést mênié piÔû¥q'iioi j'ai p>¥^é^éré vé\\^ ti*afher desuite chez les Bèssand^..-. M?a foi, je réserve ïè |>a<5['uet à Isa belle !
^lÉRïRÉ. — Odettéy W^ dé' git^è\ Mu,.
an fond... ÉBê vô*iïs e^jylïqiùef'a.
t'fÊt^tiÈ. — Voiïs rn'avez Mit rétfcèntîès âoM exàspérî^nt-e^, e% d'u'ûê discret îoTfi bien pét MWé'iîté!
MADAïUfè BfRÎïrfÀîij, WUfiaiê. -^ M^n.
prétexte de retour?..-.
piEi^îRlÈ. — NcyA, jfe fëidÈ, jnfè... t/'éternelle^ tentation du pafs^é rè'a fait obtit^wèr la route,, votts ïè tdfët. Mais je ti'M pàÊ le ccëur d'dlyïttpio. {îîefjdféMtî la pUeé.) AlOrs, c'est là?
MADAME HÈÏMAN. 7^ Oui,
c'est là cet endfoît délicieux...
dis !... la m«igOh de la joife !...
PtÊRRÈ. — N'est-ce pés?...
tèis.
ilîADAiJft: #Ei«tAN. — Ah! ce ici ! vons he vtiùs eh faites pas une idée... Et, en passant, je vous remercie, de tout cœur, de m'aVoir ces gèris-là... je m'en féliciterai toute ma vie!... Chaque jour est un jour d& fête... de bamboche... A ce point que samedi, moi' aussi, je boucle mes malles... et vais reprendre mes quartiers d'hiver au plus vite... Oh! Pierre, attendez-moi jusqu'à samedi... partons ensemble... emmenez-moi à Londres!... Ce serait si gentil d'aller faire un petit peu la fête ensemble!...
pierre, nerveux. — Voyons, qu'y a-t-il,. Odette, qu'y a-t-il, décidément? Ne plaisantez pas.
MADAME tiEiMAN, lui prenant le hras. — Ecoutez, je crois que je ferai bien, tout de même, de vous mettre un peu au courant, sans quoi vous risquiez de he pas très bien comprendre!... Vous voyez oe point rougelà-bas... au bout de l'allée?
PIERRE. — Oui, c'est une lanterne.
MADAME HEIMAN. — Non, fc'est Uè'orgés qui fume son cigare.
PIERRE. — Non, c'est une lanterne.
MADAME HEIMAN. — Nou, c'est G^eorges... Allons à sa rencontre. Et, oe faisant, je vais Vous révéler les choses essentielles, pour quevous puissiez ensuite... voter de vos propresailés,
PIERRE. — Vite. Vous me faites moiM-ir à petit fèu...
Ils sortent.
LA voik DE MADAME HEîMAN. — Et au tournant de l'allée, je vous quitte... oh! je vousjni^e bien q'ue si... il faut d'abord que .j'aille vous sortir des couvertures de laine...
Les voix se perdent. ïia scène reste vide. iDe derrière le piano où elle était blottie et cachée , ort
L'Enchantement
voit surgir Jeannine. Elle est en petite camisole de nuit, les cheveux dans le dos. Elle court vite à la porte p,ar 9^1 vie^fient de pj^rtir Pierre •et M" Heiman.