‹ Maman ColibriChapitre 22 sur 120 · AVEC GK TABLIER DE POUPÉE · texte numérisé non relu

AVEC GK TABLIER DE POUPÉE

et votre pas sur le sable... Bonjour. Geo... Vous ne savez pas ce que je fais?... Et d"aix)rd. ne suis-je pas gentille, hein, avec ce tablier de poupée ?

GEORGET. — Voiis ave? Tair Louis XV.

ihLnt. avec une grimace. — Horreur! Voufi ne savez pas c-e que je fais?... Des pralines... des pralines à la rose, une recette à moi ; c'est délicieux. Si vous êtes sage, votis en anr^z... {à^Ue en iire vne de lu poche de toNier et la croque.) Xe vou» imaginez pas qiie c'eist à la cuisine que j'of)ère. Je fais ça sur une lampe à esprit de vin : et je tourne. je tourne... Je dois être toute rou^e.

GEORGET, montre h rrthai\ de son chapeau. — Pas tant que mon ruban!...

IRÈNE, croquant une seconde praline. —

— C'est vrai, vous avez un petit genre balnéaire, mon cher... {Elle fait claquer sa Langue.) Ça vous va très bien d'ailleurs. Je ne vous fais pas souvent de compliments, mais quand je m y met,sl... A part vos gants... ils vous aveuglent '... Des gants blancs, à quatre heures, à la campagne? Georget vous êtes fou !

(^ORGET. — On a une manière de me dire mes vérités dans cette maison !

iss^E. — Dieu, que j*ai chaud!

GBo&GET. — Sans doute cet affreux temps lourd.

IKÈNE. — Pouvez-vcus dire! Il fait exquis... Cest un temps d'abeille. J'adore. Xcins aUcffis sortir tout de sttite, rite.,. J'»i envie de faire dœ kilMnètres aujourdlmi. On va se pajer vae loi^ue promenade tous les trois, pas?

RiCTiARD. — Pour ma part, je suis f»tigaé.

TEŒZfE. mns hésiter, — Bon. G^rget m'aecompa^nera... {Elle le regarde dans les yeuje.} si ça ne l'ennuie pas trop, tcmt de nénie, ce jeune hoiiae!

wmmwâmmt. — Chère madame...

jette ^fne fleur de son corsage en t'air, 9H piafond. comme ça, sans raison; puis elle pirouette sur ses talons et se dirige vers la porte. — Je rais mettre moB ciârpeau... Allons, bien!...

GEOKGET. Quoi?

rRÈNE. sur le pas de la porte, la mctin tendue — La- pluie.

GEORGET. — Un nuage qui passe. Toyess, il

y en ii pour cinq minutes!...

IRÈNE — Cinq minutes, cinq minutes!...

Oh! que c est rageant!... J'avais une envie folle de sortir, de courir. Mes jambes se sont engourdies à travailleur.

GEORGET. — Ça va passer... Attendons.

IRÈN'E, le rc'jajrdont. — Je ne peux pa5 supporter les déceptions.

GEORGET, liant. — Eh bien, jouons à quelque chose... Une petit jeu innocent...

IRÈN'E — Vous faites bien d'enlever vos gants! Dieu qu'ils sont laids!... Donnez-moi ça; TOUS ne les remettrez plus... je vais les jeter dans le puits.

GEORGET. — Hé! hé là! pas de blague... rendez-les-moi. . .

iRÈNT. — Jamais de la vie! Ils ont besoin d"ê«-e salis un petit peu. La pluie leur fera du bien.

GEORGET. — Voulez-vous!... J'en ai besoin pour ce soir!...

IRÈNE. — \'enez les prendre... Je vous défie de les attrapej-... morveux!...

GEORGET. — Ah! si VOUS êtes poUe. alors... (Comme une enfant en récréation, elle le défie du- geste et de la voix. Leurs yeux amou-reux brûlent à se fixer.) Je ne les attraperai pa5? Je ne les attraperai pas?

Avec de petits cris de joie, des rires, elle court et ils se cherchent de meuble en meuble sans voir les deux enfants, graves et accotés, qui lee fixent, sans bouger." Un moment Irène er

Maman Colïbjj

Cîeorget sortent en courant, par La porte dii jardin.

PAULOT. — ■ Ohl Richard!...

RICHARD. — Quoi ?

PAULOT, pâle. — Rien, rien.

IRÈNE, rentre, poursuivie par Georget. — Ah! est-il bétel il a failli tomber... Pouce!...

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