SCÈNE VI
RICHARD, RYSBERGUE
RTSBERGUE, à soTi fUs, lui montrant Irène qui s'en va. — Tu vo'is... Je ne puis admettre que, quelque lubie qui te passe par la tête, ta mèi^e nous en ressorte les yeux rougis.
RICHARD. — Mais il n'y a là rien d'important...
RYSBERGUE, V interrompant en -posant sur une tahle le fusil et la carnassière qu'il portait en handoulière. — Deux mouettes... Ce passe-tenips est idiot... Je me s^iiis amusé, en plus, à tirer sur une couleuvre d'eau... C'est intelligent, hein? (// rit.) Ah! a*u. fait... je viens, au bout du parc, de rencontrer Georget.
RICHARD. Ah!
RYSBERGUE. — Oui. Nou« avons caoisé un peu. Il est décidément très intelligent, oe garçon... Déjà une compréhension sainte des affaires... Nous avons eu tort de le négliger. Qu'en dis-tu ?
RICHARD. — Je dis que...
RYSBERGUE, V interrompant, — Grand tort!... On cherche des valeurs très loin, pairfaig, alors qu'on les a sous la main. Et il est utile d'intéresser de tous jeunes gens à notre industrie, pour que, plus tard, ils connaissent les rouaiges comme de vieux routiers. Aussi, je t'annonce une résolution qui ne sera pas sans te faire plaisir... A la rentrée, je compte mettre ton ami Georget au bureau, à la place de Waldteufel qui s'en va... Déjà, je viens de lui souanettre ce projet. Il a accepté a.vec empressement.
RiCHARp. — Tu dis?... Voyons, père, tu te moques de moi!... C'est un projet insensé, fou...
RYSBERGUE, l'interrompant. — Pourquoi?... Ah! ça, je croyais te faire plaisir...
RiCHAR». — Tu t'amuses... A quoi rime cette résolution soudaine et absurde ? Georget! Ce serait risibleî... Il est aussi fait pour les affaires que...
RYSBERGUE. — Que bien d'autres. Tu verras. Nous nous servons trop d'ingénieurs ; on se sert toujours trop d^ ingénieurs... Je ne me •trompe pas sur la valeur de ce garçon. La jugeotte est bonne.
RICHARD. — D'abord, il est appelé par son service militaire...
RYHBERGUE. — En novembre seulement...
D'ici-là il prendra le pli. Et puis nous lui ferons avoir des congés.
RICHARD. — Tu lui donnerais le po.ste de Waldtoulel? C'est trouvé.
RYSBERGUE. — Et, phis tard, s'il réussit, je l'intéresserai de façon plus particulière à nos affiaires... Allons, voilà qui est dit : le mois prochain il aura son bureau non loin du tien ; vous pourrez griller des cigarettes ensemble, tout en causant d'exploitation, hé! hé!...
RICHARD, haussant les épaules. — D'abord je suis bien bon de m'inquiéter... J'y aurai mis ordre auparavant.
RYSBERGUE. — Plaît-il ? Alors, désormais je dis : Je veux... Et cela suffit!
RICHARD. — J'aimerais mieux ne plus mettre les pieds au bureau!
RYSBERGUE. — Bah? mou garçon, il y a donc quelque dhose qui cloche entre vous?
RICHARD. — Un compte à régler, peutêtre.
RYSBERGUE. — Eh bien, les bons comptes font les bons amis. La raclée passée, tout ne s'en portera que mieux.
RICHARD. — Cessons oe genre de plaisanteries.
RYSBERGUE, s'approcliunt de lui. — Non... non. Tu aîS quelq-ue chose sur le cœur, Richai'.d : diss-le moi...
1U€HARD, battant en retraite. — Des bagafteûes . . . saîtts conséq ueiirce . . .
Irène rentre chapeautée. Elle passe rapide et -se dirige vers le jardin.