‹ Maman ColibriChapitre 32 sur 120 · IRENE, LOUISA · texte numérisé non relu

IRENE, LOUISA

IRÈNE, à Louisa qui est rentrée. — Monsieur n'a pas remarqué les fleurs... tant mieux. (Louisa a un grand carton sous le hras; elle le déhalle.) Qu'est-ce que c'est? (Elle s'approche.) Ah! les é<^harpes égyptiennes... Enfin! La bonne femme vient de les apporter ?

LOUISA. — Elle a dit que madame choisisse celle qu'elle voudra. Elle en a mis trois.

Irène en essaye une. Elle a défait son peignoir léger.

ïRÈNE. — Tenez, aidez-moi. Voilà comment on l'accroche sur la poitrine... {Parlant à la porte ouverte, par où Georget est sorti.) Geo, on m'a apporté de vieux voiles de ma/riée égyptiens.

VOIX DE GEORGET. — Ah! parfait!

IRÈNE. — Tu verras comme ils sont exquis!... Celui que j'essaie sent le benjoin et l'encens. Il a servi sûrement... Il a courei't" d'autres épaules... et s'en souvient.

louisa". — Ben, vrai, le drôle de voile de nooefe !

IRÈNE. — On ^s porte ainsi... là-bas.

LOUISA. — Il ne ressemble guère aux nôtres... quand je dis aux nôtres... je veux dire, du moins, celui que... par exemple... madame...

IRÈNE, vivement. — Oui... oui... C'est celui-là, voyez-vous, rose et argent, avec toutes ses étoiles, que je garderai... Vous rendrez les autres.

^ LOuisÀ. — Cest le plus joli.

IRÈNE, serrant d'un joli mouvement sa gorge nue sous le voile rose, et les yeux voluptueusement clos. — Je ne sais pas, mais c'est le mien. (Entendant les pas de Georget.) Attention!... à la manœuvre!... Une, deux... tJTois. ..

Les fieurs se rallument, partout»

même! Je me sens une âme hoùrgeoise que mon pays, hélao, ne sait pas apprécier.

IRÈNE. — Oui... Qu'on est heureux dis?

Je ne rêvais pas un tel bonheur. (Tout à coup effrayée de ce qu'elle a dit.) Mon Dieu, touche du bois, vite !

GEORGET. — Le pied de la tafcle.P..» C'est bon tout de mêmer. ..

IRÈNE. — Tiens, pourquoi pasi

GEORGET. — Alors, tu ne te fiches plus de ton pauvre bleu ?

IRÈNE. — Prends. Et prends.

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