IRENE, LOUISA
IRÈNE, à Louisa qui est rentrée. — Monsieur n'a pas remarqué les fleurs... tant mieux. (Louisa a un grand carton sous le hras; elle le déhalle.) Qu'est-ce que c'est? (Elle s'approche.) Ah! les é<^harpes égyptiennes... Enfin! La bonne femme vient de les apporter ?
LOUISA. — Elle a dit que madame choisisse celle qu'elle voudra. Elle en a mis trois.
Irène en essaye une. Elle a défait son peignoir léger.
ïRÈNE. — Tenez, aidez-moi. Voilà comment on l'accroche sur la poitrine... {Parlant à la porte ouverte, par où Georget est sorti.) Geo, on m'a apporté de vieux voiles de ma/riée égyptiens.
VOIX DE GEORGET. — Ah! parfait!
IRÈNE. — Tu verras comme ils sont exquis!... Celui que j'essaie sent le benjoin et l'encens. Il a servi sûrement... Il a courei't" d'autres épaules... et s'en souvient.
louisa". — Ben, vrai, le drôle de voile de nooefe !
IRÈNE. — On ^s porte ainsi... là-bas.
LOUISA. — Il ne ressemble guère aux nôtres... quand je dis aux nôtres... je veux dire, du moins, celui que... par exemple... madame...
IRÈNE, vivement. — Oui... oui... C'est celui-là, voyez-vous, rose et argent, avec toutes ses étoiles, que je garderai... Vous rendrez les autres.
^ LOuisÀ. — Cest le plus joli.
IRÈNE, serrant d'un joli mouvement sa gorge nue sous le voile rose, et les yeux voluptueusement clos. — Je ne sais pas, mais c'est le mien. (Entendant les pas de Georget.) Attention!... à la manœuvre!... Une, deux... tJTois. ..
Les fieurs se rallument, partout»
même! Je me sens une âme hoùrgeoise que mon pays, hélao, ne sait pas apprécier.
IRÈNE. — Oui... Qu'on est heureux dis?
Je ne rêvais pas un tel bonheur. (Tout à coup effrayée de ce qu'elle a dit.) Mon Dieu, touche du bois, vite !
GEORGET. — Le pied de la tafcle.P..» C'est bon tout de mêmer. ..
IRÈNE. — Tiens, pourquoi pasi
GEORGET. — Alors, tu ne te fiches plus de ton pauvre bleu ?
IRÈNE. — Prends. Et prends.