SCÈNE V
Les Mêmes, MADAME LEDOUX
accompagnée de deux petites Arabes qu' pousse devant elle.
MADAME LEDOUX. — Je VOUS avais promib de vous amener deux de mes jeunes élèves... Vous voyez que j'ai tenu parole.
IRÈNE. — Ce sont des petites filles?
MADAME LEDOUX. - — Autheoitiques. (Aux petites.) Et montrez de suite à madame vos échantillons. Voyez, nous vous avons apporté des échantillons de notre travail.
IRÈNE. — Comment! elles font déjà des choses aussi compliquées ?
MADAME LEDOUX. — D'apfès Ics vicux dessins arabes. Il faudra, vraiment, que vous veniez un jour, à la fabrique, les voir, attablées derrière leurs métiers. (Ait« pe^ tites.) Qu'eet-ce qu'on dit, allons? Goul'es- Salam? (Elles murmurent quelques mots arabes avec gravité :) « Msal-1-rheîr, ialalla. Ouaoh h'alek. »
IRÈNE. — Elles sont mignonnes tout plein.
MADAME LEDOUX. — Et faites le salut...
Voilà...
IRÈNE. — Elles ne disent pas un mot de français ?
MADAME LEDOUX. — Ellcs savent dire bonjou. Et puis elles chantent aussi quelquespetites chansons...
iRÈNEc — Ohl qu'elles nous en disent une!
MADAME LEDOUX. — Chantcz, à ^'-. dame, l'hirondelle de Mustapha.
LES PETITES chantant.
Tu t'en vas la z'hirondelle, Tu t'en vas la z'hirondelle, Dis bouzou à Mustapha, Dis bouzou, bouzou, bouzou...
Irène rit.
IRÈNE. — Georges, veux-tu les mener à la cuisine; tu leur feras verser un verre de sirop et donner des gâteaux. On peut...
MADAME LEDOUX. ' — Si VOUS VOulcZ. VoUS
êtes bien aimable.
GEORGET, avec un souverain mépris tout militaire. — Allez, oust, là, le gourbi I Inaaldinoummek!... Croyez-vous que je parle bien a«rbi!... (^Se retournant, à Irène.) Je vais passer chez les Deacon leur demander à quelle heure elles comptent venir,
IRÈNE. — Mais certainement, mon loup...
MADAME LEDOUX. — Je vous avais promis de vous amener deux de mes jeunes élèves...