RICHARD, IRENE
• RICHARD. — C'est curieux, je croyais. IRÈNE, les larmes aux yeux, en souriant. — Oh! ça ne fait rien... ça ne fait rien... Vous avez aussi une très jolie vue, là, dans \r galerie.
Elle détourne la tête.
RICHARD. — On voit le parc Monceau.
{Elle pleure sous sa voilette. Allant à elle, ému.) Maman...
IRÈNE, V arrêtant nettement du geste. — Laisse. J'ai du chagrin. , beaucoup de chagrin .. Laisse, je t'en prie... ça va passer... L'ém "»tion du premier moment.
Il se rassied. Silence.
RICHARD. — Quand es-tu arrivée à Paris P
IRÈNE, — Hier soir.
RICHARD, avec intention. — Seule?
IRÈNE. Oui.
RICHARD. ■ — Et tiii retourneras après directement à Alger ?
IRÈNE. — Non.
RICHARD. — Cependant monsieur de...
i*RÈNE. — J'ai rompu avec monsieur do Chamb-ry.
RICHARD. — Ah!
IRÈNE. — Oui. C'est fini!
Elle pleure.
RICHARD. — Désires-tu ^ revoir mon père?... Il est à Paris en ce moment.
IRÈNE. — Ne me parle pas de ton père. Tu ne m'as pas comprise. Je suis venue te voir, toi, seulement... et je désire ne voir que toi... D'ailleurs, ma visite sera courte. Demain, j'irai voir Paulot à l'Ecole polytechnique et puis je repartirai sans doute...
RICHARD. — Où comptes-tu passer l'hiver i*
IRÈNE, souriant tristement. — Ah ! oui, passer l'hiver... Dans La Riviera, peut-être... Seulement, c'est bien coûteux JDar là... Si je trouve une pension de famille à six francs, sept francs par jour... dans un petit trou... au Camet, par exemple...
RICHARD. — Mais tu n'en es pas là?...
Voyons!...
IRÈNE, simplement. — Je n'ai plus d'argent. J'avais deux cent mille francs de dot. Je les ai mangés... il me reste vingt-cinq