MADELEINE
Passez, madame.
RiCHABD. — Madeleine!
MADELEINE. — Elle nous a mis en droit de tout supposer, et dire qu'elle vient vers Raoul avec ses lèvres embrassées par des hommes, par... Sais-tu ce qu'elle nous apporte, le sais-tu?... tout simplement le déshonneuir.
RICHARD. — Tiens!
MADELEINE. Quoi ?
RICHARD, -r- Rien. Je me rappelle seulement avoir prononcé cette phrase-là autrefois...
MADELEINE. — Tu as bien changé depuis !
RICHARD. — Non, c'est l'honneur qui a changé de côté... Faut croire que ça se déplace...
MADELEINE. — Ne fais pas d'esprit.
RICHARD. — Je n'en ai jamais moins fait.. Ne te doane pas pour plus méchante que tu n'es. Je. connais ton bon cœur, au fond, Madeleine. Ne discute donc pas une chose que tu as d'avance acceptée et que tu ne peux pa« refuser. Tu ferais bien mieux de te décider d'un coup... et de ne pas diminuer le mérite que tu auras à paa-donner, tout à l'heure.
MADELEiNTE. — Pourquoi ne s'adresse-t-eMe paiS à ton père? Il n'est pas divorcé... Qu'ils se remettent ensemble, c'est bien simple.
RICHARD, haussant tes épaules. — En effetj c'est simple.
MADELEINE. — On ne la recevra pas plus... mais enfin, dans un salon, on pourra ne pas s'apercevoir qu'elle est là. Ce sera déjà plus nommode.
RicflARD. — Tu criailles bien inutilement.
MADELEINE. — Ma baigneuse me dit ça.
quand elle me donne ma douche... Je t'assure qu'on ne reçoit pas des douches de cegenre, impunément.
Elle est à la cheminée, accoudée. Elle rage.
RICHARD. — Eh bieni maintenant que tu as poussé ton cri.
— Au moins, que ceci soit et qu'elle le sache !
- Ah ! tu vois que tu as cédsé de