LA VOIX DE LA NOURRICE
Ainsi font font font, les petites marionnettes.
Ainsi font font font,
Trois petits tours et pu^s s'en vont...
Richard reste accoudé à la porte. On le voit sot rire aux femmes. Puis entrent Irène et Made leine. Irène va quasiment s'affaisser sur un canapé, le mouchoir sur la bouche, prise d'une faiblesse.
RICHARD. — Qu'a-t-elle?
MADELEINE. — L'émotion.
IRÈNE. — Ah! mes enfants! Cela m'a fait bien plaisir. Comme il est beau ton petit, Richard !
RICHARD. — Il te ressemble; on le dit.
IRÈNE. —Ah! on le dit? (Vivement.) Mais il a beaucoup de sa mère aussi. Il aura sa jolie figure.
MADELEINE. — Oh ! VOUS êtes trop aimable, madame.
IRÈNE. — Madame!... Bah! ca viendra...
Elle a été bonne, Richard, j'ai été très toushée, je tiens à vous le dire... si, si...
RICHARD. — Je ne puis t' affirmer qu'une chose, maman, c'est que tu peux te considérer ici comme chez toi... aujourd'hui, demain et toujours. Madeleine elle-même va te le dire.
IRÈNE, se levant sans laisser à Madeleine le temps de répondre. — Oh ! non, qu'elle ne le dise pas ! Qu'elle me donne seulement son front à embrasser, cela vaudra mieux que toutes les paroles!
Elle l'embrasse.
MADELEINE. — Vous voyez, je pleure moimême...
RICHARD. — Je suis bien, bien content. ;
On entend sonner à la porte d'entrée.
MADELEINE. — Allons, bou ! OU sonue...
Nous ne pouvons pas être deux minutes tranquilles dans cette maison. Je ne veux pas qu'on nous voie avec les yeux rouges... ^enez par là.
RICHARD. — Oe ne peut être que Soubrian qui revient.
MADELEINE. — N'importc. En tous cas, entrons dans la. chambre de bébé, voulez-vous ? (A Irène.) Vous préférez sans doute cela?
IRÈNE. — Je crois bien !
MADELEINE. — Vcux-tu rappeler la nounoa, Richard, à qui j'avais dit de sortir... Je vais chercher vtu mouchoir dans ma chambre.
et j'arrive. (En sortant elle laisse la porte ouverte.)
RICHARD, la suivant et à sa mère. — Tu viens, maman P
IRÈNE. — Je prends mon chapeau... voilà.