‹ Mammalogie, ou, Description des espèces de mammifèresChapitre 1 sur 102 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Liz Recueil des planches de l'Encyclopédie, destinées à représenter les principales espèces de mammifères , a été publié , sans texte, il y a environ trente ans.

Feu l’abbé Bonnaterre, qui s’étoit chargé de la rédaction de tous les tableaux descriptifs , ou de l’Z//ustration des planches de zoologie , n’a donné , depuis lors, qu'une portion assez peu considérable de ce travail , et même il n’a pu compléter que les parties relatives à l’histoire des reptiles , des poissons et des cétacés. La description des figures des oiseaux et des vers (mollusques et autres), commencée par lui et par Bruguière, n’a pas été terminée, et celle des planches de mammifères n’a pas même été entreprise.

L’Editeur actuel de l Ercyclopédie , ayant le desir de terminer le plus promptement possible la publication de ce grand ouvrage , s’est décidé à distribuer entre

. plusieurs naturalistes les parties non achevées , ou non encore commencées, des

Illustrations zoologiques. Suivant cet arrangement , M. le chevalier de Lamarck doit s’occuper des classes des mollusques et des vers ; M. Latreille, de celles des crustacés , des arachnides et des insectes; M. Vieillot, de la classe des oiseaux, et nous , de celle des mammifères.

Aussitôt que nous avons entrepris le travail que nous venions d’accepter, nous n’avons pas tardé à reconnoître que cette tâche étoit plus longue et plus difficile à remplir que nous ne l’avions d’abord pensé.

En effet, il ne s’agissoit pas moins que de présenter un tableau à peu près complet de l’état actuel de nos connoïssances relatives à l’histoire naturelle des animaux mammifères. Le Dictionnaire des quadrupèdes de PEncyclopédie, de Daubenton, qui a paru en 1782, étoit devenu trop ancien pour nous servir seul de base dans notre travail. Il étoit d’une nécessité absolue de réunir toutes les notes que renferment les nombreux voyages , dans les diverses parties du Monde, faits depuis cette époque. Nous devions également recueillir et discuter toutes les monographies de genres , toutes les descriptions isolées d’espèces, qui , pendant le même intervalle de temps , ont été insérées dans les collections académiques ou les recueils scientifiques, soit par les naturalistes français, soit par les étrangers. Nous devions comparer ces nouvelles notions avec celles que renferment les auteurs plus anciens,

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auxquels on est souvent obligé de recourir. Enfin, nous devions nous déterminer dans le choix d’une méthode de classification, et adopter un plan uniforme à suivre dans nos descriptions.

Nous avons été encouragés dans nos recherches , souvent minutieuses et dépourvues d'intérêt lorsqu'on les considère isolément , par l’idée que leur résultat pourroit être un jour de quelqu’utilité à ceux qui exécuteroient le projet formé par l’un de nos plus illustres naturalistes et digne de notre siècle, de publier une nouvelle édition du Systema Natura. Nous avons fait tous nos efforts pour rendre complète la liste des êtres dont nous nous sommes occupés, en indiquant toutefois, d’une part, les notions positives que l’on possède sur le plus grand nombre, et del’autre, en signalant l'incertitude qui existe à l’égard de quelques-uns.

Linnæus, Pallas, Buffon, Daubenton', ont été nos premiers guides , et, à l’extrait de leurs travaux , nous avons joint celui des observations des naturalistes plus récens , mais dont la réputation d’exactitude n’est pas moins acquise. Parmi ceuxci nous nous bornerons à citer : Erxleben , Storr , Hermann, Camper, Vicq-d’Azyr, Uliger, MM. Blumenbach, Georges Cuvier, Lacépède , Geoffroy-Saint-Hilaire , Frédéric Cuvier, Blainville , Duméril, Humboldt, Lichtenstein, Tiedmann , Hoffmanssegg , d'Azara , Péron , Lesueur, Kuhl, Fischer , Bechstein , le prince Maximilien de Neuwied, Leach, etc. etc,

La méthode que nous avons adoptée, à quelques modifications près, est celle que M. G. Cuvier a publiée , il y a quatre ans , dans son dernier ouvrage intitulé : Le Règne animal distribué d’après son orcanisation.

Dans la description particulière des genres nous nous sommes attachés à faire connoître les principaux caractères communs à tous les animaux qu’ils renferment , et nous avons constamment placé en première ligne et développé convenablement ceux qui tiennent au système dentaire, en leur subordonnant ceux qui sont relatifs aux organes des sens et ceux qui ont rapport aux différens modes de locomotion. Nous avons joint à ces caractères quelques notes sur les habitudes générales de ces animaux et sur les climats qu’ils habitent de préférence.

Les espèces sont caractérisées par une phrase comparative ; leur synonymie la plus importante est relatée; leurs dimensions principales sont exposées toujours dans le même ordre; leur description plus détaillée vient ensuite avec l'indication des différences de formes et de couleurs, qui dépendent du sexe ou de l’âge. Enfin , nous donnons pour chacune des particularités sur ses habitudes naturelles et sur la patrie qui lui est propre. Nous avons cherché, autant qu’il à

AVERTISSEMENT. Vi} été possible, à caractériser les races domestiques et à les faire entrer dans notre système.

Nous avons adopté, à l’exemple des naturalistes qui ont publié des Faunes de divers pays , un numérotage général, depuis la première espèce du premier genre, jusqu’à la dernière du dernier genre. Notre but, comune le leur, a été de rendre moins longues les citations qu’on pourra faire de notre ouvrage, et il est aussi, de préparer les matériaux d’une nouvelle carte zoographique , que nous avons l’intention d’exécuter sur le plan de celle de Zimmermann , mais qui nous semble susceptible de plus d’exactitude, à raison du grand nombre de découvertes en histoire naturelle et en géographie , qui ont été faites depuis l’époque de la publication de son ouvrage intitulé : Specimen zoologiae geographicae quadrupedum, domicilia et migrationes Sisters. 1770.

Le nombre des espèces que nous admettons est d’environ Auif cents, en yÿ comprenant quelques espèces fossiles bien caractérisées, et les cétacés dont nous ne traiterons que sommairement , afin de ne point recommencer en entier le

travail de Bonnaterre sur ces animaux.

Sous le seul rapport du nombre de ces espèces, nous croyons donner un aperçu des progrès de la science , en indiquant simplement celui que ies principaux nomenclateurs admettoient dans leurs systèmes : Brisson en comptoit deux cent soixante-quinze (1); Erxleben , trois cent quarante-cinq (2) ; Pennant, quaire cent douze (3); Boddaert, trois cent quarante-quatre (4); Buffon , trois cent trente-trois (en y comprenant celles qui sont décrites dans les Supplémens de son ouvrage, et les cétacés de M. de Lacépède) (5); Gmelin, quatre cent quärante (6); et Vicq-d’Azyr, trois cent soixante-treize (7).

Mais parmi ces auteurs , ceux qui ont décrit ou indiqué le plus d’espèces ; Pennant, Gmwelin, Boddaert et Vicq-d’Azyr, Pont fait presque sans critique, et souvent sur le simple énoncé d’une phrase caractéristique très-vague. Nous devons dire que nous avons procédé d’une manière plus rigoureuse, et que beaucoup de ces espèces (un huitième au moins) nous ont paru tellement douteuses, que nous n’avons cru devoir en faire mention que dans de simples notes.

T ? C à , Le.

Nous n'avons inséré dans notre lisie que des espèces bien connues, au que

QG) Règne animal, 1756. L. (5) Histoire générale et particulière des Animaux - C2) Systema Mammalium, 1777. 1769-1785; Cétacés, 1806. () Synopsis of quadrupeds, 1771. (6) Systema Naturæ ; 13°. édit. , 1780.

(4) Elenchus Animalium, 1785. (7) Système anatomique des Animaux , tome I, : 792

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des espèces dont l'existence ne sauroïit être mise en doute sans renseïignemens nouveaux , d’après la réputation d’exactitude qu'ont acquise les zoologistes qui en ont parlé pour la première fois. Néanmoins, nous avons distingué celles-ci par un astérisque *, afin d'attirer sur elles, d’une manière plus particulière, lPattention des voyageurs et des naturalistes à venir.

Nous avons, suivant l’usage adopté par les auteurs de l'Encyclopédie, fait précéder notre Tableau des espèces de mammifères par des généralités fort resserrées, dont l’objet est d’expliquer plusieurs termes scientifiques qui pourroient ne pas être compris de tous les lecteurs. Nous avons cru devoir y joindre quelques vues générales sur l’organisation de ces animaux, que nous avons puisées en partie dans Particle Mammifères de la 2°. édition du Nowveau Dictionnaire d'Histoire naturelle, rédigé par M. de Blainville, sous le rapport de la structure interne, et par nous, sous la considération des caractères extérieurs.

Nous osons espérer qu’on nous saura quelque gré de n’avoir pas introduit un seul nom nouveau dans cet ouvrage, à moins que ce ne soit pour l’appliquer à une espèce jusqu'alors inconnue. Nous connoïssons assez le tort réel que le néologisme fait à la science, pour ne pas nous en servir. Nous avons même cru devoir conserver l’emploi de quelques noms un peu barbares, plutôt que de les changer ; nous citerons en particulier celui de Wammalogie, dont la composition à la fois grecque et latine est vicieuse, mais dont l’usage est consacré.

Plusieurs des animaux mammifères découverts depuis trente ans, offrant des formes tout-à-fait nouvelles, nous avons jugé à propos d’en faire figurer quelques-uns dans des planches supplémentaires, afin de compléter à la fois notre travail et le recueil iconographique de lÆrcyclopédie , relatif à cette partie.

Nous espérons terminer ce Species assez promptement pour qu’il remplisse son objet, c’est-à-dire, pour qu’il présente un tableau arrêté de l’histoire naturelle des mammifères, en 1820. Nous ne doutons pas que les nombreux voyageurs que le Gouvernement a envoyés dans différentes contrées, jusqu’alors peu étudiées, ne fournissent avant peu des renseignemens qui devront nécessiter des augmentations ou des rectifications à notre travail ; mais nous serons toujours parvenus au but que nous desirions d’atteindre, si nous avons fait un bon emploi des seules données qui étoient à notre disposition.

ï TERMINOLOGIE

TERMINOLOGIE DES MAMMIFÉRES,

AVEC L'EXPLICATION DES PRINCIPAUX MOTS TECHNIQUES QUI ENTRENT DANS LES DESCRIPTIONS ORDINAIRES.

Lss MAMMIFÈRES (1) sont des animaux vertébrés è sang rouge et chaud ; respiranc par des poumons libres et flottans dans une cavité thoracique diszincte de la cavité abdominale, dont les fœtus se nourrissent dans la matrice des femelles , au moyen d’un placenta, et les petits ; qui naissent en donnant des signes de vie , avec le lait sécrété par les mamelles.

La plupart d’entr'eux sont pourvus de quatre membres , dont les extrémités, divisées en un nombre plus ou moins considérable de doigts, sont appropriées au genre de vie de chaque animal ; quelques-uns n'ont que deux membres, les pecroraux seulement ; ils ont pour l'ordinaire le corps couvert de poils ; aucun n’a de plumes ; quelques-uns sont recouverts d'espèces d’écailles ou d’un cest de nature osseuse.

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