‹ Mammalogie, ou, Description des espèces de mammifèresChapitre 2 sur 102 · DU SQUELETTE DES MAMMIFÈRES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DU SQUELETTE DES MAMMIFÈRES EN GÉNÉRAL

Le SQUELETTE , ou la charpente osseuse du corps, se compose des parties solides , destinées à protéger le système nerveux et à servir de point d'appui aux muscles ou organes actifs de la locomotion. Il se divise en zêce , tronc et extrémités.

La TÊTE (2) forme la partie antérieure du sque-

(1) Le nom de quadrupèdes vivipares , donné à ces animaux, ne peut leur convenir, puisqu'il n'est pas général, certains d’entr'eux (les cétacés ) n’ayant que des membres antérieurs seulement.

(2) A l'extérieur, on distingue dans la tête, le crâne et la face. Le crâne se partage en séncipur ou la partie antérieure, etocciput ou partie postérieure; le vercex en est le sommet; le front est la région du sinciput placée entre les yeux et le vertex ; il est proportionné, haut ou bas, selon les espèces. 11 est surtout bien ouvert dans l'komme et quelques singes. La tempe est la région située entre l’œil et l'oreille. On distingue , dans la face, les yeux, les oreilles , le nez et la bouche. Le prolongement de la face porte le nom de museau ; sa longueur est déterminée par l'angle plus ou moins aigu que forment deux lignes idéales, dont l’une passant par le méat auditif, vient toucher l'extrémité antérieure du bord alyéolaire de la mâchoire supérieure, et l'autre partant

lette ; celle qui renferme l’encéphale, ou le siége principal du système nerveux ou excitant. Sa forme générale varie : elle est arrondie (1), alongée (2), crès-alongée (3), pyramidale (4), erc. Elle est démesurément grosse (5), ou moyenne (6), ou petite (7). à

La cête se divise en crâne et face.

Le crâne en est la partie supérieure et postérieure ; il renferme spécialement le cerveau. Son volume varie relativement à celui de la face, et en général on remarque qu'il est d'autant plus développé , que l'intelligence est plus grande. Il est formé des os appelés frontal ou frontaux, pariétal ou pariétaux , occipital ou occipitaux , temporaux , sphénoïde et ethmoïde. Sa figure extérieure est tantôt arrondie et lisse, tantôt pourvue de saillies osseuses, qui prennent les noms de :

Crêtes surcilières ; lorsqu'elles appartiennent au frontal et qu’elles sont situées horizontalement au-dessus des orbites (8) ;

Crêtes sagittales , lorsqu'elles sont placées à la partie supérieure et moyenne, soit sur le pariétal , lorsqu'il est unique ; soit sur la ligne de

de ce dernier point est tangente à la partie la plus faillante du front. Cet angle facial ne se mesure guère que dans les singes , chez lesquels son ouverture varie entre 65 et 30 degrés. De tous les mammifères, l'orang ou-

tang, après l’homme, l'a le plus ouvert, et le fourmilier

tamanoir, le plus aigu. La tête , en général, est plus ou moïns ronde dans la plupart des singes , pyramidale chez d’autres , alongée excessivement dans les fourmil'ers dont nous venons de parler, énorme dans les éléphans , les cachalots, \es baleines ; Gp dans les bradypes , tout aplatie, avec une face en bec de canard dans les orxishorhynques ; etc.

(1) Dans l’homme.

(2) Dans le cheval.

(3) Dans le fourmilier.

(4) Dans l'alouate.

(5) Chez les baleines , les cachalots.

(6) Dans la plupart des mammifères.

(7) Dans l'as.

(8) Elles.existent dans certains singes; le croglodyte, les papions , les mandrills , etc. À

jonction des pariétaux , lorsque cer os est double (1); ,

Crêtes occipitales ; lorsqu'elles appartiennent à l'os occipital et qu'elles sont transverses : dans ce dernier cas, elles se joignent souvent à la crête sagittale, pour former le point d'attache des muscles releveurs de la rère et du ligament cervical (2).

Le trou occipital est l'issue de la moelle alongée,

cisifs ; sont plus ou moins grands et supportent les dents antérieures ou incisives (1).

Les palatins , situés à la face postérieure de la mâchoire supérieure, ont aussi plus où moins de développement.

Les os propres du nez sont plus ou moins avancés sur les ouvertures nasales (2).

Le vomer s'étend en raison du développement de l’ethmoïde.

qui sort du cerveau pour se loger dans le canal rachidien, qui suit l’épine, et qui est établi dans le corps même des vertèbres. Ce trou est d'autant plus relevé, que l’animal à la rère plus alongée (3).

La face, placée à la partie antérieure (4) ou inféfieure (s), renferme les organes des sens particulers, ceux de la vue , de l’ouie , de l’odorat et du goër. Selon le degré de développement des organes de ces sens , la face est plus ou moins volumineuse, plus ou moins prolongée , et le degré d'intelligence est en général en raison inverse de ce développement.

Certe*face est plane et perpendiculaire (6), ou prolongée en museau (7), quelquefois en une sorte de tube (8), etc. Elle se compose des os, 1°. maxillaires supérieurs , 2°. intermaxillaires, prærraxillaires ouincisifs, 3°. palatins, 4°.nasaux ou os propres du nez, 5°. ungouis, 6°. vomer, 7°. malaires où os des pommettes , 8°. maxillaire inférieur, et 9°. des dents. Plusieurs os du crâne lui sont communs, comme le sphénoïde , l'ethmoïde et les remporaux. On y distingue les fosses orbitaires , temporales , aasales , palatine , l'arcade zYgomatique , Erc.

Les os maxillaires déterminent spécialement la forme de la face ; ils contribuent, par leurs sinus, à foruifier le sens de l’odôrat, ec par leur jonction avec les os propres du nez, à former l'ouverture des fosses nasales (9).

Les intermaxillaires, premaxillaires, où in-

Les os unguis affectent diverses formes, selon celles qui sont propres aux cavités orbitaires.

L’os malaire, articulé avec l'os maxillaire, est plus ou moins saillant et pourvu d'une apophyse dite zygomatique, qui se porte vers une autre apophyse du même nom qui appartient au temporal ; et lorsqu'elles se rejoignent, il en résulre une volte ou arc osseux, qui a reçu le nom d'arcade x ygomatique. £

L'arcade zygomatique est, par conséquent , complète (3) ou incomplète (4) ; sa direction générale est horizontale (s) ,courbée en dessus (6) ou en dessous (7). Elle recouvre dans le sens de sa longueur la fosse temporale , et contribue à donner attache aux muscles moteurs de la m4choire inférieure.

Les fosses orbitaires sont plus ou moins profondes, plus où moins arrondies (8) , plus ou moins latérales (9).

Les fosses temporales , tantôt distinctes des orbitaires (10), tantôt communiquant avec elles par le fond de celles-ci (11), tantôt ayant un bord commun (1 2), sont plus ou moins profondes en raison de la force des muscles qui y sont lopés.

Les fosses nasales ont plus de développement chez les animaux dont l’odcrat est fin que chez lesautres; quelquefois la grande surface des cornets ethmoïdaux supplée à leur défaut d’étendue (13).

(1) Ils manquent chez l’homme adulte ; mais onles trouve dans-le fœtus.

(2) Ils sont moyens chez l’homme , petits chez léléphant et chez les mummiferes à trempe, prolongés dans les rongeurs , les cochons , les cétacés , etc.

(3) Chez l’homme, les singes , les carnassiers.

(4) Chez les céracés.

(5) Dans l’homme.

(6) Chez les carnivores.

(1) On les voit chez les carrassiers particulièrement.

(2) Dans certains singes, les curnussiers , les rumizans , les solipèdes , erc.

(3) Chez l'omme , il est placé à l'équilibre de la tête. Dans le cheval, les rurinans, es rongeurs, les carnassiers, au contraire , il est situé fort en arrière.

(4) Dans l’aomme et quelques sznges.

(5) Les autres mammifères.

(6) Chez l’aomme , l'orang roux, les paresseux.

(7) Dans la plupart des mammifères.

(8) Chez l'échidné.

(0) Ils sont médiocres chez l’homme, et très-déve-

(7) Chez les herbivores.… (8) Chez les singes elles sontrondes.

(9)- Latérales dans les rongeurs ; antérieures dans

Phomme et les singes.

(10) Homme et quadrumanes.s (11) Cheval.

(12) Carnassiers et rongeurs.

(13) Chez l'éléphant , les fosses communiquent avec

Del

Jonpés chez les herbivores. Dans les fourmiliers ; ils font de forme très-alongée.

La mâchoire inférieure est arquée en devant (1), ou bien ses branches se joignent à leur symphyse sous des angles plus ou moins ouverts (2).Cettresymphyse quelquefois n’est point soudée (3), d’autres fois elle présente une pointe inférieure (4). Les côtés de la mâchoire inférieure se terminent postérieurement en deux parties relevées, appelées branches montantes , où sont situées les condyles d’articulation avec le crâne , dans la cavité glénoïde. Les condyles sont tantôt transversaux (s), tantôt longitudinaux (6); er la forme de la cavité glénoïde répond à la leur, Ils disparaissent en entier dans certains genres (7).

La partie antérieure de la mâchoire inférieure porte le nom de menton.

Les dents sont de petits os très-durs, entoutés de matière émaiileuse ou pénétrés par elle, et qui prennent naissance dans des capsules situées sur les bords alvéolaires des deux mâchoires. Leur nombre et leur forme varient. Quelquefois elles sont remplacées spar des fanons ou barbes, qui sont des lames de corne (8) échancrées en faux, frangées à leur extrémité, et disposées par rangs parallèles, à la mâchoire supérieure seulement, sur la surface du palais; elles sont inégales en longueur , tantôt noires, tantôt bleues , tantôt blanches.

Le nombre des dents est variable. T'antôc elles sont :

Nulles aux deux mâchoires (9) ;

Tantôc elles sont : | Evidentes ; et dans ce cas elles sont:

Cornées aux deux mâchoires (10) , ou

Osseuses, er c’est Le plus grand nombre de cas.

Alors elles existent :

Dans /a mâchoire supérieure seulement (11) ou

des sinus qui occupent presque toute la surface du crâne , et qui On tbnetié à augmenter le volume de la tète de cet animal. Chez le chien , les cornets du nez sont extraordinairement développés.

(1) Chez l’homme.

(2) Dans les autres mammifères.

(3) Les rorgeurs.

(4) Les é/éphans.

(5) Chez les mammiferes carnassiers.

(G) Chez les rongeurs et les ruminans surtout.

G) Fourmilier.

(8) Baleine, baleinoptere.

(9) Fourmiliers, échidnés, pangolins , quelques phins.

(10) Dans l'ernithorhynque.

(11) Dans une espèce de dauphin.

dag-

Dans /a mâchoire inférieure seulement (1), ou Dans Les deux mächoires (2).

Quand elles existent aux deux mâchoires, ces dents sont :

D'une seule forme conique où canine (3); D'une seule forme molaire (4), ou

De plusieurs formes garnissant le bord des mächoires d’une manière :

Incomplète, c'est-à-dire, laissant un espace vide, ,

Antérieur supérieurement et inférieurement (5);

Antérieur supérieurement et intermédiaire inférieurement (6);

Intermédiaire supérieurement , et antérieur inférieurement (7);

Intermédiaire inférieurement et supériezrement ;

Parfaitement (8), ou Imparfaitement (9).

Complète, c’est-à-dire, sans espace vide, tantôt les dents ayant une disposition Anomale, c'est-à-dire , ne présentant pas la forme des trois sortes de dents bien distincte (10).

Normale , c'est-à-dire, bien distinguée en incisives, canines et molaires (11).

(1) Cachalots.

(2) Dans la plupart des mammifères.

(3) Dauphins.

(4) Tatou, oryctérope, megatherium , rhinocéros d Afrique, lamantin adulte.

(5) Tardigrades et morses.

(G) Ruminans ; le plus souvent sans canines, et quelquefois en étant pourvus (les cerfs , ies chameaux , les chevrotains ).

(7) Eléphant , mastodonte | dugong et jeune lamartin.

(8) Dans les rongeurs, où les incisives sont généralement au nombre de deux à chaque mâchoire, si lon en excepte les lèvres et les pikas , quien ont quatre supérieures et deux inférieures; les damans qui en ont deux en haut et quatre en bas ; le rhinocéros d'Asie, qui ena quatre à chaque mâchoire; les kanguroos , qui en ont six supérieures et deux inférieures , etc. Re

(9) C'est-à-dire, dont les espaces intermédiaires renferment des dents d’une forme anomale, des caninesou de fausses canines ; les genres cheval , potoroo , phascolarttos ou koala , phalanger èt petauriste.

(10) Anoplotherium, homme, orang, Loris, tarsier, galéopitièque. .

(11) La plupatt des genres de cheëroprères ; les singes, surtout ceux de l’ancien Continent ; les cornassiers , \e didelphes , dasyures , les cochons, ies tapirs AR

OZ

Selon leuf position et leur forme, ces noms sont attribués aux dents, de la manière suivante.

Incisives, celles qui sont placées en avant entre les canines, Les incisives de la mâchoire supérieure (l’homme excepté) sont implantées dans les osincisifs, præmaxillaires ou intermaxillaires.

Canines , lorsqu'elles sont latérales, plus longues que les autres ; de forme conique, s’entrecroisant avec celles de la mâchoire opposée, et insérées dans l’os maxillaire.

Molaires , lorsqu'elles sont fixées dans les bords alvéolaires vers le fond de la bouche.

Ces dernières ont reçu, selon leur forme, les noms de :

Machelières ; lorsqu'elles sont à couronne (ou sommer ) plane ou tuberculeuse.

Carnassières , lorsqu'elles sont fortes et lobées, comprimées et tranchantes par leur

bord.

Fausses molaires, lorsqu'elles sont antérieures et un peu coniques, comme les canines.

Tuberculeuses , lorsqu'elles offrent des talons ou des parties mousses, er qu’elles appartiennent à un animal qui présente en même temps des carnassières.

Ces mêmes dents molaires, considérées sous le rapport de Îeur structure , sont de deux sortes :

Simples , lorsqu'elles ont une forme déterminée, et qu'une fois sorties des cellules où elles ont été formées, elles ne prennent plus d’accroissement. Alors on leur reconnoîr, 1°, une racine, ou la partie implantée ; 2°. un collet, ou la ligne de séparation de la racine, et 3°. une troisième partie, celle qui sert à la mastication , qui est la couronne.

Elles peuvent avoir la couronne à tubercules mousses (1), à tubercules aigus (2), plane (3), lobée et tranchante (4), à collines

(1) L'homme, les singes de l’ancien Continent, les sapajous, les alouates , les arèles, les ours proprement dits, etc. *

(2) Les animaux insectivores, tels que les Aérissons les ourszitis , les taupes , ec.

(3) Dugong.

(4) Les carnassiers proprement dits, tels que les hiens , les chais , etc.

cransverses (1), à figures d’émail diversement conformées (2), mamelonnée (3), euc.

Composées ; quand elles sont formées de replis de l'émail dans la matière osseuse (4), ou de dents particulières , en forine de lames soudées entr'elles par la matière cémenteuse(s); quand elles n’ont point de racines proprement dites , ni de collet; enfin, quand elles poussent continuellement par leur base, tandis qu’elles s’usenc par leur sommet ou couronne, qui est le plus souvent tronqué horizontalement,

On peut aussi placer au nombre des molaires composées, celles qui sont fibreuses , c’est-à-dire, qui résulrent de la réunion d’un grand nombre de tubes émailleux creux, et qui donnent à ces dents une ressemblance de structure avec les tiges de jonc, soit qu’elles soient implantées dans les machoires (6), soit qu’elles se trouvent simplement attachées aux gencives (7).

Les molaires sont rarement au nombre de plusde sept de chaque côté des mâchoires, et quelquefois il n'yena que deux, ou même point du tour. On donne le nom de lignes dentaires aux bords des mâchoires qui les supportent , et l’on remarque que ces lignes sont diversement mclinées lune vers l’autre, à chaque machoire. Lorsque ces dents offrent des dessins émailleux à leur couronne , 11 arrive constamment qu'ils sont pour celles d'en haut, dans un sens opposé à ceux des molaires inférieures.

Les incisives peuvent être divisées : 1°, en éncisives achevées ; celles qui ont une racine , un collet, un tranchant, et qui ne poussent pas une fois qu’elles sont formées (8) ; 2°* en incisives poussant pendant route la vie de l'animal (9). Ces mêmes dents sont tantôt :

Proclives , avant (10).

lorsqu'elles sont couchées en

eq

(1) Les kanguroos , les lamantins , etc.

(2) L’hïppopotame.

(3) Le mastodonte.

(4) Les castors, les porcs-épic , les campagnols , les lièvres , le cheval, les ruminans , sont dans ce cas.

(5) Les éléphans et le phascochares.

(6) Celles de Poryrérrope.

(7) Celles-de lornithorhynaue.

(8) Celles de l'homme, des carnassiers , des ruminans.

(9) Ce sont celles des rongeurs.

(10) Dents inférieures des makis, des kanguroos , des phalangers,

je

Pectinées , lorsque leur bord offre des scissures profondes (1).

Tranchantes , quand leur bord est coupant (2).

Bilobées ou trilobées ; selon qu'elles offrent un ou deux sillons sur leur tranche (3).

En biseau , quand leur face postérieure est tronquée obliquement (4).

Bifurquées , quand elles ont la figure d'une fourche (5).

En forme de défense , droite (6) ou arquée en en-haut (7).

En cuiller, quand elles sont .aplaties , arrondies et léoèrement creusées sur la surface interne (8).

En alêne , c’est-à-dire , amincies en pointe aiguë depuis la base jusqu’à la pointe (9).

Cylindriques et tronquées (10).

Quant à leur nombre , il est variable et offre

toures les combinaisons suivantes :

ds 2 rent en IRL 18

RDC SN TE 2 PTE NUONS VEUX

Les canines ont toujours la forme conique et pointue, et sont arquées en arrière; elles sont plus ou moins comprimées, Elles prennent le nom de défenses lorsqu'elles sortent fortement de la bouche, soit pour se recourber en en-bas (11), soit pour se diriger latéralement (12), soit enfin pour se relever au-dessus de la tête et s’y recourber (13). Toujours les canines supérieures , en se croisant avec les inférieures , se placent derrière celles-ci.

Leur nombre le plus habituel est de quatre, deux à chaque mâchoire ; mais on observe aussi d’autres combinaisons. Quelquefois elles sont si‘fortes à leur base, et tellement rapprochées l'une de l'autre, qu'elles chassent les incisives en avant, et même

(1) Celles des galéopithèques.

(2) Celles de l’homme et des singes.

(3) Celles de quelques vespertilions et des jeunes chiens.

(2) Les incisives supérieures de la plupart des rongeurs , et les inférieures de quelques-uns.

(5) Celles de quelques oraries.

(6) Celles du rarwhal.

(7) Celles de l'éléphant et du mastodonte.

(8) Celles de la mâchoire inférieure du condylure.

(9) Les incisives inférieures de la plupart des ron-

eu”s,

1 (10) Celles du phascolome.

(11) Chez le morse. .

(12) Chez le sanglier et le phascochere

(13) Chez le babyroussa.

les font romber. Leur substance gst beaucoup plus serrée que celle des autres dents , er elle porte en commu avec celle des défenses des é/éphans , le nom d'ivoire, chez les animaux où ces dents acquièrent un grand développement.

Le TRONC (1) se compose de la colonne vertébrale , des côtes et du sternum.

(1) A l'extérieur, le rronc se divise en cou ou partie antérieure , dos ou partie supérieure , lombes ou partie postérieure et supérieure , poitrine ou partie antérieure et inférieure, ventre ou partie inférieure, et flancs ou parties latérales. La ane supérieure du cou reçoit le nom de nuque, et l'inférieure celui de gorge. On peut encore ajouter la queue au tronc, comme ne formant que Ja continuation de la colonne vertébrale.

Le cou est plus ou moins long. Dans les mammifères aquatiques par excellence, comme les céracés , où le corps esttour-à-fait taillé comme celui des poissons, ce cou n’est pas distinct; et même dans le squelette, les vertèbres cervicales sont d’une minceur extrême et soudées presque toutes ensemble. Dans les /amantins, latête n’elt pas non plus distinguée du tronc par un cou bien prononcé. Pour lesautresanimaux , on remarque , en général , que la longueur du cou est proportionnelle à celle de la hauteur des pieds de devant, au garrot ; ainfi les ruminans et surtout les ruminans les plus élevés sur jambes, comme les girafes, les chameaux , les lamas, ont le cou le plus long. Le cheval, dont la tête est plus longue, a le cou

lus court 3 relativement. Les rongeurs et les carzassiers For médiocre ; les chauves-souris, qui saisissent leur proie au vol, l'ont assez court, aïnsi que les quaarumanes , les bimanes et la plupart des rongeurs, qui peuvent porter leur nourriture a leur bouche, à l’aide de leurs membres antérieurs.

L’éléphant , qui a dans sa trompe un moyen de préhension excellent, a le cou fort court. Il en est de même du mastodonte où animal de l'Ohio; et, dans le rapir, où le cou est un peu plus long , la trompe est plus courte. ”

Le dos varie dans ses dimensions; il est d'autant moins long , que l'animal est plus épais dans toutes ses formes, comme cela a lieu dans l'éléphant et l'hippoposame ; il est très-alongé , au contraire, dans quelques petits carnassiers , Comme ceux du genre des mars, bombé comme celui d’un poisson dans les cétacés, etc. Sa direction générale est parallèle à l'horizon dans la plupart des mammifères ; dans l’homme seulement elle est verticale ; dans la girafe et dans quelques singes à longs bras, elle est intermédiaire à ces deux directions.

Les lormbes (ou la croupe) ont plus de largeur dans les animaux destinés à la course, que dans les autres; et, en général , le bassin est modifié pour le genre de vie ; dans les phoques il est alongé et très-étroic. Dans les taupes etles chauves-souris , qui ne font ufage, pour ainsi dire , que de leurs pieds de devant, les lombes ont aussi fort peu de largeur, tandis que dans les chevaux, les ruminans des genres des cerfs et des antilopes , la croupe est fort marquée , etc.

La poitrine est plus large dans lès mammifères pourvus de clavicules, que dans ceux où ces os sont rudimen-

La colonne yertébrale se divise en plusieurs régions ; savoir : {

1°, La répion cervicale, qui correspond au

cou, et qui est formée, pour l’ordinaire (1),

de sept vertèbres , quelle que soit sa longueur.

2°. La région dorsale , qui forme l’épine du dos proprement dite, et qui est composée d’un nombre variable de vertèbres , sur les côtés desquelles sont articulées les côtes : ces vertèbres , surtout les antérieures , ont des apophyses épineuses plus ou moins développées.

3°. La répion lombaire , qui se rapporte à

taires. Ainsi, l’omme, les quadrumanes et les SU souris Sont ceux qui ont le poitrail le plus ample ; tandis que les agoutis, les lièvres, les ruminans , qui sont des animaux essentiellement coureurs , l’ont fort étroit. Dans l’homme , les quadrumanes, beaucoup de cheïropzères , les lamantins , les mamelles 8ont situées sur cette région.

Le ventre est plus ou moins renflé, selon le genre de nourriture des animaux ; ainsi ceux qui vivent d’herbes , qui sont obligés d'en prendre une très-grande quantité pour pouvoir subsister, et qui ont un appareil digestif approprié; les ruminans et les solipèdes ont le ventre gros, tandis que les carnassiers qui prennent beaucoup moins d’alimens, et dont les intestins sont fort courts, l’ont peu volumineux , et même , dans certains (les chiens levriers, par exemple), il est comme appliqué postérieurement sur la face inférieure de la ço- Jonne vertébrale.

Dans les cétacés qui n'ont tous qu’un vestige intérieur du bassin, le ventre n’est séparé de la queue que par la région où se trouvent les organes de la génération, Panus et les mamelles.

Les flancs n'offrent rien de remarquable dans la plupart des quadrupèdes; ils sont d’autant plus amples ou d’autant plus étroits, que le ventre a plus ou moins de volume.

La queue affecte des formes très-variées dans les mammifères. Elle n'existe pas dans quelques-uns, tels que les orangs ; le pongo , quelques rousseites et phyllostomes Mile zhascolome , le rat-taupe , les pikas , le cabhiai , etc. Elle elle eft remplacée par un simple tubercule dans le magor. Elle eft fort courte dans quelques macaques, dans les ours proprement dits , les cerfs, les antilopes, le koula , «tc.; extrêmement longue dans les makis , les guenons, les acèles, les kinkajous , les didelphes , \e fourmilier tamanoir , les gerboises. Elle est ronde dans la plupart des espèces où elle existe , et son tronçon diminue insensibleinent depuis sa base jusqu’à l'extrémité. Elle est courte, épaisse , aplatie de haut en bas, de forme ovale, dans les castors, les lamantins et l'ornichorhynque ; presque carrée dans quelques musaraïignes; triangulaire et robuste dansles k mguraos , etc.; prenante ou susceptible de s’énrouler sur elle-même, dans plusieurs singes d'Amérique, les didelphes, les phalangers , le coendou , etc.

1) L’urau, espèce de éradype, en a neuf,i ES pes € }

la partie que l’on appelle les reins , formée de vertèbres en petit nombre,

4°. La région pelvienne ou sacrée , qui s’articule avec le bassin.

5°. La révion coccypienne ou caudale , plus ou moins développée , et composée d'un nombre très-variable de vertèbres. Elle soutient la queue , etc.

Les côtes , dont l’ensemble forme la cavité thoracique , sont de deux sortes :

Sternales ou vraies , celles qui se portent jusqu’au sternum , avec lequel elles s’articulent au moyen d'un cartilage.

Asternales où fausses , celles qui ont beaucoup moins de longueur, et qui sont situées postérieurement.

. Les unes et les autres varient en nombre, en épaisseur, en longueur, etc.

Le sternum est la clef à laquelle viennent aboutir les côtes vraies ou sternales. Il est composé d'un nombre plus ou moins grand de pièces, qui se soudent ensuite pour n’en former qu'une seule, Le sternum varie en étendue , selon les espèces (1). ‘ k

L'os hyoïde, considéré par quelques physiologistes comme un srernum antérieur, sert à soutenir la langue. Ses cornes sont quelquefois très-développées, et deviennent des os particuliers. Son corps, dans quelques espèces , est

très-volumineux et creusé en une sorte de tambour (2).

Les EXTRÉMITÉS ou les membres sont tantôt au nombre de quatre (3), tantôt au nombre de deux (4), et alors les postérieures sont représentées seulement par un os perdu dans les chairs, |

Les membres antérieurs n’ont point d’arciculation marquée avec le tronc : ils en sont tout-àfair isolés, Ils se composent des os suivans :

1°. L'omoplare où scapulum , os large et aplati, avec une crête plus où moins prolongée, plus ou moins élevée, tantôt rappro- LA A L4 e chée, tantôt écartée du bord interne; son point d’articulation avec l’os suivant offre un

mm

(1) Chez les cherropières et les taupes, il est très-grand. (2) Chez l’alouate et les autres singes hurleurs.

(3) Dans la plupart des mammifères, appelés qguadru» pèdes , à cause de cela.

(4) Chez les céracés,

MAMMALOGIE. à

prolongement (apophyse coracoide) , qui se développe quelquefois tellement, qu'il semble un os particulier (1).

2°, La clavicule, os long servant d’arcboutant à l'épaule, s’articulant d’une part avec lomoplate , et de l’autre avec le sreérnum.

Elle est :

Complète chez tous les animaux qui pors rent leur main à leur bouche.

Incomplète dans beaucoup de carnassiers er de rongeurs.

Nulle dans les animaux essentiellement destinés à la marche.

3°. L’humérus , qui est l’os du bras. Il varie en longueur (2); sa surface est quelquefois “munie de saillies ou d’apophyses très -saillantes. |

4°. Le radius , et 5°. le cubitus , os de l'avant-bras. Tantôc ces deux os sont distincts, et dans ce cas’, ou ils peuvent tourner obliquement lun sur l’autre (3), ou ils sont fixés par leurs extrémités (4); tantôt le radius devient los principal , et le cubitus, réduit à l’état rudimentaire , ne forme plus qu'une apophyse de celui-ci (s).

6°. Les os carpiens ou du poignet, petits et disposés sur deux rangées, dont le plus grand nombre est de neuf, et le moindre de cinq.

7°. Les metacarpiens, en nombre variable, depuis “leux jusqu’à cinq (6), de forme alongée et correspondant aux doigts, mais quelquefois représentant des doigts rudimentaires.

s°. Les phalanges > qui composent les doigts, au nombre de cinq au plus.

Chez les quadrupèdes, tous les doigts , le pouce

(1) Chez l'ornithorhynque et l’échidné , qui , sousce räpport, se rapprochent des oiseaux.

(2) Sa longueur est en sens inverse de celle des os du métacarpe et du métatarse. Ainsi, chez les ruminans et les solipedes qui ont des canons très-longs, cet os est fort court.

(3) Dans l’omme et les singes.

(4) La plupart des carrassiers et des rongeurs,

(5) Chez les ruminans et les folipèdes.

(6) Chez le cheval il y en à trois: un principal , appelé le canon , et deux rudimentaires , appelés zéronés.

Les hippopotames , les cochons en ont quatre.

. L’Aomme, les singes , la plupart des carnassiers en ont cinq.

Les ruminans en ont deux soudés en un seu] canon.

excepté, ont trois phalanges , dont la dernière supporte l’ongle ou le sabot , et varie dans ses formes en raison de la disposition et de la figure de cette armure cornée. Le pouce n’a que deux phalanges. Il manque souvent.

Chez les céracés, les doigts sont formés d'un nombre considérable de phalanges aplaties et comme soudées entr’elles par des cartilages.

Les membres postérieurs , lorsqu'ils existent , se composent d'un bassin qui est annexé à la colonne vertébrale et qui semble en faire partie, dun fémur, d’un tibia er d'un péroné , d’un rarse , d'un mérararse et de doigts,

1°. Le bassin est composé lui-même de deux osiléons , formant la saillie des hanches, et articulés avec les vertèbres sacrées, de deux ischions situés vers la partie postérieure, et de deux pubis , qui constituent la partie antérieure où inférieure. On y remarque une cavité cotyloïde, pour l'articulation de l'os de la cuisse, dont la position varie selon le mode

de locomotion de l’animal. .

2°, Le fémur , qui correspond à l'humérus des membres antérieurs, a, comme lui, une longueur relative à celle des autres os des extrémités , ec des crêces er des saillies plus ou moins développées , surtout chez les animaux marcheurs.

3°. Le vibia et 4°. le péroné ; qui correspond au cubitus et au radius , offrent les mêmes variations ; tantôt ces deux os sont fort distincts et mobiles l’un sur l’autre (1); rantôc ils sone distincts, mais pe mobiles ; le plus souvent le péroné n'est que rudimentaire.

5°. Le car$e n'est jamais formé de plus de sept os, dent le plus remarquable est celui qui soutient le ralon ou ca/caneum. Son développement est relatif au genre de locomotion des quadrupèdes.

6°. Les os du métatarse sont au plus au nombre de cinq, et au moins au nombre de deux, soudés et réunis en un seul, Ils correspondent aux doigts.

7°. Les doigts ou orteils ; formés de trois phalanges, er le pouce qui n’en a que deux, peuvent être comparés exactement à ceux des membres antérieurs,

La rotule est un petit os isolé, placé dans Particulation fémoro-ubiale (2).

(1) Chez les singes et les makis.

(2) Vcyez la suite de la Description des membres , à Particle du TOUCHER.

ë MAMMALOGIE.

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