‹ Mammalogie, ou, Description des espèces de mammifèresChapitre 4 sur 102 · II. SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

II. SYSTÈME NERVEUX

Le système nerveux ou d'i incitation se compose de la masse cérébrale ou cerveau, de la moelle alongée et des nerfs.

En général, le cerveau des mammifères est plus développé que ans des autres animaux vertébrés ; ses PR ou grands lobes ont plus de développement et recouvrent en partie le cerveler ; La commissure qui les réunit, ou corps calleux ou méso| lobe , est rrès-large ; les pédoncules de communication avec le reste Fu la partie centrale sont

! gros er fort distincts; l'espèce de cavité qu’on trouve

à la face intérieure , et qui est connue sous le nom de ventricules latéraux , a une forme bien déterminée ; les saillies qui se voient à leur face inférieure sont assez grosses et nombreuses,

Le cervelet offre cela d’assez caractéristique, que sa partie moyenne est peu développée , au moins proportionellement aux latérales qui la cachent presqu'entièrement ; aussi leur commissure ou port de varole a-t:elle une grosseur relative.

La moelle alongée , renfermée dans le canal rachidien qui traverse les vertèbres , n'offre rien de bien remarquable. Elle se prolonge seulement plus ou moins selon les espèces.

Les nerfs des organes des séns spéciaux tirent tous leur origine de la face inférieure du cerveau, et leur origine est recouverte par les hémisphères.

Les autres nerfs sortent tous de la moelle alongée, se répandent et se réunissent à l'infini dans toutes les parties du corps; le plus remarquable d'entr'eux, ou le grand sympathique, qu’on peut pour ainsi dire regarder comme un moyen de communication entre la série des ganglions émanés du système central et ceux du cœur et du canal intestinal , existe d’une extrémité de la colonne verrébrale à l’autre, communiquant avec chaque paire centrale; ainsi , commençant par le ganglion ophthalrmique ; il se continue dans le canal vertébral des vertèbres cervicales, puis dans le tho-

Yaxe etc:

Quant au reste du système nerveux, il offre peu

de chose digne de remarque.

Organes des sens.

ToucHer. Le sens du toucher réside dans l’enveloppe extérieure ou la peau.

Cette peau , plus ou moins mobile sur l'appareil de la locomotion ou le système musculaire, est d’une épaisseur assez variable suivant les espèces. Elle est toujours composée : 1°. du derme proprement dit, ou tissu fibreux plus ou moins serré, dans lequel se remarque l4 variété d'épaisseur ; 2°, du réseau muqueux , traversé par le corps papillaire , que l’on considère comine nerveux ; 3°. d’un épiderme plus ou moins épais, servant de corps prorecteur , presqu'inerte et tout-à-fait extérieur.

La plupart des mammifères ont la peau recouverte de poils plus ou moins nombreux , de forme , de grosseur er de longueur très-variables , suivant les endroits du corps et les espèces auxquelles ils appartiennent.

Chaque poil est formé : 1°. d’un #ulbe ou organe producteur, pourvu de nerfs et de vaisseaux ; 2°, du poil proprement dit, ou partie produite , rout-à-fait inerte.

C'est toure cette enveloppe extérieure qui constitue l’appareil du contact, du toucher, et même du tacr, C’est elle qui est évidemment la base, la source et l'origine de tout organe des sens.

Le sens du toucher est d’autant plus parfait que la peau est moins épaisse, qu’elle est moins recouverte de poils ou de parties cornées de la même nature.

Certaines parties sont spécialement destinées au tact ; ce sont notamment les lèvres, les extrémirés des membres, er quelquefois lé nez ou la queue,

Les lèvres entourent la bouche ; la peau qui les recouvre est plus fine que celle du reste du corps, et aussi plus sensible ; elles affectent diverses formes.

anto: elles sont à peine marquéss, et ne laissent

T P qu'une très-perite ouverture pour la bouche (1);

Où bien elles sont presque nulles ec pourvues d'un appareil de corne analogue à un bec dé canard (2);

Ou très-ouvertes et garnies de dentelures charnues (3).

La supérieure est le plus souvent entière; d’autres fois elle est fendue (4).

L’inférieureestquelquefois terminée en pointe (<).

Dans beaucoup d'animaux herbivores, ce sont de véritables organes de préhension (6), erc.

Le nez ne peut être considéré comme organe du tact que dans peu de mammifères. Il prend alors un alongement considérable et jouit d'une grande mobilité (7).

La queue est aussi, dans certains cas, propre à servir en même temps à la préhension et au tact. Elle est nue dans une partie de sa longueur, et munie de muscles assez forts pour la porter dans toutes les directions et pour la faire s’enrouler sur elle-même : on dit alors que la queue est prenante.

Mais les parties qui sont généralement considé-

(1) Fourmilier, oryctérope , échidné.

(2) Ornithorhynque.

(3) Les chiens.

(4) Les rongeurs, les chameaux.

(5) L'éléphant.

(6) Les ruminans , les chevaux.

(7) L'éléphant , le capir, etc.

rées comme servant au tact, dans les mammifères les plus rapprochés de l'homme , sont les extrémités où membres ; plus ces extrémités sont subdivisées, moins les armures cornées ou ongles qui garnissenc leur subdivision ou doigts ont de développement ; plus ces doigts sont suscepribles d’être opposés les uns aux autres, er plusle sens du toucaer, dans ces parties, a de délicatesse,

En traitant des organes de la locomotion , nous n'avons fair qu'indiquer la disposition générale des systèmes osseux et musculaires des extrémités des marmmifères : il convient ici de compléter ce que nous avons à dire sur ces parties, par leur description extérieure,

Nous rappellerons que , dans le plus grand nombre de mammifères, on observe quatre membres.

Tanrôr, ét c'est le cas le plus général, les membres sont de longueur à peu près égale (1).

Tantôt les antérieurs sont beaucoup plus longs que les postérieurs (2).

D'autres fois ce sont les pieds de derrière qui acquièrent le plus de développement (3).

Chaque membre se divise en plusieurs parties. On distingue dans les antérieurs : l'épaule, sourenue par l’omoplare ; le bras , correspondant à l'humérus ; l’avant-bras , correspondant au cubitus et au radius; le poignet ou carpe ; le méracarpe er les phalanges où mains ; et dans les postérieurs : la hanche , soutenue par les os du bassin ; la cuisse, qui a pour base le fémur ; le genou, où se trouve la rotule ; la jambe, qui correspond a tibia er au péroné ; le coude-pied ou tarse ; le pied, formé du métatarse er des phalanges,

‘Chaque pied antérieur ou postérieur se termine par des doiots plus où moims appiiens , dour le nombre varie entre un et cinq. [l ya des quadrupèdées à cinq doigts à tous les pieds (4), ou à quatre doigts devant etcing derrière (5), ou a trois doigts devantet quarre derrière (6); il y en a de tétradactyles, ou à quatre doigts partout (7); quelques-uns ont quatre doigts devant et trois derrière (8); il y en a qui n'ont que deux ou trois doigts seulement en avant,

(1) Les carnassiers, les ruminans , les solipèdes , etc. (2) Les gibbons, les bradypes.

(3) Les kanguroos, les gerboises , les lièvres, et en gééral les rongeurs.

(4) L'homme , les ours , l'éléphant, etc.

5) Les rongeurs en général.

(6) Les cabzais, les agoutis.

(7) L’hippopotame , \e suricate.

(8) Un fourmilier, le pécari,

péra

et quatre en arrière (1) ; d’autres à trois (2) ouà deux doigts partout (3). Enfin d’autres n’ont qu'un seul doigt visible , quoiqu'on retrouve sous la peau des vestiges de deux autres qui seroient latéraux (4).

Les doigrs sont plus ou moins alongés, plus ou moins séparés les uns des autres. Ainsi, dans quelques animaux , ils sont ordinairement très-courts (5), et même dans plusieurs ils sont entourés jusqu'au sabor par une peau épaisse (6). Dans d'autres ils sont plus distincts ; et dans quelques-uns ils sont, comme dans l’homme, plus parfaitement séparés, et peuvent agir séparément (7). Dans certains, où ils acquièrent le maximum de développement, ils supportent des membranes qui transforment les pattes de devant en véritables ailes (8). Chez d’autres où il n’y a que des membres antérieurs, ils sont rous renfermés dans des enveloppes ligamenteuses, serrées de façon à modifier le membre tellement qu'il n’est plus qu'une simple rame (9).

On appelle pouce le doigt le plus interne ; 1f manque dans beaucoup d'espèces, ou n’est que rudimentaire., Lorsqu'il existe, toujours plus gros et plus court que les autres doigts, il est le plus souvent dans la même direction que ceux-ci; mais chez beaucoup de mammufères, 1l est susceptible de leur être opposé, tantôt aux membres antérieurs seulement (10), tantôt aux quatre pieds(11), et d'autres fois aux pieds de derrière seulement (12).

On donne les noms de digirigrades aux animaux qui marchent sur l'extrémité des doigts (13), et de plantigrades à ceux qui appuient en entier la plante du pied de derrière sur le sol (14). Les fissipèdes. sont ceux dont les doigts sont séparés (1 5), et les palmipèdes sont ceux dont les doigts, réunis par

(1) Les bradyres.

(2) Les rhinvcéros.

(3) Les ruminans.

(4) Les chevaux.

(5) Les urminans et quelques pachydermes.

(G) L'éléphanr.

(7) Les quadrumanes.

(8) Les chauves-souris où chétroptères

(9) Les ceracés.

(:0) Lomme.

(11) Les quadrumanes.

(12) Les didelphes, les phalangers.

(3) Les chiens, les chats, etc.

( 4) Les ours, les blaireaux, les mangoustes, le hërisson , la taupe, la musaraïgne , etc.

(15) Les mêmes animaux que ceux cirés dans les notes 1ÿ Et I4«

une expansion de la peau, sont propres à la natation (1).

La dernière phalange de chaque doigt est ordinairement garnie d'une armure cornée , appelée ongle lorsqu' elle est médiocrement développée et qu relle n’entoure pas en entier la phalange JE sabot lorsqu'elle est épaisse et qu'elle garnit la phalange de toutes parts. Les mammifères pourvus d'ongles , sont dits onguiculés ; ceux qui ont des TR reçoivent Le nom d'ongulés.

Parmi les onguiculés, les uns ont les ongles foibles et plats ou en goutrière (2) : d’autres les ont forts et arqués pour fouiller la terre (3), er ce sont surtout les antérieurs; d’autres les ont très-acérés et rétractiles (4) ; il en est qui les ont en forme de crochets , tous soudés ensemble (5). Ils manquent presque toujours aux doigts des mammifères volans (6), et constamment au pouce des marsupiaux (7). Il est un genre (8) dont tous les ongles sont à peu près plats, à l’exceprion de celui de l'index du pied de derrière qui est subulé, c’est-à-dire, fort aigu et arqué.

das les onguiés, il y en a à cinq petits sabots à chaque pied (os d’ autres à quatre (10) ; d’autres à trois (11); d’autres à deux grands et den petits (1 2); d’autres à quatre aux pieds. de devant et trois à ceux de derrière (3); d’autres à un seul partout (14); d'autres à Fes sabots, avec deux petits onglons surnuméraires à toutes les extrémités (15).

Ces derniers, comme il est facile de le penser, ne se servent en aucune manière des extrémités de leurs membres comme organes du tact. Chez eux le siége spécial de ce sens réside dans d’autres parties, et notamment dans les lèvres ou dans le nez, qui, chez quelques-uns, est démesurément développé. Leurs extrémités sont uniquement disposées pour la locomotion.

(1) Les lourres , le castor, Vorrithorkynque, le chiromecle , Etc.

(2) L'homme, quelques singes.

(3) Les raupes , les biaireaux, les hamsters, les fourmiliers , etc.

(4) Les chars , les civeites.

(5) Les bradypes où paresseux.

(6) Les chézroptères ou chauves-souris.

(7) Les aidelphes.

(8) Celui des makis.

(9) L’élérhanr.

(10) L’Aipropotame.

(11) Les rhinocéros.

(12) Les cochons.

(13) Les rapire.

(14) Les solipèdes ou chevaux.

(15) Les ruminans.

Des tégumens considérés comme organes généraux du sens du toucher.

La peau est plus où moins serrée , et laisse voir plus où moins bien les formes des FE de l’animal, surtout lorsqu'elle n’est pas recouverte de longs poils. Ainsi dans les uns elle est assez exacrement appliquée contre le corps (1) , randis que dans d'autres elle semble avoir trop d’ampleur dans quelques parties , telles que le cou, par exemple, où elle forme un grand, pli appelé fanon (2). Elle est calleuse dans certaines parties du corps sur lesquelles quelques-uns appuient à terre lorsqu'ils s’accroupissent (3); la paume des mains, la plante des pieds, les fesses de quelques autres (4), érc. Elle est verruqueuse lorsqu'elle présente de petites éminences nues. Elle est écailleuse lorsque l’épiderme se replie de façon à figurer des écailles (5). Elle est quelquefois épaisse et ru-

gueuse (6).

Les compartimens osseux de la peau d'un petit nombre (7 ) composent un rest ou une cuirasse fort solide, mais cependant susceptible de se prêter à la dolouee de l’animal. [ls forment trois pièces principales : une sûr la tête, une sur les épaules , et une sur la croupe , et entre ces deux dernières , des bandes transversales er mobiles pour donner au corps la facilité de se ployer.

Le corps , lorsque la peau n'est pas exactement nue ou à peu près nue (8), se trouve recouvert, ou de poils ou de piquans , ou d’écaiiles,

Les poils sont de deux sortes : un feutre plus ou moins épais et doux qui g garnit immédiatement la peau , et qui est traversé par de longs poils plus ou moins cylindriques, qui seuls sont apparens au dehors. Le feutrese rencontre principalement dans les animaux du Nord , ou ceux qui habitent des contrées rrès-élevées.

Les poils prennent diverses directions , et quelquefois, en s’alongeant considérablement, forment ce qu'on appelle :

(1) pes cerfs, les antilopes.

(2) Les bœufs.

(3) Les chameaux et dromadaires.

(4) Beaucoup de s/rg2s de l’ancien Continent.

(5) Comme sur la queue des cassors, des dide/phes et des ras.

(6) Comme celle des é/évhans, des rhinoceéros ; ce qui a valu particulièrement à ces animaux le nom de pachydermes.

(7) Les ratous.

(8) Comme dans les cétacés ,. les /amantins et quelques pack} dermes,

Aigrette sur la tête , tantôt en divergeant du centre à la circonférence (1), tantôt en convergeant de la circonférence au centre (2).

Crinière ; lorsqu'ils sont abondans sur la ligne dorsale : tantôt cette même crinière se prolonge depuis l’occiput jusqu’au bout de la queue (3) ; rantôr elle ne s’érend pas plus bas que les épaules, etse mêle aux grands poils du garot (4); quelquefois les poils qui la composent ont leur pointe tournée vers la tête (5).

Barbe , lorsqu'ils sont longs et abondans sous le menton (6).

Brosses , lorsqu'ils composent sur le poignet

une touffe serrée et roide (7). s

Flocons ; lorsqu'ils forment une touffe au

bout de la queue (8), etc.

Ils ont des degrés de finesse très-variés, er selon le cas on les nomme :

Soies , lorsqu'ils sont très-grossiers et trèsroides (9); Laine , lorsqu'ils sont doux et frisés (10);

Bourre , lorsqu'ils sont courts et soyeux (11).

Les poils ordinaires sont plus ou moins doux au coucher, depuis le moelleux de la soie la plus fine (12) jusqu'à la consistance du foin (13). Il en est qui sont fistuleux (14).

Quelques-uns beaucoup plus forts que les autres, et placés sur les lèvres, ont reçu le nom de moustaches ; ils sont fort longs dans les carnassiers nocturnes (15) ou aquatiques ; ils n'existent point d'une manière sensible dans quelques herbivores (16); ils manquent tout-à-fait dans les céracés

proprement dits (17) ; ils sont énormes et rem-

plissent les fonctions de défenses dans quelques espèces (18).

(1) Le macaque aigrette.

(2) Le macaque bonnet chinois.

(3) La civerte, le zibeth.

(4) Le lion.

(5) L’antilope leucoryx.

(6) Le bouc, le bison.

(7) Quelques antilopes.

(8) Le Lion, l'âne , quelques singes.

(o) Le porc.

(10) Le mouton.

(11) Makis.

(12) Le hamfler chincilla.

(13) Quelques rurminans.

(14) Les poils du dessous du corps du porc-épic. (15) Les chars, les maries, les phoques.

| (16) Les kanpuroos , les ruminans, (17) Les baleines, les dauphins.

(18) Les /amantins.

MAMMALOGITE.

Il y a aussi des poils plus longs sur les yeux de quelques quadrupèdes , qui ont reçu le nom de sourcils.

On nomme cils ceux qui bordent les paupières.

Les poils manquent quelquefois sur diverses patties du corps (1).

Les piquans ne sont que des poils très-forts. Ils affectent différentes formes. T'antôt ils sont à peu près exactement coniques et de médiocre longueur (1); tantôt ils sont très-longs et légèrement plus renflés au milieu qu'aux extrémités (3) ; d’autres fois ils sont aplaris en forme de lames d'épées (4). Ils existent tantôt seuls (5), tantôt mélés avec du poil (6), etc.

Les écailles, que l’on n’observe que dans peu d'espèces (7), sont très-larges, triangulaires, tranchantes par leurs bords et imbriquées.

On doit parler ici des cornes creuses ; qui appattiennent à beaucoup d'espèces de quadrupèdes ruminans (8). Elles ne se trouvent pas toujours dans les deux sexes, er c’est la femelle qui souvent en est dépourvue. Elles consistent en un étui de corne fixé pour la vie sur un axe osseux, qui prend diverses directions suivant les espèces. Leur surface est lisse, rugueuse ou annelée; elle présente quelquefois des arêtes , ou longitudinales , vu contournées en spirale,

Les bois sont des productions véritablement osseuses qui se forment d'abord revêtues par la peau, qui tombent et repoussent chaque année, er se développent toujours davantage, jusqu'à ce qu'ils aient acquis leur maximum de grandeur ; ils sont rameux , et leur tige principale reçoit le nom de merrain , leurs branches celui d’andouillers , et la bifurcation de celles-ci la désignation d’empaumure ; EC.

Enfin il est des cornes , telles que celles des

girafes , qui sont persistantes , osseuses et toujours recouvertes de peau : et d’autres , comme celles des

(x) Sur les callosités des fesses des singes de l’ancien Continent ; sur celles des chameaux ; sur les chataïgnes des chevaux ; sur la face de l’homme et dé quelques singes ; sur le muffle de la plupart des ruminans, et sur le bout dy nez de tous les carnassiers et des rongeurs. À

(2) Dans les échidnés.

(3) Le porc-épic proprement dit.

(4) Les échimys et quelques espèces de rats épineux.

(5) L’échidné épineux, le coendou, les hérissons.

(6) Le porc-épic urson, Véchidné soyeux.

(7) Les pangolins et les phatagins. ”

(8) Les bœufs, les chèvres, les moutons, les anrilopes,

thinocétos , qui sont formées de substance fibreuse et cornée (1).

Le GOUT est, parmi les quatre sens spéciaux , celui qui doit être considéré comme le plus constant , comme le plus nécessaire et le plus rapproché du sens général ou du toucher.

En effec, il paroït qu'il ne possède pasun système nerveux spécial, Son siége sem ble n’exister que dans la peau qui revèc la partie supérieure de la langue. L'appareil consiste dans les cryptes salivaires et muqueux qui tapissent la cavité buccale, et la principale modification de la peau paroît être dans l’absence plus ou moins totale d’épiderme , suivant le degré de finesse du sens ; dans le grand développement des papilles ou du corps papillaire, et peutêtre aussi dans celui des cryptes ; enfin dans l’absence des poils, ou au moins de leur partie cornée.

Les différences que cet organe des sens présente dans les mammifères, paroissent tenir principalement à l’espèce de nourriture.

La langue, principal siége du goût , est en général charnue er flexible. Considérée sous le rapport de ses dimensions et de sa forme , elle est :

Médiocre , ovale et aplatie , dans beaucoup de mammifères (2).

Longue et très-mince dans d’autres (3).

Longue et épaisse dans plusieurs (4).

Très-longue et vermifome dans certains (5).

Sous celui de sa mobilité, elle est :

Extensible , à un degré plus ou moins déve-

loppé (6).

Très-extensible ou protractile (7).

Fixée entièrement par toute sa face inférieure (8).

PE

(1) Noussne faisons méntion des bois, à cette place, qu'à cause de l’analogie de position que ces productions ont avec les cornes proprement dites ; leur nature étant toute particulière. Il en est de même des cornes de girufe. £

(2) Dans l’homme et les singes.

(3) Dans les animaux carnassiers , Et notamment les chiens et les chats.

(4) Dans le cheval et les ruminans , chez lesquels elle sert à arracher l'herbe.

(5) Dans les fourmiliers , les tatous , l’oryctérope.

(G) L'homme, les singes, les carnassiers , les rongeurs, les pachyÿdermes, les ruminans.

(>) Les fourmiliers, V’'oryctérope , les tatous, les glosso- Fhages.

(8) Les céracés,

Sous celui de la nature de ses tézumens , elle .

est :

Douce , lorsque les papilles qui couvrent sa surface supérieure sont fines et molles (1) ;

Rude , lorsque ces papilles sont cornées et ont leur pointe dirigée en arrière (2);

Ecailleuse ; lorsque ses côtés sont munis de larges écailles à deux ou trois pointes terminées en coin (3);

Infundibulifère ; lorsque sa pointe est terminée par un disque en forme de ventouse (4) ;

Sillonnée ; lorsque sa surface supérieure est marquée d’un sillon longitudinal,

L’ODorAT. Le sens de l’odorat devient beaucoup plus spécial, en ce que, quoiqu'encore établi dans une étendue assez considérable de la peau, il a un appareil et un système nerveux qui lui sont particuliers. Il est situé rout-à-fait antérieurement ec sur le passage du fluide élaborant ou respiratoire, Les cavités de la tête, où son siége est établi, sont les fosses nasales , à la composition desquelles concourent le vomer, les os propres du nez et les os maxillaires supérieurs. Ces cavités renferment deux autres os, dont la surface est très-érendue, à cause de leurs nombreux replis ; ce sont l’echmoïde et les cornets. Elles communiquent de plus avec les sinus frontaux , situés à la base du front , les sinus maxillaires, placés dans le corps même des os maxillaires, er les sinus sphéroïdaux , etc,

Toutes ces parties varient en étendue , et la perfection de l’odorat suit cette variation.

La membrane pituitaire, simple repli de la peau extérieure - mais modifiée , en rapisse toutes les sinuosités et perçoit les principes odorans dissous dans l'air.

On donne les noms de nez , de museau , de muffle ou de rrompe, etc. , à la partie de la face qui renferme les ouvertures destinées à l'entrée de l'air, lesquelles sont appelées rarines.

Le nez, qui est situé sur le milieu de la face, est :

Proéminent ; lorsqu'il fait saillie sur cette face,

(1) L'homme, les singes, les chiens , les chevaux , les cécacés, les fourmiliers , etc. etc.

(2) Les chats, les civertes, les didelphes, les phyllostomes , les roussettes , etc. :

(3) Le porc-épic.

(4) Les glossophages, :

et que les deux narines sont inférieures (1); Crus , lorsqu'il est aplati et quil com-

mence à ressembler à un museau (2).

Le museau , qui est placé à la partie inférieure de la face, est une surface nue , granuleuse , toujours humide , et sur les cotés de laquelle s'ouvrent les narines (3); il est :

Poinvu , lorsque la tête est acaminée en avant er qu'il est tout-a-fait terminal (4); ”

Court , lorsque la tête est peu prolongée et qu'il fait à peine saillie (5);

Simple , lorsqu'il n'offre aucune sinuosité ou appendice remarquable (6);

Compliqué, lorsqu'il est accompagné de membranes nues plus ou moins développées, et affectant les formes de fer de lance , de lyre, de feuilles, d'étoiles , etc. , ou de bourrelets presque demi-circulaires, ou de sillons profonds se dirigeant sur la ligne médiane du chanfrein ou du front (7).

Le muffle , ou museau des ruminans , ne se remaïque pas chez tous ces animaux (8).

La trompe , ou museau très-prolongé et mobile, existe dans un plus ou moins grand degré de développement , dans quelques mammifères (9).

(1) L'hormme, les guenons nazique et à nez proéminent.

(2) La plupart des singes.

(3) Dans les ruminans , il reçoit le nom de muffle.

(4) Les makis, les coatis, les taupes , les fourmidiers, etc.

(5) Les chats, la plupart des rongeurs.

(6) Dans la plupart des #ammiferes.

(7) Dans plusieurs genres de chééroptères ou de chauvEes-souris,

(8) Les mourons, les chèvres, les chameaux, les lamas , la girafe , le renne, V’élan et le buffle musqué ou ovibos, en manquent totalement.

(o) L’'éléphanr eft sans contredit, de tous les mammiferes, celui dont le nez a la conformation la plus singulière : il constitue ce qu’on appelle la srompe ou cette Jongue colonne charnue , mobile dans tous les sens, creusée par le double canal des narines , et terminée par une pince fort délicate, formée d’un doigt mobile qui se rapporte , avec la plus grande justesse, au bord opposé de l’ouverture , sur le contour supérieur de laquelle il est situé. Cette trompe supplée à l'extrême brièveté du cou de l'éléphant, qui ne lui permettroit pas de baisser sa tête jusqu’à terre pour prendre sa nourriture. Mais cet instrument n’est pas particulier à l’é/éphant : les mastodontes , animaux enfouis sur les bords de l'Ohio, si connus sous le nom de mammonts où mammouths, en avoienc un aussi considérable, et l'Amérique méridionale renferme un genre d'antmaux vivans, les rapirs , dont les formes générales ont beaucoup d’apalogie avec celle des cochons , et chez lesquels on

MAMMALOGIE. M

Les narines sont tantôt de simples fentes peu ouvertes (1); d’autres fois des cavités assez grandes (2); quelquefois elles sont réunies sur Le sommet de la rère, etalors prennent le nom d’évents(3); elles sont contournées en spirale dans quelques mammifères (4) ; bouchées par une opercule dans d’autres (5). Dans quelques-uns elles ont la propriété de se fermer totalement à l'aide de muscles disposés à cet effet, erc. (6).

Le chanfrein est la partie supérieure du nez des animaux ruminans , comprise entre le front er les narines. Il est arqué en dessus (7) ; courbé légèrement en sens inverse (8); droit armé (9) d'une ou de deux cornes (10) ; creusé en gouttière longitudinale (11), etc.

Nous nous bornerons à indiquer ici, comme une dépendance de l'organe de l'olfaction , ou comme intermédiaire pour ainsi dire à ce sens et

trouve une trompe, mais beaucoup plus petite à proportion que celle des éléphans et des mastodontes. Les palaotherium , dont on rencontre des débris dans les gypfes de Montmartre, en étoient également pourvus. Le nez du porc ou groin a bien encore quelqu'analogie avec ces nez prolongés; il est mobile, armé, comme celui de la taupe , d’un osselet particulier , appelé os du bouroir, qui lui donne de la consistance et le rend propre à fouiller la terre. Le desman est encore un animal fort remarquable sous ce rapport : il a une véritable trompe qui lui permet de plonger dans l'eau sans s’asphyxier, parce qu'il tient les ouvertures des narines au dehors.

(1) Les singes, les carnassiers dipitigrades, les rongeurs,

(2) Le cheval, Väâne , V'hipppotame.

(3) Les cétacés proprement dits ont les narines ouvertes sur le sommet de la tête , et sans nez proprement dit, en deux ouvertures ou éven:s , qui servent d’égouts pour faire sortir l'énorme quantité d’eau que ces animaux avalent en poursuivant leur proie. Tantôt ces évents ont un orifice commun , tantôt ils sont séparés. L'eau qui en sort forme des jets ou des gerbes souvent très-considérables dans les grosses espèces , ce qui a valu aux céracés la dénomination de souffleurs , qui leur est généralement appliquée.

(4) Les giadrumanes de la famille des makis.

(5) Certaines chauves-souris, et notamment les yceres.

(6) Les phoques. Dans les échidnés et les fourmiliers , le nez fait partie de l'alongement de la tête, etles narines sont ouvertes au bout; dans l'ornithorhynque, on les voit supérieurement et vers la base du bec si singulier qui termine la tête de cer animal.

(7) Dans les moutons.

(8) Dans les chèvres.

(9) Dans les cochons.

(10) Dans les rAinocéros.

(r1) Dans les ryceères.

BE

3 celui du goût, l’organe de Jacobsom C’est un appareil fort singulier, situé de chaque côté de l'articulation du vomer, avec les os maxillaires supérieuts, composé d’une sorte de lame cartilagineuse recourbée sur elle-même, de manière à laisser une fente dans toute sa longueur supérieure , tapissée à l’intérieur par une membrane muqueuse vasculaire, se terminant antérieurement par un canal qui s’ouvre dans le trou incisif de Stenon, et par conséquent dans la bouche. Cet organe, qui n'a encore été observé que dans les mammifères, paroït jusqu'à un certain point en rapport avec l'espèce de nourriture,

La VUE. Les organes de la vision, ou les yeux, ont une forme plus ou moins sphérique, et reçoivent chacun un nerf de la seconde paire encéphalique:

Chaque œil est formé d’une enveloppe génétale fibreuse , nommée sc/érotique , tapissée à l’inté. rieur par une membrane vasculaire, appelée choroëde, et enfin à la face interne de laquelle se trouve la membrane nerveuse ou sentante, développement du nerf. La face antérieure de l'œil seroit percée, sans une partie cornée, transparente, composée de lames ou de cônes extrèmement aplatis, nommée cornée transparente , et qui sert en effer à laisser passer les rayons lumineux dans l'intérieur de l'œil, qui est entièrement rempli de fluides de différentes densités, nommés #umeur aqueuse, cristalline et vitrée , disposés pour des usages qui tiennent à la théorie de la vision.

L'æœil de tous lesanimaux mammifères est presque toujours mu dans l’intérieur de la cavité qui le contient, par un assez grand nombre de muscles, quatre et quelquefois huit, droits qui, de la circonférence du trou par où pénètre le nerf de l’organe, vont à l'extrémité des deux diamètres du globe , soic sur un ou sur deux plans, et deux muscles obliques : un-supérieur, qui du mème point va au-dessus du globe de l'œil, réfléchi par un anneau situé à l’angle interne ; et l’autre inférieur, qui, de la partie inférieure et extérieure de l'orbite, va à la face inférieure du balbe.

Il est constamment mis à l'abri du contact des corps extérieurs au moyen d'un appareil protecteur osseux , formé de l'os frontal en dessus, du maxil- Lure supérieur en dessous , du zygomatique en dehors , du lacrymal en dedans , et enfin du palatin et du sphénoïde antérieur en arrière, dont l’ensemble forme ce qu’on nomme l'orbite.

Cet organe peut encore étre mis à l'abri d’une

/ manière plus complète , mais momentanée , à l’aide d’un double repli de la peau, mobile, sers vant de voile, et appelé paupière. Dans tous les mammifères , la paupière supérieure est la plus mobile ; elle a son muscle élévateur qui, provenant du fond de l'orbite, er s'épanouissant jusqu’au cartilage qui la borde , sert à la relever, son propre poids la fermant contre le bord de l'inférieure. Jamais il n’y a de troisième paupière ou de paupière interne verticale; ou s'il en existe une, c’est un simple repli cartilagineux contre lequel le globe de l'œil peut s'avancer, mais qui ne peut presque jamais se développer indépendamment de lui.

Enfin, outre ces appareils de protection , il ya encore dans la très-grande partie des mammifères, à moins qu'ils ne soient aquatiques , un appareil lacrymal formé d’une ou deux glandes plus ou moins considérables , situées entre l'orbite et le bulbe , et qui versent leur Auide à la surface de la peau très-amincie qui rapisse la partie antérieure de celui-ci, sous le nom de conjonctive , d'où il est conduit au moyen d’un canal formé par la rétiilon des bords des paupières, jusque vers l’angle intérieur de l'œil, Là il est absorbé par les pores dirs lacrymaux, et versé, au moyen du canal er du sac lacrymal , placé essentiellement dans l'os de ce nom , jusque dans la cavité nasale au-dessous du cornet inférieur des narines.

L'œil est :

Rudimentaire ; lorsqu'il n'en existe aucune

trace au dehors, mais qu’on en retrouve des vestiges au-dessous de la peau (1);

Apparent , lorsqu'il est apercevable , et c’est le plus grand nombre des cas (2).

Relatiwement à ses dimensions , 1l est :

Très-grand , dans plusieurs animaux nocturnes et dans quelques espèces aquatiques (3);

Médiocre ou moyen, dans la plupart des quadrupèdes terrestres (4);

Petit ou très-petit ; dans les espèces qui vivent sous terre , et dans quelques espèces nocturnes ($).

(1) Dans le rar-taupe zemni,

(2) Dans la généralité des mammifères , en en exceptant le rat-taupe zemni.

(3) Les galagos, les lièvres, les polatourhes , les phoques, les lourres.

(4) Les quadrumanes ; les carnassiers proprement dits ; les ruminans.

(5) Les raupes , les barhyergues , \es chéfroptères.

18 MAMMALOGIE. ñ

Considéré sous le rapport de la saillie de la cornée , il est :

Très-bombé , dans les espèces nocturues (1) ;

Médiocrement saillant , dans les mammifères diurnes (2) ;

Plat, dans les espèces qui sont habituellement plongées au fond des eaux (3).

Les yeux varient dans leur position respective. Ils sont :

Antérieurs ; lorsqu'ils sont dirigés en avant, plus ou moins rapprochés l’un de l'autre, et lorsque leurs axes de vision sont presque parallèles (4);

Latéraux ; quand ils sont écartés et situés sur les côtés de la cête , er pour ainsi dire sur un même axe (5).

La face antérieure des yeux offre particulière ment l’ris , ou membrane annulaire annexe de la cho oïde, et la pupille ; ou disque central, servant à l'éBtrée des rayons lumineux.

Fu l à s L'iris varie en couleur, du gris-bleu au jaune et

Page 1